LA TROMPETTE
La Chine renfloue les débiteurs de la Ceinture et Route
La Chine multiplie les prêts d’urgence aux pays qui peinent à rembourser les prêts d’infrastructure consentis dans le cadre de l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route ». Une étude publiée le 28 mars par AidData, la Banque mondiale, l’école Harvard Kennedy et l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale a révélé que la Chine a dû renflouer ses propres débiteurs de l’initiative « la Ceinture et la Route » afin de protéger les banques chinoises.
-
De 2000 à 2021, la Chine a accordé 128 aides financières d’une valeur de 240 milliards de dollars à 22 pays débiteurs.
-En 2010, seuls 5 pour cent des prêts de la Chine à l’étranger étaient destinés à des pays endettés, mais d’ici 2022, ce chiffre atteindra 60 pour cent.
China made $240 bn in bailout loans to 22 developing countries 2008 -2021 - 80% of it since 2016.
— Rachel Savage (@rachelmsavage) March 28, 2023
"Beijing is ultimately trying to rescue its own banks. That's why it has gotten into the risky business of international bailout lending" - @carmenmreinhart https://t.co/USHkxYWJPw pic.twitter.com/BIcl7QMaFl
Dette sur dette : Les prêts ont été accordés à un « nombre limité de bénéficiaires potentiels », selon le rapport. Ces bénéficiaires étaient des pays à revenu faible ou intermédiaire qui devaient déjà d’importantes sommes d’argent aux banques chinoises en raison des prêts qu’ils avaient contractés ces dernières années pour construire divers projets d’infrastructure destinés à mieux les relier à l’économie chinoise. Alors que l’économie mondiale est confrontée à une hausse des taux d’intérêt et de l’inflation, les partenaires de la Chine dans le cadre de la Ceinture et de la Route éprouvent des difficultés à rembourser leurs dettes. Afin de protéger ses propres investissements, la Chine a dû injecter davantage d’argent dans ces pays.
Le rapport a expliqué :
En résumé, la Chine a mis au point un système de « renflouements sur la nouvelle route de soie » qui aide les pays bénéficiaires à éviter le défaut de paiement et à continuer d’assurer le service de leur dette, au moins à court terme.
Ces renflouements rendent les pays de la Ceinture et la Route encore plus endettés vis-à-vis de la Chine.
Des affaires louches : Le rapport indique également que la Banque populaire de Chine a eu recours à des accords d’échange de devises et à des renouvellements pour financer des prêts d’une valeur de 170 milliards de dollars. Les détails de ces transactions n’ont pas été portés à la connaissance du public ni des autres banques centrales, de sorte qu’il est difficile de savoir exactement à quoi sert l’argent.
Pékin a créé un nouveau système mondial pour les prêts de sauvetage transfrontaliers, mais il l’a fait de manière opaque et non coordonnée.
—Brad Parks, directeur exécutif d’AidData
Le piège de la dette : Pour la Chine, il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent. Plus ces pays sont endettés, plus ils sont liés financièrement à la Chine et plus ils lui sont redevables. Cela permet à la Chine de peser sur le commerce mondial. Plus la Chine peut piéger de pays dans son initiative de piège de la dette, plus elle a de chances d’écarter les puissances occidentales, telles que les États-Unis.
Pour comprendre l’objectif principal de la Chine pour la Ceinture et la Route et d’autres initiatives, lisez « L’offensive économique chinoise en Europe ».