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L'AfD d'Allemagne invité à la Conférence de Munich sur la sécurité
Le paysage politique de l'Allemagne est en pleine mutation. Pour la première fois depuis la création de la République fédérale d'Allemagne en 1949, un parti politique autre que l'Union chrétienne-démocrate (CDU), l'Union chrétienne-sociale (CSU) ou le Parti social-démocrate (SPD) est devenu la première force politique du pays.
Un sondage Forsa réalisé du 16 au 19 décembre a montré que le soutien à l'alliance CDU-CSU est tombé à 24 pour cent, tandis que le soutien au SPD est tombé à 13 pour cent.
Pendant ce temps, le soutien au parti nationaliste Alternative pour l’Allemagne (AfD) a bondi à 26 pour cent, ce qui en fait le parti le plus populaire d’Allemagne.
Les partis traditionnels allemands tentent toujours de dépeindre l'AfD comme un groupe radical marginal . Pourtant, Wolfgang Ischinger, responsable de la Conférence de Munich sur la sécurité, a invité une délégation de l'AfD à ce forum de haut niveau sur la politique de sécurité, qui se tiendra en février. Il semble que l'AfD soit en train de devenir un courant dominant. La Conférence de Munich sur la sécurité a été fondée en 1963 par Ewald-Heinrich von Kleist-Schmenzin, un monarchiste allemand impliqué dans la tentative d'assassinat d'Adolf Hitler par Claus von Stauffenberg en 1944. Son objectif est de prévenir les conflits tels que la Seconde Guerre mondiale en réunissant des experts en sécurité pour discuter de la politique de défense.
Le vice-président des États-Unis, JD Vance, s'est plaint de l'exclusion de l'AfD de la dernière Conférence de Munich sur la sécurité ; son invitation à la prochaine conférence plaira probablement à M. Vance et à l'administration Trump. Pourtant, l'intégration de l'AfD va déranger de nombreuses personnes en Ukraine et en Europe de l'Est.
Lors d'un rassemblement en Saxe le 11 janvier, la coprésidente de l'AfD, Alice Weidel, a dévoilé un nouveau manifeste pour son parti qui s'engage à sceller les frontières de l'Allemagne, à expulser les immigrants illégaux, à sortir l'Allemagne de la zone euro et à reprendre l'exploitation du gazoduc Nord Stream. L'AfD a refusé de condamner la Russie pour son invasion de l'Ukraine dans son manifeste, et le coprésident de l'AfD, Tino Chrupalla, a même suggéré que la Pologne était une menace pour l'Allemagne au même titre que la Russie. Si la voix de l'AfD se renforce, il faut s'attendre à ce que l'opposition allemande à la Russie diminue.
Les dirigeants de l'AfD ont vivement critiqué les efforts du chancelier Friedrich Merz pour réarmer l'Allemagne par le biais de niveaux records d'investissement dans le budget. Ces dirigeants préfèreraient voir l'Allemagne faire la paix avec la Russie tout en limitant le déficit structurel de l'Allemagne à 0,35 pour cent du produit intérieur brut. La montée de l’AfD dans les sondages remet en question l’ambitieux renforcement militaire de l’Allemagne. Weidel accuse même Merz d'être un faux conservateur qui vend l'Allemagne à des partis de gauche comme le SPD qui veulent creuser la dette.
Cette accusation pourrait être un problème pour Merz. Franz Josef Strauss, politicien de la CSU aujourd'hui décédé, a déclaré qu'il ne devrait jamais y avoir de parti démocratiquement légitime à la droite de l'alliance CDU-CSU. En laissant l'AfD se faire une place en tant que conservateurs fiscaux de l'Allemagne, Merz s'est affaibli.
