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PIERO CRUCIATTI/AFP/GETTY IMAGES

Italie : Fin de partie pour les politiques traditionnelles

Où le séisme électoral de l'Italie conduira-t-il l'Europe ?

L’Italie est le dernier pays d’Europe à vivre un tremblement de terre politique. Près de la moitié des votes aux élections générales du 4 mars ont été vers des partis marginaux. L’Allemagne lutta pendant près de six mois pour former une coalition parce que les partis marginaux avaient gagné 22 pour cent des votes lors des élections générales de septembre. En Italie, c’est bien pire. Les partis marginaux sont devenus l'opinion majoritaire.

Le parti qui a reçu le plus de votes est le Mouvement 5 étoiles. Il a été fondé en 2009 par le comédien Beppe Grillo. Ce parti veut jeter les élites dehors et amener un nouveau système politique. Il est devenu le champion en utilisant les sondages en ligne pour prendre des décisions importantes basées sur la volonté de ses membres. Il a des vues populistes de la gauche et qui en appellent à un « revenu de citoyenneté » qui garantit à tous les citoyens environ 830 Euros par mois aussi longtemps qu’ils travaillent ou qu’ils cherchent du travail.

L’autre grand vainqueur est Lega (la Ligue). Appelée à l'origine Lega Nord (la Ligue du Nord), c'était un parti marginal de droite faisant campagne pour l’autonomie et même l’indépendance de l’Italie du Nord. Mais elle a laissé tomber le « Nord » et a fait campagne pour des politiques anti-UE et anti-immigrants―en appelant à des déportations massives, etc. La Ligue est maintenant le plus grand parti de droite d’Italie.

Ensemble, ces partis ont reçu un peu moins de 50 pour cent des votes. Dans la plupart des pays, ces deux partis auraient été considérés trop extrêmes pour jouer un rôle majeur dans le gouvernement. Le système politique italien donne beaucoup de pouvoir aux plus petits partis. La Ligue du Nord était un membre mineur dans les gouvernements nationaux précédents. Mais à présent la Ligue et le Mouvement 5 étoiles sont si populaires auprès des électeurs qu’il sera impossible de former un gouvernement stable sans y inclure au moins un des deux. En fait, il sera difficile de former un gouvernement stable qui ne sera pas dirigé par l’un d’eux.

C’est la fin du jeu pour les politiques traditionnelles. Les démocraties sont mortes de cette façon auparavant. L’Italie a l’un des systèmes politiques les plus dysfonctionnels d'Europe. Elle a eu 65 gouvernements dans les 72 ans depuis 1946, mais elle n’a jamais été dans une situation comme celle-ci.

Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph a appelé ceci un « tournant révolutionnaire dans l’histoire de l’après-guerre de l’Europe ». Il a écrit, « Les partis populistes de gauche et de droite commandent pour la première fois le paysage politique d’un état important de la zone euro, jurant ouvertement de défier les règles budgétaires fiscales de l’UE, les codes bancaires et les politiques migratoires » (5 mars).

L’avenir immédiat est la conjoncture de tout le monde. La prévision la plus commune est que le gouvernement d’Italie va souffrir de paralysie pendant des semaines, ou même des mois, suivi par de nouvelles élections. De façon alternative, les partis traditionnels peuvent transiger et se joindre à l’un de ces deux partis marginaux pour former un gouvernement. Mais même là, il n’y a pas d’espace pour un compromis.

Si le Mouvement 5 étoiles et la Ligue s’unissent pour former le prochain gouvernement en Italie, l’Allemagne fera face à un scénario cauchemardesque. Bien que les deux partis marginaux italiens soient en désaccord sur bien des dossiers, ils ont une approche semblable envers l’Europe.

Tous les deux ont parlé d’abandonner l’euro, (bien qu'ils aient laissé tomber cette position agressive à l’approche de l’élection). Les deux ont fait campagne sur l'idée de garder la monnaie, mais en ignorant toutes les règles imposées par la zone euro. Ils ont aussi déclaré qu'ils augmenteraient les niveaux d'endettement déjà élevés de l'Italie, peut-être même qu'ils introduiraient une monnaie parallèle. Dans un tel cas, ils enfreindraient ouvertement les règles de la zone euro, mettant au défi l'Allemagne de faire quelque chose à ce sujet.

« C’est ‘Non’ à Berlin, ‘Non’ à Paris, et ‘Non’ à Bruxelles : Les Italiens vont désormais décider pour l’Italie, » a déclaré Matteo Salvini, le chef de la Ligue. Il a comparé l’euro à un « crime contre l’humanité ».

Si la Ligue (et le Mouvement des 5 étoiles) obtiennent ce qu'ils veulent, cela risque d'empiler presque toutes les crises séparatistes de l'Europe en une tour infernale. Le nouveau gouvernement de coalition allemand, qui après des mois de travail pour l'assembler, est divisé sur la crise de l'euro. Ce genre de crise en Italie pourrait briser la coalition allemande et augmenter davantage le soutien à la droite de l'Alternative für Deutschland. Cela pourrait déclencher une autre crise de l'euro et approfondir les fissures dans l’Eurozone.

