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L'Europe prépare le terrain pour la guerre commerciale

Les États-Unis sont la seule superpuissance financière du monde. Sa domination du système financier mondial lui confère un pouvoir dont rêvent d'autres nations.

Le dollar soutient tout. Les banques américaines gèrent un grand nombre de transactions. swift, le système de messagerie qui permet aux banques d'envoyer les détails de leurs transactions les unes aux autres, est basé à Bruxelles―mais il reçoit ses ordres du gouvernement américain.

Cela signifie que les États-Unis peuvent exclure des nations entières du système financier mondial.

Les États-Unis ont commencé à utiliser cette arme contre l'Iran l'an dernier. Le 10 mai, le département du Trésor américain a commencé à imposer de nouvelles sanctions. Au fil du temps, certaines banques iraniennes furent exclues du swift, des banques furent empêchées de vendre des dollars ou de prêter de l'argent au gouvernement iranien, et les entreprises du monde entier furent empêchées de faire des affaires avec un grand nombre de particuliers et d'entreprises iraniennes.

Le 4 novembre, les États-Unis ont interdit l'achat de pétrole en provenance d'Iran. À moins qu'un pays n'ait bénéficié d'une exception―et plusieurs l'ont reçue―toute entreprise achetant du pétrole en provenance d'Iran risquait de se voir interdire de commercer aux États-Unis. C'est beaucoup de commerce à perdre, et même les entreprises qui ont l'autorisation américaine de commercer avec l'Iran ne le font pas―juste par mesure de précaution. Les exportations de pétrole iranien sont passées de 2.8 millions de barils par jour en avril à 1.1 million en décembre.

Toute entreprise européenne qui fait des affaires avec l'Iran pourrait se retrouver exclue du système financier mondial. Les compagnies iraniennes installées en Europe ont vu leur internet ou leur électricité coupée, ou leurs comptes bancaires annulés. Le département du Trésor américain a averti les prestataires de services européens que s'ils continuaient à fournir les entreprises iraniennes, ils pourraient perdre l'accès aux marchés américains.

Mais vers la fin janvier, l'Europe a commencé à se défendre.

Le 31 janvier, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont annoncé la création de l'Instrument de soutient aux échanges commerciaux, ou instex. Ce véhicule à objectif spécial utilise le troc pour aider les entreprises européennes et iraniennes à commercer. Si elles n'utilisent pas d'argent, elles ne peuvent pas être exclues du système financier américain.

Les entreprises iraniennes sont prudemment optimistes, et l'Amérique est irritée. Mais il ne s'agit pas seulement de l'Iran. C'est l'Europe qui lutte contre la domination financière américaine.

Le EU Observer comprend cela. Il a publié un excellent article à ce sujet, et le titre dit tout―« L'Iran : L'UE et M. Trump consomment le divorce sur la scène mondiale. »

Voilà la grande vision essentielle ici. L'Europe veut neutraliser la superpuissance financière américaine. Instex est une première étape importante dans cette direction. Jarrett Blan, un membre du groupe de réflexion Carnegie Europe, a déclaré en janvier que instex « enseignera à ses gestionnaires des leçons qui peuvent être appliquées à l'avenir à d'autres cas [outre l'Iran] ».

À ce stade, secourir l'Iran n'est pas une affaire importante pour l'Europe. Les nations européennes se tournent de plus en plus vers l'idée que les sanctions contre l'Iran sont justifiées. Hier seulement, le Conseil de l'UE a dit à l'Iran de mettre une « fin immédiate » à son « comportement inacceptable ». L'UE a dit être « gravement préoccupée par l'activité des missiles balistiques de l'Iran » et « profondément soucieuse des activités hostiles que l'Iran a menées sur le territoire de plusieurs États membres ».

Mais l'Allemagne pourrait être la prochaine cible de l'arme financière américaine.

L'Allemagne a déjà achevé un tiers de son gazoduc Nord Stream 2 avec la Russie. Ce gazoduc va acheminer du gaz russe vers l'Allemagne sous la mer Baltique, en contournant l'Ukraine, la Pologne et d'autres États baltes.

D'autre pays sont atterrés. Le ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz a déclaré que le projet « tuerait l'Ukraine ».

Certains en Europe ont appelé le gazoduc Nord Stream 2 « le gazoduc Molotov-Ribbentrop 2 »―nommé d'après le pacte secret entre Adolf Hitler et Joseph Staline qui divisa l'Europe de l'Est entre eux. Deutsche Welle, une source d'information allemande, a noté, « Une fois que le gazoduc sera achevé, la Russie sera en position de force, ce qui lui permettra d'ignorer non seulement les intérêts de l'Ukraine mais aussi ceux des autres pays d'Europe de l'Est. »

Pour le moment, la Russie ne peut pas être trop dure avec certains de ces pays. Elle a besoin de l'argent pour vendre du gaz à l'Europe de l'Ouest. Si elle coupe le gaz naturel à l'Ukraine, elle perd aussi l'argent de ceux qui consomment son gaz en provenance de la Russie via l'Ukraine. En fait, la Russie paie actuellement à l'Ukraine environ US$ 3 milliards par an en frais de transit pour l'utilisation de ses gazoducs. C'est plus que 2% de l'économie ukrainienne provenant directement de ces redevances.

