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Des participants avec des drapeaux croates assistent à un rassemblement de commémoration au Loibacher Feld à Bleiburg, en Autriche, le 12 mai.

GERT EGGENBERGER/AFP/Getty Images

Pourquoi l'Église catholique organise-t-elle le plus grand rassemblement nazi en Europe ?

06/06/2018  •  de latrompette.fr
 

Le 12 mai, environ 10,000 personnes se sont rassemblées dans un champ près de la ville de Bleiburg, dans le Sud de l'Autriche, pour ce que le Centre de documentation sur la Résistance autrichienne appelle le « plus grand rassemblement régulier de néo-nazi » en Europe. Les saluts hitlériens, les drapeaux racistes et les slogans étaient communs. Les enfants couraient aux alentours avec des slogans fascistes sur leurs maillots à manches courtes. Les invités ont prononcé des discours défendant le fascisme.

Efraim Zuroff, le directeur des Affaires d'Europe de l'Est pour le Centre Simon Wiesenthal, a qualifié l'événement « d'affront à la mémoire des victimes de l'Holocauste ».

Mais la partie la plus étonnante de cet événement est peut-être l'identité de son organisateur : la Conférence épiscopale croate de l'Église catholique.

Que fait l'Église catholique à organiser un rassemblement néo-nazi ? Un regard sur l'histoire pointe vers la réponse.

L'événement commémore la mort de milliers de soldats oustachis (les estimations varient énormément, mais 45,000 semble être le nombre le plus couramment cité). Les Oustachis étaient un mouvement fasciste qui a régné sur l'État fantoche nazi de la Croatie pendant la Seconde Guerre mondiale.

En mai 1945, alors que les nazis étaient au bord de la défaite, des milliers de soldats oustachis ont fui la Yougoslavie vers l'Autriche occupée par les Britanniques. Les Britanniques les ont remis à leurs alliés—les partisans de Josip Tito—qui les ont tués. Le rassemblement à Bleiburg commémore leur décès.

Mais jetez un coup d'œil aux Oustachis qui sont pleurés. Selon l'Encyclopédie de l'Holocauste, publié par le Centre mondial de commémoration de l'Holocauste en Israël, les Oustachis ont tué plus de 600,000 personnes, dont 500,000 Serbes. L'État indépendant de Croatie, gouverné par les Oustachi, comptait environ 6,3 millions d'habitants, ce qui signifie que les Oustachis ont tué environ un habitant sur dix. Quatre-vingt pour cent des Juifs de la nation ont été assassinés. Près d'un quart de ses Serbes ont été tués, et un autre quart a été exilé ou converti de force au catholicisme.

Les Oustachis étaient volontairement cruels. Comme l'écrit Brad Macdonald dans The Holy Roman Empire in Prophecy (Le Saint Empire romain selon la prophétie—disponible en Anglais seulement) :

Les meurtres ont été exécutés de certaines manières les plus horribles que l’on puisse imaginer. Les soldats oustachis ont été reconnus d’avoir déchiré leurs victimes en morceaux, membre par membre, et d’avoir tranché la gorge des gens avec des couteaux spéciaux, et d’avoir prélevé des organes un par un, et d’avoir écrasé la tête des gens avec des masses. D'autres ont été brûlés vifs. Personne n'a été épargné et nombre de ces actes ignobles ont été commis sur des enfants et des nourrissons. Il y a des dossiers au sujet de soldats oustachis découpant des femmes enceintes et arrachant l'enfant à naître.

En d'autres mots, l'exécution de ces soldats par des partisans était loin du pire crime commis dans la région.

Le rassemblement à Bleiburg commémorant la mort de ces soldats est loin d'être un événement isolé. La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance du Conseil de l'Europe a averti que les Oustachis sont de plus en plus « glorifiés ».

