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La guerre en Éthiopie attire le monde entier

EDUARDO SOTERAS/AFP/GETTY IMAGES

La guerre en Éthiopie attire le monde entier

Une guerre en Afrique a des conséquences mondiales.

La guerre de l'Éthiopie contre les rebelles du Tigré retient l'attention du monde entier. La guerre civile en Éthiopie commença en tant que problème local. Aujourd'hui, cependant, elle attire des acteurs étrangers du reste de l'Afrique et d'ailleurs.

Dans la Corne de l'Afrique, l'Érythrée et Djibouti sont impliqués dans le conflit. Djibouti soutient le gouvernement éthiopien mais n'envoie pas (à notre connaissance) de troupes de l'autre côté de la frontière. Mais l'Érythrée a des soldats en Éthiopie depuis un certain temps.

L'Érythrée faisait autrefois partie de l'Éthiopie. Elle s'en est séparée dans les années 1990, emportant avec elle tout le littoral éthiopien. Depuis lors, le président érythréen Isaias Afwerki dirige le pays d'une main de fer. Son régime est si draconien que Reporters Without Borders [Reporters sans frontières] classe l'Érythrée au dernier rang, derrière la Corée du Nord, dans son classement mondial de la liberté de la presse de 2021. Ils écrivent dans le profil d'Afwerki que toute « tentative de remettre en question ou de contester le régime est considérée comme une menace pour la ‘sécurité nationale’ ». Depuis son indépendance, l'Érythrée est entrée en guerre avec littéralement tous ses voisins.

L'Éthiopie et l'Érythrée connurent une guerre où environ 100,000 personnes moururent ; un cessez-le-feu mit fin au conflit, mais les deux pays restèrent en mauvais termes. Pourtant, en 2018, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed stupéfia le monde en faisant la paix avec l'Érythrée. Il remporta même le prix Nobel de la paix.

Il est remarquable qu'un dictateur brutal comme le président érythréen Isaias ait soudainement changé d'avis. L'implication de l'Érythrée dans la guerre civile éthiopienne montre peut-être ce qu'Abiy lui offrit en coulisses.

La guerre a commencé lorsque le gouvernement a envahi la région du Tigré en novembre dernier. Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) dirigea le pays jusqu'en 2018. Et ce, bien que l'ethnie Tigré représente 5 à 7% de la population éthiopienne. 2018 fut l'année de l'élection d'Abiy, un Oromo (l'ethnie la plus importante d'Éthiopie, avec environ 35%). Pourtant, malgré la faible population des Tigréens, ils disposent d'une armée redoutable et représentaient une menace pour le pouvoir d'Abiy. Le FLPT n'était des amis ni d'Abiy ni d'Isaias. Ce qui rapprocha les deux dirigeants est peut-être le désir mutuel d'éliminer le FLPT.

L'Érythrée nia pendant des mois la présence de ses soldats dans le Tigré. Mais Abiy admit avoir travaillé avec les troupes érythréennes en mars. Elles se retirèrent en juin, mais elles sont revenues depuis et occupent le territoire du Tigré.

Le 23 août, le département du Trésor des États-Unis imposa des sanctions à Filipos Woldeyohannes, le chef d'état-major des forces de défense érythréennes. Le département du Trésor affirme qu'il [Filipos Woldeyohannes] est à la tête des troupes érythréennes dans le Tigré et l'accuse d'être responsable de massacres, de violences sexuelles, de tortures et de meurtres de civils.

Cela se produit au moment où un grand nombre de troupes érythréennes, avec des chars et de l'artillerie, franchissent la frontière. Les États-Unis et l'Union européenne ont tous les deux exprimé leurs inquiétudes.

On rapporte également qu'Abiy se rendit en Érythrée le 17 août lors d'une réunion non annoncée.

La connexion turque

Mais l'Érythrée n'est pas la seule à s'impliquer en Éthiopie. Abiy visita l'Érythrée en route vers la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan s'intéresse à ce qui se passe en Éthiopie.

