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L’UE veut l’Irlande du Nord

LIAM MCBURNEY/PA IMAGES/GETTY IMAGES

L’UE veut l’Irlande du Nord

Il semble que Bruxelles ne veuille pas que le Brexit ait lieu sans désunir le royaume.

Le 15 juin, l’ancien Taoiseach (Premier ministre) irlandais, Leo Varadkar, a appelé pour l’unification de l’Irlande du Nord avec la République. Ses remarques viennent lorsque les dirigeants de l’Union européenne précisent qu’ils ne considèrent pas l’Irlande du Nord comme faisant partie du Royaume-Uni, et à mesure que l’Irlande du Nord se débat dans le chaos politique.

Les quatre pays qui constituent le Royaume-Uni sont l’Angleterre, l’Écosse, les Pays de Galles, et l’Irlande du Nord. Une majorité de ceux qui ont voté lors du référendum de Brexit de 2016 ont voté pour que le Royaume-Uni en entier quitte l’UE. Mais même si le Brexit est bel et bien fini (sur papier), l’UE tente de réabsorber le Royaume-Uni—ou au moins une partie—dans l’UE. Elle vise le plus vulnérable de ces quatre pays : l’Irlande du Nord.

La première provocation est survenue au milieu de la « guerre des saucisses ». Le Royaume-Uni a quitté l’UE en janvier 2020, mais est resté dans l’union des douanes jusqu’au 31 décembre pendant une « période de transition ». L’Irlande du Nord et la République d’Irlande, un état-membre de l’UE, n’ont pas une frontière stricte. Ceci fait partie de l’accord du Vendredi saint de 1998-1999, qui a mis fin aux violences des Troubles. Mais l’UE est tristement célèbre pour ses règles de commerce strictes et exigeantes. Si la Grande-Bretagne veut garder une frontière douce entre l’Irlande du Nord et l’UE, l’Irlande du Nord doit convenir à accepter les standards de l’UE en l’agriculture et d’autres industries. Cela signifie une frontière douanière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

Le gouvernement à Londres a déjà perdu la plupart de son autorité sur les lois nord-irlandaises. Une frontière douanière amoindrit encore plus la souveraineté britannique. Ceci a consterné beaucoup d’unionistes nord-irlandais. Mais certains dirigeants de l’UE se montrent particulièrement provocateurs.

La Grande-Bretagne et l'UE se disputent au sujet des importations de viande en Irlande du Nord. L'importation de viandes réfrigérées, comme les saucisses, est illégale selon la législation européenne. L'UE a exigé que la Grande-Bretagne cesse d'importer des viandes réfrigérées en Irlande du Nord, en dépit du fait que l’Irlande du Nord est un territoire souverain britannique. Lors du récent sommet du G-7 en Grande-Bretagne, le Premier ministre britannique Boris Johnson a eu une prise de bec avec les dirigeants européens à ce sujet. Il a demandé au président français Emmanuel Macron ce qu'il penserait si les saucisses du sud de la France ne pouvaient pas être importées à Paris.

Macron, selon une source anonyme du gouvernement britannique, a dit que cela n’est « pas une bonne comparaison parce que Paris et Toulouse font partie du même pays ». Il impliquait clairement que l’Irlande du Nord ne fait pas partie du Royaume-Uni.

Macron n’est pas connu pour son amour envers le Royaume-Uni. En mai, il a mis en place un blocus naval sur le territoire britannique de Jersey. Mais il n’est pas le seul dirigeant à s’en prendre à l’Irlande du Nord. Varadkar était encore plus provocateur, en appelant ouvertement à l’unification de l’Irlande.

Varadkar dirige le parti Fine Gael, qui fait partie de l’actuelle coalition gouvernementale. Il a qualifié l’unification de l’Irlande du Nord et de la République d’Irlande d’une « aspiration politique légitime ».

« L’unification ne doit pas être l’annexion de l’Irlande du Nord », a-t-il dit. « Cela signifie quelque chose de plus, un nouvel État conçu ensemble, une nouvelle constitution qui reflète la diversité d'un État binational ou multinational dans lequel près d'un million de personnes sont britanniques. »

Le moment choisi de ces commentaires, au milieu de la « guerre des saucisses » et de la déclaration provocatrice de Macron, est intéressant.

Tous les politiciens européens ne remettent pas ouvertement en cause la souveraineté britannique sur l'Irlande du Nord. Mais Macron et Varadkar ne sont pas des personnages anonymes. Ils sont très influents. Et on peut se demander combien d'autres dirigeants de l'UE partagent leur point de vue.

L'autre option pour la Grande-Bretagne est de se conformer aux normes agricoles de l'UE. Cela peut sembler être une concession mineure, mais ça remettrait la Grande-Bretagne sous le joug des réglementations de Bruxelles auxquelles les Britanniques voulaient échapper en premier lieu.

De toute façon, l'UE ne veut pas que le Brexit ait lieu sans que la Grande-Bretagne ne cède quelque chose. Même si techniquement, le Brexit est censé être achevé.

L'UE aime se présenter comme « l'avenir de l'Europe », un bloc tolérant et pacifique fondé sur l'égalité et la liberté. Au lieu de cela, le Brexit l'expose comme un tyran désireux de prendre le pouvoir.

Cela renvoie à son histoire : L'UE dans son ensemble ne s'est pas formée dans la paix mais dans les suites du chaos.

La Communauté européenne du charbon et de l'acier, précurseur de l'UE, a été créée à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. L'UE—en particulier son État membre le plus puissant, l'Allemagne—a profité des guerres yougoslaves des années 1990 pour étendre son influence vers l'Est. La récente crise de la dette européenne a dissous l'indépendance financière d'États membres comme la Grèce et Chypre.

L'un des pères fondateurs de l'UE, Jean Monnet, a déclaré : « L'Europe se forgera dans les crises et sera la somme des solutions adoptées pour ces crises. » L'histoire de l'UE rend les paroles de Monnet presque prophétiques.

Le Brexit est la plus récente de ces crises à forger l'Europe en un acteur de puissance mondiale.

« L'Europe s'unira et elle deviendra une formidable dynamo mondiale », a écrit Brad Macdonald, rédacteur collaborateur de la Trompette, dans son livre gratuit, The Holy Roman Empire in Prophecy (Le Saint-Empire romain selon la prophétie—disponible en anglais seulement). « L'unité que l'Europe atteindra ne sera pas parfaite ; elle ne se produira pas facilement ou pacifiquement ; et elle ne durera certainement pas. Mais l'Europe va devenir une superpuissance unie et une puissance mondiale sérieuse et redoutable. L'émergence de cette nouvelle Europe aura des conséquences profondes et dramatiques pour nous tous. »

La perte de l'Irlande du Nord serait un coup dur pour le Royaume-Uni. Mais aussi important que cela pourrait être, la montée en puissance de l'UE aura de plus grandes « conséquences profondes et dramatiques » que la plupart des gens ne le pensent.

Pour en apprendre plus, demandez un exemplaire gratuit de la brochure L'Allemagne et le Saint Empire romain.

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