Recevez un bulletin de nouvelles gratuit dans votre boîte de réception chaque jour ouvrable — la Trompette en bref.

Tucker tangeman 9aar efqydc unsplash

Tucker Tangeman/unsplash.com

L’Afrique au pillage

Plusieurs puissances cherchent à s’étendre dans ce continent sous-développé, particulièrement dans le territoire qu’ils ont gouverné à l’époque coloniale. L’Afrique, semble-t-il, est de nouveau en passe d’être saisie.

L’investissement chinois en Afrique a énormément augmenté durant les 15 ans passés. Le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 700 pour cent durant les années 1990. Il a doublé de 2002 à 2003. Il a, de nouveau, presque doublé au cours de 2005. Les importations chinoises croissantes en matière de pétrole, à partir des nations africaines, en particulier du Soudan, ont représenté la plus grande part de cette croissance. Toute cette activité a conduit la Chine à devenir le troisième partenaire commercial le plus important de l’Afrique, derrière les États-Unis et la France, et devant la Grande-Bretagne.

L’investissement croissant de la Chine en Afrique a encouragé l’action d’autres concurrents à l’égard des richesses en matières premières de l’Afrique, et non des moindres comme les principales nations de l’Union Européenne, la France et l’Allemagne. Chacune de ces puissances cherche à étendre son hégémonie individuelle dans ce continent grandement sous-développé, en particulier dans les territoires que chacune a gouvernés autrefois, avant que la décolonisation n’ait pris effet.

Effectivement, dans une course non contraire à celle de l’époque coloniale, l’Afrique, semble-t-il, est de nouveau en passe d’être saisie.

Les états de l’ue, dans l’intention d’assurer de nouvelles sources d’énergie, de manière à diminuer leur dépendance vis-à-vis de la Russie, regardent de plus en plus vers l’Afrique du Nord. L’observateur du marché RiskCenter.com a annoncé: «La région a été, pendant de nombreuses années, un contributeur significatif aux approvisionnements européens en gaz, mais les affaires récentes et les bruits actuels du marché renvoient vers cette contribution témoignant d’une croissance considérable… Pour l’ue, l’Afrique du Nord sera une composante clé de l’avenir de son énergie» (15 août).

Les Chinois ont obtenu la faveur des nations africaines par leur investissement direct dans les infrastructures—routes, rail, distribution d’électricité, développement des ports, etc., et dans l’aide pour l’obtention et le fret des matières premières, en particulier les besoins indispensables en pétrole et en gaz. Par contraste, le rôle intensifié de l’Allemagne arrive, de façon significative, d’une autre direction: celle du rôle militaire.

La Chine a certainement de l’argent pour le placement des capitaux, mais l’ue menée par l’Allemagne a la proximité régionale de ses forces militaires pour protéger les matières premières de l’Afrique et les capitaux africains de la Chine. Elle a aussi l’avantage d’un attachement et d’intérêts, de longue date, dans une bonne partie de l’Afrique, suite à son histoire coloniale.

L’ue, dominée par l’Allemagne, et la Chine ont une énorme soif de ressources énergétiques. Il peut encore y avoir un accord entre ces deux blocs, ce qui bouchera, finalement, l’accès des richesses énergétiques de l’Afrique aux États-Unis et à la Grande-Bretagne.

Faisant un reportage sur le rôle tenu par l’Allemagne dans la région explosive du Soudan, riche en pétrole, German-Foreign-Policy.com fait observer: «Suite à la décision de l’onu de déployer des troupes au Soudan [où la Chine a massivement investi], des bellicistes à Berlin poussent pour une participation allemande. Des spécialistes allemands de la politique étrangère de l’opposition, aussi bien que des cercles proches du cdu dominant, demandent à l’Allemagne de manifester une présence dans la province soudanaise occidentale du Darfour, au moins avec les observateurs militaires ou les officiers de haut rang» (10 août).

Typiquement, l’Allemagne cherche d’abord à pénétrer l’Afrique sous le parapluie de ses alliés, en particulier des États-Unis. «C’est, avant tout, Washington et Berlin qui poussent pour une intervention mandatée des Nations unies au Darfour, et cherchent à ramener militairement l’influence du gouvernement central soudanais. La sécession régionale n’est pas exclue» (ibid.).

C’est la politique étrangère allemande classique. La même stratégie a brillamment fonctionné dans la péninsule balkanique, où l’Allemagne a initié une guerre illégale largement menée par ses alliés, les États-Unis et la Grande-Bretagne, et gagné pour l’Union Européenne (c’est-à-dire l’Allemagne) la terre charnière entre l’Europe de l’est et l’Europe occidentale. Ayant ensuite garanti la participation de la Marine allemande à la sécurité de l’ue en Méditerranée, l’ue conduite par l’Allemagne a pris le contrôle de Malte que Romano Prodi, le Premier ministre italien (alors président de la Commission européenne) a décrit comme le tremplin de l’ue pour l’Afrique.

Maintenant la bataille s’attache à s’étendre davantage vers le sud par la bête qu’est l’ue.

Mais ce ne sont pas seulement les États-Unis qui ont été bernés pour protéger les intérêts allemands en Afrique. Berlin cherche à gagner la faveur d’alliés africains pour soutenir ses plans de domination sur les matières premières (en particulier le pétrole et le gaz) et le travail bon marché qui sont les plus grands biens économiques du continent. «Le Ghana et le Nigeria jouent des rôles décisifs avec leur participation dans le déploiement au Soudan, et reçoivent des millions en aide financière allemande, pour la maintenance de leurs troupes. La militarisation plus répandue du continent africain en est une conséquence directe

Alors que nous voyons l’Allemagne pousser son influence au sud de la Méditerranée en Afrique, et ayant déjà, par l’intermédiaire de l’ue, pratiquement repris l’Europe de l’est et la Méditerranée, y compris l’île de Chypre (au seuil du Proche-Orient, et à une courte distance de Jérusalem), nous ferions bien de nous souvenir d’une prophétie ancienne du livre de Daniel. Parlant d’une grande puissance du nord, motivée religieusement, devant surgir juste avant le retour de Jésus-Christ, le prophète dit: «De l’une d’elles sortit une petite corne, qui s’agrandit beaucoup vers le midi, vers l’orient, et vers le plus beau des pays.» (Daniel 8:9).

Observez l’Afrique. Observez l’Allemagne—et, par-dessus tout, observez Jérusalem! 

Tb Ad Fr