Abiy eut sa réunion avec Erdoğan le 18 août. Lors de cette rencontre, Erdoğan affirma son soutien à une résolution pacifique de la crise du Tigré. Il proposa également d'être un médiateur pour le conflit frontalier entre l'Éthiopie et le Soudan voisin.

Erdoğan entretient déjà de bonnes relations avec l'Éthiopie. Il y a quelques années, l'université d'Addis-Abeba lui décerna un doctorat honorifique. Il commanda également la restauration d'une mosquée éthiopienne historique censée être la dernière demeure de Najashi, un roi éthiopien éminent dans la tradition musulmane. Le gouvernement turc a même plaidé pour que la tombe de Najashi soit placée sur la route du pèlerinage musulman à La Mecque.

L'association d'Abiy avec Erdoğan est particulièrement remarquable. L'Éthiopie est une nation majoritairement chrétienne avec une minorité musulmane non négligeable. Erdoğan est un islamiste convaincu. Il soutient les groupes islamistes Hamas à Gaza et les Frères musulmans en Égypte. Il a transformé la Sainte-Sophie, qui était un musée, en mosquée. Il a la réputation d'être un éternel « harceleur d'Israël ». Il soutient le nouveau gouvernement libyen, qui a également des liens avec les Frères musulmans.

Abiy appartient à l'ethnie Oromo, qui est majoritairement musulmane. Mais il est pentecôtiste. Alors pourquoi cherche-t-il à obtenir le soutien d'un islamiste ?

L'une des raisons est que les relations avec le partenaire traditionnel de l'Éthiopie, l'Amérique, sont en train de s'effriter. Les armées américaine et éthiopienne collaborèrent à des opérations antiterroristes en Somalie voisine. Mais les sanctions américaines commencent à faire mal à l'Éthiopie. Le ministère éthiopien des affaires étrangères déclara plus tôt cette année que le pays pourrait être « contraint de réévaluer ses relations avec les États-Unis, ce qui pourrait avoir des implications au-delà de nos relations bilatérales ». Andargachew Tsege, l'un des conseillers d'Abiy, incita les manifestants à brûler des drapeaux américains devant l'ambassade des États-Unis à Addis-Abeba. L'ambassade prit la menace au sérieux, conseillant aux Américains de rester à l'écart.

Les États-Unis et l'UE sont déjà en colère contre Abiy. La Russie est loin. La Chine peut être considérée comme trop indigne de confiance. Une puissance islamiste comme la Turquie est peut-être l'une des seules options qui restent à Abiy.

Tout cela intervient alors qu'Abiy entraîne son pays dans une guerre totale.

Guerre totale

Le 10 août, M. Abiy appela tous les Éthiopiens capables à rejoindre l'armée contre les rebelles du Tigré. « Le moment est venu pour tous les Éthiopiens capables et en âge de le faire de rejoindre les forces de défense, les forces spéciales et les milices pour montrer votre patriotisme », peut-on lire dans un communiqué de son bureau. « Chaque Éthiopien doit travailler en étroite collaboration avec les forces de sécurité. »

Cela montre qu'Abiy est prêt à faire tout ce qu'il faut pour détruire le FLPT une fois pour toutes. Même si cela implique de faire entrer dans l'armée la totalité de la population éthiopienne valide. Jusqu'à présent, Abiy n'a pas mis en place la conscription. Mais ses déclarations suggèrent que ce n'est peut-être pas si loin dans le temps.

L'Éthiopie a la deuxième plus grande population d'Afrique, avec plus de 100 millions d'habitants. Abiy a beaucoup de soldats potentiels à choisir.

Les Tigréens—même ceux qui ne sont pas affiliés au FLPT—sont également attaqués dans tout le pays. Des centaines de Tigréens ont été arrêtés, et les arrestations se sont accélérées après une récente offensive réussie du FLPT. Si l'on ajoute à cela les accusations selon lesquelles Abiy empêche les groupes d'aide étrangère d'atteindre le Tigré, des centaines de milliers de personnes risquent de souffrir d'une famine provoquée par l'homme. Il semble alors que l'Éthiopie soit sur le point de procéder à un nettoyage ethnique.

