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Le Cheval Pâle (deuxième partie)

Les quatre cavaliers de l'apocalypse (chapitre quatre)

La suite provenant de   Le Cheval Pâle (première partie)

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EAUCOUP D ÉPIDÉMIES DANS LE PASSÉ

Précédemment, nous avons examiné des famines provoquées par la guerre dans des régions telles que la Tchétchénie, la Russie, une république qui s’est séparée de l’Union soviétique, la Somalie et le Rwanda, des pays déchirés par la guerre civile. La guerre n’est pas la seule coupable. Les épidémies sont également un des effets secondaires du chaos qui en résulte. L’histoire est remplie d’exemples d’épidémies menant à la mort.

Vous pourriez être surpris d’apprendre l’importance de l’im- pact des maladies sur le déroulement de l’histoire de l’humanité. Voyez les grands bouleversements économiques qui résultèrent de la peste noire en Europe. The Mainstream of Civilization 1350 to 1815 nous présente un intéressant résumé (p. 280, 1974): “Les effets des dépressions économiques, du chaos politique, et de l’incertitude religieuse furent intensifiés par de terribles érup- tions de peste au milieu du quatorzième siècle. La peste noire [la peste bubonique] fit sa première apparition en Italie vers 1340 et balaya l’Europe au cours des deux décennies suivantes. Le pire était passé en 1360, mais des éruptions répétées, bien que moins sévères, tout au long du demi-siècle suivant, empêchèrent la population de l’Europe de revenir à son niveau d’avant la peste. Bien qu’il n’existe aucune estimation précise du taux de morta- lité, il était particulièrement élevé dans les régions où la densité de la population était forte. Certaines villes perdirent jusqu’à plus des deux cinquièmes de leurs habitants ....

“La panique causée par la peste noire mena à la déstabilisation émotionelle des peuples durement éprouvés de l’Europe occiden- tale. Ce n’est pas par accident que les rébellions paysannes les plus sanglantes et les guerres civiles les plus insensées eurent lieu après la peste, et que la psychose de la sorcellerie, chose inconnue au début du Moyen Age, atteignit alors son paroxysme. C’était une psychose double. Des hommes et des femmes innocents furent faussement accusés de pratiquer la magie noire, mais il y avait également des gens, incluant des personnes haut placées, qui croyaient sincèrement qu’ils pourraient obtenir ce qu’ils désiraient en faisant un pacte avec le diable. Plus que toute autre chose, la psychose de la sorcellerie démontra l’état de choc dans lequel se trouvait l’Europe occidentale à la fin du quatorzième siècle. Le rationalisme et la confiance dans l’avenir, si apparents à l’apogée de la civilisation médiévale, avaient disparus.”

En bref, tout bon sens avait quitté des gens qui étaient appa- remment sains d’esprit. Il est facile de voir pourquoi. La peste noire, répandue par les piqûres de puce et les morsures de rats, tua près de la moitie de la population de l’Europe—de 25 à 50 millions de personnes—en l’espace de trois ans seulement (de 1347 à 1350)! Eventuellement, certains parmi ceux qui tombèrent malades développèrent une immunité et la maladie s’éteignit finalement. Néanmoins, cela comporte des sous-entendus mena- çants pour notre avenir.

Du Book of History (vol. 9, p.-3626), The Grolier Society, une série de livres d’histoire écrits avant la Première Guerre mon- diale, voici un article du Dr G. Archdall Reid, intitulé: “The Triumph of Race [La Victoire de la race]”: “Les conditions de vie d’autrefois dans l’hémisphère oriental furent reproduites dans l’occident. Encore une fois, nous lisons au sujet de fléaux et de pestes, de maladies—répandues par l’eau ou transportées par l’air,—qui vont et viennent suscitant de grandes épidémies suivies de famines. Les victimes de la rougeole et du choléra furent empilées dans les charniers. Le rôle joué par la varicelle fut même encore plus grand. Lorsqu’elle fut amenée aux Indes occidentales en 1507, des tribus entières furent exterminées. Quelques années plus tard, elle dépeupla en grande partie Saint- Domingue. Au Mexique, elle détruisit trois millions et demi de personnes. Prescott décrit cette première épidémie épouvantable comme ‘balayant les prairies, abattant les princes et les pay- sans, et laissant sur son passage les cadavres des indigènes qui périssaient entassés ensemble comme des bestiaux frappés de maladies infectieuses.’”

