LA TROMPETTE
L’accord entre l’Allemagne et la Chine pour un port maritime inquiète l’Occident
Malgré une forte opposition au sein du gouvernement allemand, l’Allemagne va accorder au géant chinois du transport maritime COSCO une participation de 24,99 pour cent dans le plus grand port du pays (et le troisième plus grand d’Europe) : Hambourg. Alors que l’Allemagne prétend prendre ses distances avec la Chine sur le plan économique, c’est tout le contraire qui se produit.
Une part dangereuse : L’année dernière, la Chine espérait obtenir une part de 35 pour cent dans le port, ce qui lui aurait permis d’exercer une plus grande influence sur le processus décisionnel. Bien que les 24,99 pour cent de parts ne permettent pas d’atteindre cet objectif, ils permettent à la Chine de pénétrer dans les infrastructures occidentales et ouvrent la voie à un contrôle accru à l’avenir. Près d’un tiers des conteneurs qui transitent par le port sont déjà en provenance ou à destination de la Chine.
Mais il y a d’autres préoccupations. Le général américain à la retraite Ben Hodges a déclaré à Reuters en novembre que cela présentait un risque pour la sécurité lorsqu’il s’agit de fournir une aide militaire à l’Europe de l’Est, par exemple.
Bremerhaven et Hambourg sont en fait les ports maritimes les plus importants dont dépend l’alliance, pour l’équipement militaire, et pas seulement pour le fret commercial. La décision de Berlin a suscité beaucoup d’inquiétude […] parce qu’une fois qu’ils sont là, ils sont dans l’écosystème du port […] et sachant que les Chinois peuvent influencer ou perturber les activités dans les infrastructures de transport essentielles, il s’agit là d’un problème.
—Ben Hodges
Défier l’opposition : Les sociaux-démocrates du chancelier allemand Olaf Scholz ont ignoré l’opposition de leurs partenaires de coalition et les préoccupations de l’Union européenne et des États-Unis. L’accord rappelle le gazoduc allemand Nord Stream avec la Russie, qui a rencontré une opposition similaire et s’est avéré désastreux. Félix Banaszak, législateur du parti des Verts, a déclaré au Handelsblatt qu’il s’agissait d’une promotion d’une « politique économique étrangère qui n’a rien appris des erreurs fatales commises dans ses relations avec la Russie ».
Cette décision va à l’encontre de l’évaluation des services de renseignement et des ministères concernés, de la stratégie européenne à l’égard de la Chine et des alliés qui considèrent le comportement de plus en plus agressif de la Chine comme la plus grande menace.
—Roderich Kiesewetter, membre du Bundestag allemand
En outre, l’un des terminaux de Hambourg aurait dû être considéré comme une « infrastructure critique » et, par conséquent, l’accord aurait dû être examiné de plus près. L’opposition, apparemment, n’a pas su s’en rendre compte à temps. Norbert Röttgen, législateur chrétien-démocrate chargé de la politique étrangère, a déclaré à Politico :
Il s’agit d’une incompétence incroyable dans le traitement de cette affaire. Beaucoup d’éléments suggèrent que plusieurs ministères impliqués ont commis des erreurs manifestes.
L’accord COSCO était un acte administratif illégal parce qu’il était basé sur une classification incorrecte du terminal portuaire. Et [le vice-président Robert Habeck] se laisse faire avoir s’il accepte qu’une sorte de quorum soit nécessaire pour annuler un acte administratif illégal.
La Chine et l’Allemagne sont unies : La Bible révèle que nous devons surveiller de près l’alliance entre l’Allemagne et la Chine. Ésaïe 23 révèle que les deux pays formeront une alliance commerciale étroite au détriment des États-Unis. Notre article « Accueillir la Chine » explique ce que nous voyons se jouer sous nos yeux.