L'épisode le plus tristement célèbre de ce phénomène eut lieu au Rwanda dans les années 1990, pendant le génocide rwandais. Mais l'Éthiopie est beaucoup plus grande que le Rwanda. Toute purification ethnique en Éthiopie capterait l'attention du monde entier, encore plus que celle du Rwanda.

Pour ajouter un élément supplémentaire à la situation éthiopienne, regardons le Soudan.

Le Soudan partage une petite frontière avec la région du Tigré. Les réfugiés ont afflué au Soudan, fuyant la guerre civile. Les estimations de leur nombre varient ; Voice of America en dénombre environ 60,000 au 28 juillet. De toute façon, le Soudan n'est pas dans une bonne situation politique présentement. Il se remet encore du coup d'État contre son dictateur de longue date, Omar al-Bashir. Un flux constant de réfugiés éthiopiens ne fera qu'exacerber les problèmes du Soudan.

Mais il n'y a pas que les réfugiés qui traversent la frontière soudanaise. Les soldats aussi.

Plusieurs incidents ont opposé l'armée soudanaise et des soldats éthiopiens tout au long de l'année. Khartoum a rapporté une « intrusion éthiopienne en terre soudanaise » en février. En mars, le Soudan profita du chaos en Éthiopie pour envoyer des troupes sur un territoire contesté entre les deux pays. En juillet, le Soudan accusa une milice éthiopienne d'avoir enlevé un commandant militaire soudanais, ce qui entraîna la fermeture de la frontière et un renforcement des effectifs militaires des deux côtés de la frontière.

L'Éthiopie contribua également à une mission de maintien de la paix des Nations unies au Soudan. En raison de l'impasse actuelle, Khartoum demanda à l'ONU de retirer les troupes éthiopiennes en septembre 2021. Les Nations unies ont accepté.

Il est clair que ce qui était un problème local pour l'Éthiopie en novembre est en train de devenir hors de contrôle. Et cela a un impact non seulement sur l'Éthiopie, ou même sur la Corne de l'Afrique, mais aussi sur le monde entier.

Saviez-vous que l'impact mondial actuel de l'Éthiopie a été prophétisé dans la Bible ?

La perspective biblique

Les lecteurs de longue date de la Trompette sont familiers avec une prophétie située dans Daniel 11 : « Au temps de la fin, le roi du midi [du sud, version King James] se heurtera contre lui. Et le roi du septentrion [du nord, version King James] fondra sur lui comme une tempête, avec des chars et des cavaliers, et avec de nombreux navires ; il s’avancera dans les terres, se répandra comme un torrent et débordera. Il entrera dans le plus beau des pays, et plusieurs succomberont [plusieurs pays seront renversés, version King James] […] Il étendra sa main sur divers pays, et le pays d’Égypte n’échappera point. Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent, et de toutes les choses précieuses de l’Égypte ; les Libyens et les Éthiopiens seront à sa suite » (versets 40-43).

La plus grande partie de Daniel 11 discute d'événements qui sont de l'histoire ancienne (vous pouvez en apprendre davantage à ce sujet en lisant Histoire et prophétie du Moyen-Orient, par le rédacteur exécutif de la Trompette Stephen Flurry). Mais cette partie de la prophétie est datée pour notre époque d’aujourd'hui. Daniel décrit cette époque comme un temps où les voyages mondiaux seraient plus faciles qu'à n'importe quelle autre époque, coïncidant avec une explosion de connaissances (Daniel 12 : 4). Il la décrit également comme une époque où des armes plus destructrices que tout ce que l'humanité avait vu jusqu'alors seraient disponibles (Daniel 12 : 1 ; comparer avec Matthieu 24 : 21-22). Cela décrit les conditions du monde actuel.

Les deux principaux acteurs de Daniel 11 sont un « roi du sud » et un « roi du nord ».

L'identité du roi du nord est facile à prouver. Dans l'Antiquité, elle fut accomplie, en partie, par l'Empire romain. Le roi du nord dans « le temps de la fin » fait référence à une superpuissance européenne unie, dirigée par l'Allemagne, qui se développe aujourd'hui dans l'UE.