Une Eurozone sur le bord d’une guerre civile. Une Allemagne qui a réussi avec peine à rassembler un gouvernement après ses plus longues négociations de coalition dans leur histoire. L’Espagne luttant pour rester unie en tant que pays, son gouvernement est peut être sur le point de s’effondrer. C’est l’Europe d’aujourd’hui―un continent sur le bord d’une transformation importante. Les affaires comme d'habitude ne peuvent simplement pas demeurer une option plus longtemps.

La Bible prédit cette transformation. Dans Apocalypse 17, elle décrit une union bien soudée de 10 rois, unis sous un dirigeant fort. Actuellement, l’Europe est un assemblage lâche de 28 démocraties sous 28 chefs de gouvernement et trois présidents européens. Bien qu’ils aient essayé de resserrer cet assemblage en une union plus forte et ont fait des pas significatifs, une Europe fédérale solide reste compliquée.

Pourquoi ? Parce que, s’unir en un super-État est une tâche énorme. Et les Européens abandonneront une large portion de leur souveraineté seulement lors d’une crise grave.

Dans la Pure Vérité de novembre 1965, Herbert W. Armstrong a écrit au sujet d’un « élément dur et sévère » que les nations d’Europe doivent affronter. « Ce fait crucial est ceci : Les nations d’Europe sont totalement incapables de s’unir par leurs propres manœuvres politiques, » écrivait-il. « Pendant plus de 31 ans, la Pure Vérité a dit que l’Europe allait s’unir ! Et nous aussi, depuis plus de 31 ans, nous avons dit que ces pays ne peuvent s’entendre entre eux. »

Comment peuvent-ils s’unir ? Voici ce que M. Armstrong répondait à cette question :

« Pendant des années la Pure Vérité a dit que ces pays devront réaliser leur incapacité à s’unir politiquement―pour choisir un chef politico-militaire commun à qui ils pourraient tous faire confiance. Ils vont finalement faire face au fait qu’ils doivent chercher une autorité suprême en qui tous auraient confiance ! Cette autorité suprême ne peut pas être un politicien, ou un général (De Gaulle était les deux). La seule réponse possible est un chef religieux ! ...

« Surveillez pour voir les développements s’accélérer soudainement vers l’union politique et militaire de l’Europe, par une union religieuse ! Cette nouvelle tendance peut ne pas commencer cette année―ou l’an prochain. Mais dans très peu d’années au plus, elle devra commencer. Et quand ce sera le cas, les événements vont se dérouler à la vitesse de l’éclair qui étonnera le monde. »

M. Armstrong a écrit cela il y a plus de 50 ans, et les Européens ne se sont toujours pas tournés vers la religion pour s’unir. Jusqu’à ce qu’ils le fassent, ils ne peuvent simplement pas s’unir. Et si l’Europe ne peut s’unir, ses crises continueront d’empirer.

Jean Monnet, l’un des pères fondateurs de l’UE, a prononcé cette phrase célèbre : « L’Europe sera forgée dans les crises, et sera la somme des solutions adoptées pour ces crises. » Les concepteurs de l’euro savaient que cette monnaie ne fonctionnerait jamais―qu’une monnaie commune sans un gouvernement commun provoquerait des crises continuelles.

Pourtant, même ces crises n'ont pas pu forcer l’Europe à s’unir pleinement. Les crises se poursuivront jusqu’à ce que l’Europe soit si désespérée pour une solution, qu’elle se tournera vers un pouvoir religieux. Apocalypse 17 indique clairement que le super-État européen de 10 pays sera dirigé par une église.

Le rédacteur en chef de la Trompette, Gérald Flurry, expliqua en avril 2006 comment ceci se produirait :

« Tout au long de l’histoire de l’Europe, ce qui l'a aidé à vaincre ses divisions ce fut une unité de but entre l’Église et l’État. Charlemagne a montré combien l’Europe pouvait être forte quand il forma un partenariat entre l’Allemagne et l’Église catholique romaine pour créer le Saint Empire romain. Cet empire fut ressuscité à plusieurs reprises depuis cette époque.

« Mais cette union Église-État n’a pas toujours été un mariage heureux. Habituellement les deux ne se sont accordés qu'à cause d’une crise―une urgence. ...

« Herbert W. Armstrong croyait que le même scénario se reproduirait encore de nos jours―que les nations européennes s’uniraient soudainement à cause d’une crise, et que l’Église catholique romaine jouerait un rôle énorme dans la résolution de cette situation urgente. En temps de crises, la religion a une façon de rassembler les gens ! …

« Des crises se développent qui pourraient conduire à cette ‘urgence’ qui amènera l’Europe à se tourner vers une Allemagne nouvellement fortifiée et finira par rassembler l’Église et l’État―de l’affaiblissement de l’économie américaine aux dangers bouillonnants au Moyen-Orient. »

Le parcours à venir pour l’Italie et l’Europe est chaotique et incertain. Mais la Bible indique clairement que c'est la destination finale pour les Européens : une union de l’Église et de l’État qui formera l'une des puissances les plus fortes de l’histoire.

Pour en savoir plus, à quoi ressemblera l'ensemble des solutions de l'Europe à ses crises, lisez notre brochure gratuite L'Allemagne et le Saint Empire romain.

Ger Fr Bo