Le gouvernement autrichien affirme qu'il est impuissant d'arrêter l'événement, mais a déclaré que les symboles fascistes seraient interdits cette année. Les journalistes sur place, cependant, ont peint une image différente. Roman Möseneder, journaliste pour le média Vice a écrit :

Malgré l'interdiction des symboles politiques clairs, de discours et d'uniformes, un participant a fièrement exécuté le salut—illégal—nazi à plusieurs reprises directement dans ma caméra, et en présence des policiers autrichiens locaux. Tomo Bilogrivić, du mouvement de la Droite croate unie, a fait un discours pour la défense du fascisme, tandis que des symboles et des drapeaux racistes étaient affichés ouvertement dans tout le champ. Et même si j'ai vu deux personnes se voir refuser l'entrée pour avoir porté des maillots à manches courtes portant le slogan Oustachi, Za Dom Spremni (« Pour la patrie »), beaucoup d'autres, y compris des enfants, portaient fièrement le leur tout au long de la journée.

Année après année, l'Église catholique organise cet événement. Plus que cela, elle fournit à l'événement une feuille de vigne ecclésiastique, donnant aux autorités séculières un prétexte pour ne pas l'arrêter. Les autorités autrichiennes disent qu'elles sont impuissantes à l'arrêter parce que c'est un événement « ecclésiastique ».

Encore une fois, pourquoi l'Église catholique ferait-elle cela ?

L'Église catholique était très proche du régime oustachi pendant la guerre. Le pape Pie XII a rencontré son dirigeant, Ante Pavelić, en avril 1941 et de nouveau en mai 1943. Il y avait de nombreuses preuves des meurtres commis par des Oustachis, mais le pape a personnellement béni Pavelić. Il y a eu mêmes des actes qui ont été documentés, démontrant une participation par des prêtres catholiques à certains des crimes commis par des Oustachis. Une fois la guerre terminée, l'Église catholique a aidé Pavelić et d'autres membres du gouvernement fasciste à s'échapper.

Alojzije Stepinac, archevêque de Zagreb de 1937 à 1960, a été condamné à 16 ans de prison après la guerre en raison de sa collaboration dans le meurtre de Serbes et de Juifs. Mais il a été libéré après seulement cinq ans. Pie xii l'a fait cardinal en 1952, et le pape Jean-Paul ii l'a béatifié.

La Croatie n'était pas le seul régime fasciste soutenu par le Vatican. Le pape Pie xi a salué Benito Mussolini comme étant « un homme envoyé par providence » après que le dictateur fasciste ait signé un traité avec le Vatican faisant du catholicisme romain la seule religion reconnue par l'État. Le parti du Centre catholique allemand a aidé Adolf Hitler à prendre le pouvoir et à devenir un dictateur. Son dirigeant, Ludwig Kaas, était un ami proche de l'homme qui allait devenir le pape Pie XII. Moins de quatre mois après être devenu dictateur, Hitler a signé un traité avec le Vatican. Les prêtres ont accepté de se tenir à l'écart de la politique, tandis que l'Église catholique s’est vu accorder un rôle majeur en éducation à travers tout le Reich. L'Église catholique a béni le Reich et a ordonné à ses évêques de lui prêter serment d'allégeance.

Et maintenant, 70 ans plus tard, l'Église catholique commémore le régime qu'elle a soutenu.

Une telle histoire rend mal à l'aise plus d'un milliard de catholiques dans le monde. Ainsi, elle est exclue de la plupart des discussions sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Si elle était incluse, moins de gens seraient surpris que l'Église catholique organise le « plus grand rassemblement régulier de néo-nazi d'Europe » à ce jour.

Les liens catholiques avec cette période sombre de l'histoire méritent d'être rappelés. Alors peut-être qu’il y a certains avantages, puisque la Conférence des évêques croates empêchent ces liens de tomber dans l’oubli.

Lisez notre brochure gratuite L'Allemagne et le Saint Empire romain pour en savoir plus sur la preuve abondante et claire de ces liens.

Le livret vous aidera également à comprendre ce que cette histoire signifie pour l'avenir de l'Europe. Alors que les dirigeants européens se remettent à parler de religion, il est important de comprendre ce qui s'est passé la dernière fois qu'ils ont emprunté cette voie. La Bible prophétise que cette église deviendra bientôt puissante en Europe une fois de plus. L'Allemagne et le Saint Empire romain vous montrera, à la fois par l'histoire et la prophétie biblique, à quoi cela ressemblera. 

Ger Fr Bo