Contrairement à la peste noire qui fut de courte durée, la varicelle affligea l’Europe pendant des siècles. A son zénith, au 18ème siècle, elle tua près de 400.000 Européens annuellement, au nombre desquels des souverains comme la reine de Suède en 1741. Le World Health Organization annonça en 1979 que la varicelle avait été enrayée définitivement après une campagne d’inoculation couronnée de succès et qui fut menée en Asie au cours de la décennie.

Plus près de nous, une épidémie de grippe durant les années 1917-18 tua près d’un demi-million d’Américains. Rien que dans le Massachusetts, 15.000 vies furent perdues en quatre mois avant que ne se développe une immunité qui sauva le monde civilisé. De 1918 à 1922, le typhus causa la mort de 3 millions de personnes à cause de l’entassement et des conditions sanitaires inadéquates dans les camps de prisonniers et les maisons pour réfugiés. Entre 1943 et 1956, près d’un demi-million d’Américains furent infec- tés par l’épidémie de poliomyélite. Plus de 20.000 moururent de paralysie et d’arrêt respiratoire. Dû en partie à la découverte de vaccins dans les années 50 et 60, la poliomyélite ne constitue plus un problème, sauf dans les pays en voie de développement.

Ce sont des événements qui attirent naturellement notre attention. Mais même au 20ème siècle, malgré une meilleure médecine et une meilleure technologie, la menace à toutes les sociétés demeure une réalité que l’on ne peut ignorer. Même d’anciennes maladies, qui s’étaient manifestées lors de guer- res mondiales qui eurent lieu il y a plus de soixante-dix ans, reviennent à la surface de façon silencieuse, mais meurtrière. Le New England Journal of Medicine (du 16 février 1995) cite plu- sieurs docteurs, ici et en France, qui signalent que la fièvre des tranchées, un fléau pour les soldats durant les deux guerres mondiales, est réapparue parmi les alcooliques sans abri. Cette maladie, répandue par les poux, était particulièrement com- mune durant la Première Guerre mondiale où plus d’un million de soldats l’attrappa. Personne ne sait si c’est un fléau nouveau affligeant les villes, ou s’il a toujours existé, mais passé ina- perçu. Cette maladie est rare en temps de paix, bien qu’elle ait été trouvée chez certains patients souffrant du SIDA au cours des dernières années.

LE SIDA

Tony Snow, journaliste au Creators Syndicate, déclara “ En Amérique, nous dépensons en moyenne la somme de 120.000 $ pour le traitement de chaque patient atteint du SIDA . Le gouver- nement fédéral met de côté au moins 1 1/2 milliard par an pour étudier et combattre ce syndrome et les compagnies pharmaceu- tiques investissent bien des milliards de plus. Les scientifiques n’ont encore aucune idée quant à ce qui amène le corps à fermer son système immunitaire, mais la plupart d’entre nous compren- nent au moins ce qu’il faut faire pour ne pas attraper le SIDA . Il en a résulté un ralentissement dramatique dans la croissance du nombre de nouveaux cas.”

Le 11 mars 1995, NBC annonça que les Centres pour le contrôle des maladies sont prêts à réduire de 20% leurs estima- tions du nombre d’Américains infectés du virus causant le SIDA . Les officiels croient maintenant qu’il est possible que le nom- bre de sidatiques chez les hommes homosexuels se soit stabilisé, mais ils nous avertissent que le taux d’infection continue d’être en hausse chez les femmes, les enfants et les minorités.

Même s’il est relativement difficile de l’attraper en compa- raison de la varicelle, de la grippe et du typhus, c’est la première maladie transmise sexuellement dont l’envergure atteint les proportions d’une pandémie. (Une “pandémie” est ce type d’épi- démie où la maladie s’étend au-delà des frontières d’un ou deux pays.) Bien que la syphilis et les autres maladies vénériennes aient fait de nombreuses victimes, du moins jusqu’à l’arrivée de la pénicilline dans les années 40, elles n’ont jamais exterminé des populations entières. Les estimations évaluent le nombre de cas de SIDA dans les dizaines de millions au début du 21ème siècle— sans que rien n’indique qu’il s’éteindra de lui-même. 

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