LA TROMPETTE
L’agenda vert divise la coalition allemande des feux tricolores
Après 15 mois de mandat, la coalition gouvernementale allemande est à bout de souffle. Début mars, le projet de loi du ministre de l’Économie Robert Habeck, qui propose d’interdire les systèmes de chauffage à l’huile et au gaz dès 2024, a fait l’objet d’une fuite. Son projet de loi n’autoriserait que l’installation de systèmes de chauffage produisant de la chaleur à partir « d’au moins 65 pour cent d’énergies renouvelables ».
Certains se sont indignés, mais Habeck a accusé son partenaire de coalition d’avoir divulgué le document et de manquer d’engagement pour la planète.
Il n’est pas permissible que, dans une coalition de progrès, un seul partenaire de la coalition soit responsable des progrès et que les autres s’efforcent d’empêcher les progrès.
—Robert Habeck
Testé en temps de crise : Dans le contexte actuel d’incertitude financière et géopolitique, les idéaux des Verts, jusqu’alors très populaires, sont mis à l’épreuve. Ce qui a auparavant permis aux Verts de devenir l’un des partis les plus forts du gouvernement est en train de provoquer sa chute et, avec lui, peut-être celle du gouvernement tout entier.
Habeck a été l’un des hommes politiques les plus populaires en Allemagne au cours des 15 derniers mois. Son parti, les Verts, a gagné en popularité en s’opposant à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Mais alors qu’ils se concentrent à nouveau sur leur propre agenda, les conflits se multiplient.
German minister Habeck complained that the draft proposal to forbid new oil and gas heatings was leaked to Bild to damage the government. He also said that with new gas and oil heatings (that run more than 20 years) it will not be possible as Germany to be climate neutral in 2045 https://t.co/t9wlmMKulv
— Jos Cozijnsen (@timbales) March 22, 2023
Les partenaires de la coalition des Verts, les sociaux-démocrates et les démocrates libres (FDP) ont également exprimé leur frustration. EuroIntelligence a rapporté :
Ce qui n’a pas aidé non plus, c’est que le vice-président du FDP, le toujours bruyant Wolfgang Kubicki, a comparé Habeck au [président russe Vladimir] Poutine. C’est un peu étonnant étant donné le soutien de Kubicki à Nord Stream 2 et à tout ce qui est russe jusqu’à très récemment. Si les Verts ont réussi une chose, c’est bien celle-là.
La coalition va-t-elle éclater ? Les sondages indiquent que les Verts sont passés de 23 pour cent l’été dernier à 17 pour cent actuellement, et que l’Alternative für Deutschland, parti d’extrême droite, est en train de les dépasser dans les sondages. Les Verts ont toujours été davantage un parti de protestation—ils réussissent mieux dans l’opposition qu’au gouvernement—et sont donc les candidats les plus susceptibles de faire exploser une coalition pour pouvoir prétendre que la crise climatique est la faute des autres partis.
EuroIntelligence continue :
Si Habeck conclut qu’il se fera brûler dans une coalition qui sera toujours bloquée par ses partenaires, il pourrait entraîner ce gouvernement dans sa chute. Il obtiendrait le soutien de son parti. Le risque d’accident est élevé.
Où cela nous mène-t-il ? Les Allemands sont prêts à croire qu’il faut faire plus pour le climat. Mais ils ne sont pas disposés à faire des sacrifices majeurs pour cela alors que d’autres crises plus imminentes se profilent, comme la guerre en Ukraine. Il faut s’attendre à ce que le peuple allemand réclame un nouveau leadership qui lui promette la sécurité et une Allemagne militairement forte. Le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, a expliqué cette transformation soudaine prophétisée dans « L’Ukraine précipite l’émergence dune nouvelle Allemagne ».