Mais qui est le roi du sud ?

Il s’agit d’un pays situé au sud de l'Europe. Sa proximité avec l'Égypte, la Libye et « le plus beau des pays » (l'Israël moderne) montre qu'il se trouve quelque part au Moyen-Orient. C'est un « roi », ou une puissance régionale. Il a une politique étrangère « arrogante », provocatrice. Le verset 44 indique les pays qui s'allieront au roi du sud, ce qui implique qu'il possède un vaste empire par procuration s'étendant sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Depuis des décennies, nous avons pointé du doigt un pays en particulier : la République islamique d'Iran.

L'Iran a une armée puissante et une économie importante. Il possède un empire par procuration, notamment en Irak, en Syrie, au Yémen, à Gaza, au Liban, en Somalie et maintenant en Afghanistan. C'est le premier État parrain du terrorisme dans le monde. Ses chants réguliers de « mort à l'Amérique » et « mort à Israël » montrent qu'il n'est pas un ami de l'Occident et des valeurs occidentales. C'est le pays que les États plus modérés du Moyen-Orient craignent le plus.

L'Éthiopie est incluse dans la prophétie en tant que mandataire de l'Iran.

Cela fait des années que nous nous attendons à ce que l'Éthiopie tombe aux mains de la République islamique. L'Éthiopie est une nation majoritairement chrétienne. Pendant des années, cette prévision semblait peu probable. Cela a changé avec la guerre civile en Éthiopie.

L'alliance du FLPT avec l'Armée de libération de l'Oromo (ALO) en est un exemple. L'ALO est un groupe laïc, de tendance socialiste. Mais il représente les Oromo, le plus grand groupe ethnique d'Éthiopie, qui est majoritairement musulman.

Abiy est également un Oromo. Il est pentecôtiste, mais cela ne l'empêche pas de collaborer ouvertement avec la Turquie et son président islamiste.

Ainsi, que ce soit avec les rebelles ou avec le gouvernement, nous voyons l'Islam gagner en influence. Et le gouvernement éthiopien se détourne également de son ami traditionnel, l'Amérique. C'est également ce qu'implique la prophétie de Daniel 11.

Le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, écrit dans Le roi du sud  :

Quiconque influence ou contrôle fortement l'Éthiopie contrôlera sans aucun doute aussi les petites régions de l'Érythrée et de Djibouti sur le littoral de la mer Rouge. Ces régions ne sont devenues indépendantes de l'Éthiopie que récemment. Aussi, je crois que la Bible considère que ces petites régions font partie de l'Éthiopie.

L'Érythrée, comme l'Éthiopie, est majoritairement chrétienne. Mais nous constatons qu'elle est de plus en plus impliquée dans la guerre civile éthiopienne. La façon dont la guerre se terminera en Éthiopie aura également un impact sur l'Érythrée.

Nous voyons également Djibouti s'impliquer dans le conflit. Le groupe ethnique Afar en Éthiopie se bat contre le Tigré. Les Afars représentent 30% de la population de Djibouti, et le peuple afar de Djibouti fait preuve de solidarité avec ses frères de l'autre côté de la frontière. Le Tigré tente de s'emparer de l'autoroute entre Djibouti et Addis-Abeba, la capitale de l'Éthiopie, qui contrôle 95% du commerce éthiopien.

Beaucoup de choses doivent encore se passer avant que l'Éthiopie ne rejoigne officiellement les rangs de l'Iran. Mais, à mesure que la guerre civile en Éthiopie se prolonge et que d'autres pays s'impliquent, la prophétie de Daniel se rapproche de plus en plus de sa réalisation.

Pour en savoir plus, demandez un exemplaire gratuit de la brochure Le roi du sud. De même, Libya and Ethiopia in Prophecy [La Libye et l’Éthiopie selon la prophétie—seulement disponible en anglais] explique comment l'Éthiopie s'inscrit spécifiquement dans la prophétie du roi du sud. Demandez votre exemplaire gratuit dès aujourd'hui.

Fr Kos