En fait, comme l'alliance CDU-CSU a exclu une coalition avec l'AfD, l'Allemagne est pratiquement ingouvernable. Aucune coalition politique naturelle ne dispose d'un soutien suffisant pour gouverner l'Allemagne, c'est pourquoi Merz compte sur une grande coalition impopulaire entre la CDU, la CSU et le SPD pour empêcher l'AfD d'accéder au pouvoir.
À un moment donné, il faudra que quelque chose change. La dernière fois que la politique allemande s'est trouvée dans un tel état d'impasse, c'était au début des années 1930, lorsque Hitler a concocté sa coalition nationaliste-nazie-catholique. Son Parti national-socialiste des travailleurs allemands était un parti ouvertement socialiste qui ne pouvait pas obtenir suffisamment de soutien pour gouverner seul. Hitler a donc flatté les industriels allemands du Parti national populaire allemand pro-monarchique et les écclésiastiques catholiques du Parti du centre, favorable au Vatican, pour qu'ils le soutiennent en tant que candidat à la chancellerie.
Cette histoire constitue une mise en garde importante. Remarquez ce que Hitler a dit en 1941 : « Tout d'abord, la nation allemande a dû apprendre à comprendre sa propre lutte politique, ce qui lui as permis de rassembler toute la force de l'Allemagne, surtout sa force idéaliste. Et cette force idéaliste ne se trouvait à l'époque que dans deux camps : dans le camp socialiste et dans le camp nationaliste. Mais c’était entre ces deux camps qu'il y avait le plus de conflits et de rancune. Ces deux camps devaient être fusionnés en une nouvelle unité. »
Cette fusion entre les camps nationaliste et socialiste a été particulièrement dévastatrice pour l'Allemagne, pourtant elle est dans une position similaire aujourd'hui. Peter Tauber, ancien secrétaire général de la CDU sous la chancelière Angela Merkel, a déclaré : « Nous devons cesser de donner l'impression que ‘tout le monde est contre l'AfD’. Nous devrions réfléchir à une nouvelle politique de lignes rouges qui nous permettrait de prendre des décisions politiques avec lesquelles l'AfD serait d'accord. […] Sinon, nous risquons de nous retrouver dans une impasse parlementaire. »
Hitler a fusionné le nationalisme et le socialisme dans les années 1930. Il semble maintenant que le prochain homme fort de l'Allemagne devra fusionner populisme et eurocratie. Ce ne sera pas une tâche facile, mais la Bible indique qu'un dirigeant européen du temps de la fin « entrera paisiblement, et prendra possession du royaume par des flatteries » (Daniel 11 : 21, traduction selon Darby). La Concordance Strong définit le mot hébreu pour flatteries comme « flatterie, habileté à esquiver, belles promesses, douceur ». L'indication est que ce dirigeant sera capable de faire quelque chose de similaire à ce qu'Hitler a fait en 1933 — promettre des choses différentes à différents partis dans le but d'obtenir un large soutien.
Les industriels allemands se sont bien débrouillés dans l’Union européenne et avec l’euro, donc la demande de l’AfD de sortir l’Allemagne de la zone euro est peu susceptible d’aller loin, même si beaucoup de travailleurs aimeraient voir la zone euro démantelée. Pourtant, les demandes de l'AfD de fermer les frontières de l'Allemagne, d'expulser les immigrants illégaux, de faire la paix avec la Russie et de relancer le gazoduc Nord Stream pourraient être des éléments que le CDU-CSU envisagera pour tenter de rester au pouvoir. La politique allemande est actuellement en pleine mutation, de sorte que les lignes de démarcation traditionnelles entre les partis politiques pourraient changer radicalement.
Notre brochure gratuite Un dirigeant allemand fort est imminent explique pourquoi Dieu va permettre l'arrivée au pouvoir d'un nouveau dictateur allemand. Regardez la Conférence de Munich sur la sécurité de cette année. Les débats animés entre l'AfD et la CDU sur la meilleure façon de défendre l'Europe contre la Russie vont transformer l'Allemagne et l'Europe.