Une fois que ce gazoduc sera opérationnel, la Russie pourrait facilement priver l'Ukraine de ce revenu provenant du transit, alors que son économie est déjà en difficulté (et que les troupes russes soutiennent activement les rebelles dans l'est de l'Ukraine). La Russie pourrait couper l'Ukraine du gaz naturel russe, comme elle l'a fait dans le passé. Seulement, cette fois, la Russie pourrait peut-être couper l'Ukraine indéfiniment, ne subissant qu'une petite perte de revenus. Elle pourrait même l'envahir, et l'Ukraine ne pourrait pas utiliser l'infrastructure du gaz pour riposter. Comme Deutsche Welle l'écrivait, l'Ukraine « ne bénéficiera plus de la garantie de protection contre toute nouvelle agression russe ».

L'Amérique est opposée à ce gazoduc. Dans une lettre rendue publique en janvier, l'ambassadeur des États-Unis en Allemagne a menacé d’imposer des sanctions contre Uiper et Wintershell, deux entreprises européennes impliquées dans le projet du Nord Stream 2. L'entreprise italienne Saipem et la suisse Allseas ont été informées qu'elles aussi seront confrontées à des sanctions à moins qu'elles ne cessent de construire le gazoduc.

L'Europe anticipe une guerre économique bien plus directe avec les États-Unis. C'est pourquoi elle a créé instex. Si instex échoue, l'Iran perd, mais ce n'est pas un revers important pour l'UE. Et l'expérience préparera l'Europe pour des batailles plus importantes.

Pour l'instant, instex est un petit projet. Il n'inclut pas le pétrole, le principal produit d'exportation de l'Iran, bien qu'il puisse être élargi plus tard. Mais l'Amérique a passé des années à construire son arme financière. L'Europe ne peut pas construire quelque chose pour la détruire en un après-midi. Jeter les bases pour une guerre financière prend du temps.

Ou pour varier la métaphore, comme l'article du EU Observer l'a noté dans son titre, instex est une déclaration de divorce entre ces deux pouvoirs. L'Europe commence à retirer ses actifs des États-Unis, tentant de trouver un moyen de dissocier son système économique de celui de l'Amérique. Puisque le système économique européen a été lié à celui des États-Unis depuis 70 ans, ce n'est pas une tache facile. Cependant, instex est une étape pratique.

Et l'Europe a commencé le processus avec d'autres moyens. Le 1er février, la plus grande zone de libre échange a officiellement été lancée entre l'UE et le Japon. Maintenant l'Europe envisage un accord encore plus ambitieux―un accord avec le bloc commercial du mercosur. Le Japon, quant à lui, a également signé son propre accord de libre échange avec l'Australie, le Canada, le Mexique, la Nouvelle Zélande, Singapour, Brunei, le Vietnam, le Chili, la Malaisie et le Pérou.

Le monde est quadrillé de part et d'autres par des accords de libre échange et des relations économiques qui n'incluent pas les États-Unis.

La scène est en train de se préparer pour une guerre économique.

Herbert W. Armstrong a averti pendant des années que l'Amérique ferait face à une attaque économique, et que les nations autour du monde travailleraient ensemble pour miner l'Amérique économiquement. Cette prédiction était fondée sur certaines prophéties bibliques les plus fondamentales concernant la Grande-Bretagne et l'Amérique, les deux descendants les plus importants à la fin des temps, parmi les tribus de l'ancien Israël. Deutéronome 28 et Lévitique 26 prophétisent que ces nations seront assiégées et exclues du système économique mondial. Ésaïe 23 identifie certaines des puissances impliquées dans cette alliance économique anti-américaine, notamment l'Europe, la Chine et le Japon.

Le rédacteur en chef de la Trompette, Gérald Flurry a continué l'avertissement au sujet de cette alliance économique à venir. Il écrit dans Ézéchiel : Le prophète du temps de la fin :

Les États-Unis et d'autres nations israélites sont cernés ou assiégés par une concurrence féroce et souvent injuste. ... Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne deviennent de moins en moins compétitifs dans le monde, le chômage augmentera de façon constante. ...

Les États-Unis et la Grande-Bretagne seront exclus du commerce mondial alors que deux blocs commerciaux gigantesques, l'Europe et l'Asie, se lieront l'un à l'autre et commenceront à prendre les devants dans le commerce mondial. Ces nations d'Israël vont être littéralement assiégées―économiquement exclues du commerce mondial !

Ce livre a d'abord été publié en 2002. Depuis lors, nous avons vu de plus en plus de tentatives de la part des puissances mondiales de se séparer du système financier américain, une perspective qui entraînera une chute brutale de l'économie américaine.

Dans l'édition de la Trompette de mars 2019, M. Flurry a écrit un article intitulé « L'Amérique est assiégée économiquement  ». Dans cet article, il révèle comment l'Europe étend son influence en Amérique latine à travers le traité UE-mercosur. Il montre comment la guerre commerciale se prépare déjà.

Les préparatifs pour la guerre commerciale sont tout autour de nous. Pour comprendre pourquoi elle s'en vient et où cela mènera, lisez « L'Amérique est assiégée économiquement  ». 

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