Le président russe Vladimir Poutine signe un accord sur la construction du chemin de fer Rasht-Astara, le 17 mai. [MIKHAIL KLIMENTYEV/SPUTNIK/AFP VIA GETTY IMAGES]
La Russie et l’Iran signent un nouvel accord ferroviaire
Mercredi, la Russie et l’Iran ont signé un accord pour la construction d’une ligne de chemin de fer de 160 kilomètres le long de la mer Caspienne. La voie ferrée Rasht-Astara traversera l’Azerbaïdjan et constituera un maillon essentiel du corridor international de transport nord-sud, un itinéraire routier, ferroviaire et maritime qui parcourt près de 7 250 kilomètres et relie l’Inde, l’Iran, la Russie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et le Kazakhstan.
Le président russe Vladimir Poutine a approuvé ce nouveau segment commercial en déclarant : « L’artère de transport nord-sud unique en son genre, dont le chemin de fer Rasht-Astara fera partie, contribuera à diversifier de manière significative les flux de trafic mondiaux. »
Réponse aux sanctions : Ce chemin de fer crée une opportunité économique considérable pour la Russie et l’Iran, dont les économies ont souffert des sanctions occidentales. En réponse à la guerre contre l’Ukraine, le département du Trésor des États-Unis « a mis en œuvre plus de 2 500 sanctions » depuis février 2022. Les alliés des États-Unis se sont joints à cet effort, avec plus de « 30 pays ayant imposé des sanctions ou des mesures similaires contre la Russie ».
Les sanctions américaines contre l’Iran remontent à plus loin. En 1979, au début de la révolution islamique, des militants ont capturé 66 citoyens américains à l’ambassade des États-Unis à Téhéran, ce qui est depuis lors connu sous le nom de la Crise des otages en Iran. Ils ont retenu 52 Américains en otage pendant plus d’un an. C’est à ce moment-là que les États-Unis ont commencé à imposer des restrictions à l’Iran, qui n’ont fait qu’augmenter au fil du temps.
L’Union européenne a elle aussi mis en œuvre des dizaines de mesures restrictives à l’encontre de la Russie à la suite de ses actions contre l’Ukraine. L’UE a également imposé des sanctions à l’Iran qui interdisent le commerce et gèlent les actifs des principales banques commerciales iraniennes.
Ce nouveau chemin de fer atténue la pression économique exercée par les sanctions et les restrictions occidentales sur la Russie et l’Iran.
Partenariat russo-iranien : « Il ne fait aucun doute que cet accord constitue une étape importante et stratégique dans la direction de la coopération entre Téhéran et Moscou », a déclaré le président iranien Ebrahim Raisi.
Ces puissances orientales s’unissent pour une raison principale : leur haine commune de l’Occident. La nature humaine cherche à se servir elle-même, unissant souvent des factions pour faire face à un ennemi commun.
Samuel Huntington a identifié cet état d’esprit « nous contre eux » dans son livre Clash of Civilizations [Le choc des civilisations] :
Bien que les attentes d’un monde unique apparaissent à la fin des grands conflits, la tendance à penser en termes de deux mondes est récurrente tout au long de l’histoire de l’humanité. On est toujours tenté de diviser les gens entre nous et eux, le groupe interne et l’autre, notre civilisation et ces barbares.
Pour concurrencer l’Amérique et une superpuissance européenne en plein essor, de nombreuses nations de l’Est s’unissent. Nous avons parlé de ce partenariat particulier dans notre numéro de janvier de la Trompette :
L’Iran devient maintenant l’un des principaux soutiens de la Russie—peut-être même le principal soutien—dans sa guerre. L’Iran devient responsable de la trajectoire actuelle de la guerre en Ukraine. L’Iran devient une sorte de bouée de sauvetage pour la Russie.
Comme le souligne l’article, l’Iran soutient déjà la Russie en lui fournissant des armes. Aujourd’hui, il soutient également son économie. Lisez « Une alliance du mal » pour savoir ce que ce nouveau partenariat signifie pour l’Occident et comment il s’inscrit dans la prophétie biblique.