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EMMANUEL DUNAND/AFP/Getty Images

Et si les membres européens de l'OTAN dépensaient leur 2 pour cent ?

Si l'Europe est déjà une superpuissance, que se passera-t-il lorsque vous leur demandez de faire plus?

Les présidents des États-Unis Barack Obama et Donald Trump ont critiqué à maintes reprises les membres européens de l'otan pour ne pas avoir payé leur juste part sur les dépenses militaires. Le président Obama était d’accord avec la description faite par Jeffrey Goldberg de l’Atlantic, des membres européens de l'otan en tant que « passagers clandestins ». « On s'attend à ce que les autres assument leur parts, » a déclaré Obama (avril 2016).

« L'otan nous coûte une fortune », a déclaré le président Trump au Washington Post en mars 2016. « Et oui, nous protégeons l'Europe, mais nous dépensons beaucoup d'argent. Premièrement, je pense que la répartition des coûts doit être changée ».

Les deux présidents se réfèrent à un accord de l'otan de 2004 où les membres viseraient à contribuer 2 pour cent du produit intérieur brut aux dépenses militaires nationales. Mais l'accord est informel, de sorte que la majorité des pays dépensent moins de 2 pour cent et supportent donc une part plus faible du fardeau financier.

Les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (sipri) sur les dépenses militaires pour 2016 ont montré que seulement 4 des 28 membres de l'otan consacrent plus de 2 pour cent de leur pib au domaine militaire. De toute évidence, on pourrait penser que les présidents des États-Unis ont un point à propos du manque des dépenses militaires de l’Europe. L'Europe doit assumer sa juste part, ainsi va la pensée. Le Moyen-Orient et la Russie sont les voisins de l’Europe—pas l’Amérique. L'Europe devrait se protéger au lieu de demander à l'Amérique de surveiller ses arrières.

Mais il y a un danger dans cette pensée. Même sans dépenser 2 pour cent de son pib sur l'armée, l'Europe est une superpuissance—une superpuissance de capacités militaires, économiques et diplomatiques.

Quelles seraient les conséquences de l'Amérique en renonçant à son rôle de protecteur de l'Europe ? Combien puissantes les forces militaires des États européens de l'otan pourraient-elles devenir si elles payaient toutes leurs cotisations de 2 pour cent ? Si l'Amérique encourage l'Europe à jouer un rôle plus important dans sa propre défense, développera-t-elle un monstre de Frankenstein en Europe ? L'Amérique devrait-elle y réfléchir deux fois avant d’encourager l'Europe à payer sa « juste part » et à se défendre elle-même ?

Selon les données du sipri de 2016 :

  • Si les pays sous-payeurs commencent à atteindre le seuil du 2 pour cent, les dépenses militaires européennes totales de l'OTAN passeront de 254 milliards de dollars à 328 milliards de dollars.

    • En comparaison, les dépenses militaires des États-Unis en 2016 étaient de 611 milliards de dollars, celle de la Chine étaient de 215 milliards de dollars et celle de la Russie étaient de 69 milliards de dollars.

    • Si l'Allemagne dépense 2 pour cent de son pib sur la défense, ses dépenses militaires seraient parallèles aux 69 milliards de dollars de la Russie.

    La prophétie signature d'Herbert W. Armstrong, proclamée dès 1934, était à propos de la « venue d’un ‘États-Unis d'Europe’—une nouvelle superpuissance unie, peut-être plus puissante que l'Union Soviétique ou les États-Unis ! » (Lettre aux abonnés de la Pure Vérité, 24 juillet 1983). L'Allemagne serait le chef de file de cette Europe unie, comme c'est le cas aujourd'hui.

    L'Union européenne est déjà l'union politique la plus puissante après les États-Unis. Sa population est plus grande que les États-Unis et son économie collective produit plus de biens. Augmenter les dépenses militaires au seuil du 2 pour cent donnerait à cette superpuissance européenne plus de la moitié du budget de défense des États-Unis. L'affirmation du président Obama selon laquelle l'Amérique dépense « plus sur son budget militaire que les huit prochaines nations combinées » perd toute pertinence.

    Le rôle de l’Amérique en tant que protecteur de l’Europe a connu du succès depuis 70 ans. Maintenant, les présidents américains veulent que l'Europe en fasse plus. Le problème est que, en fin de compte, ils obtiendront beaucoup plus que ce qu’ils attendaient. 

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