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STEFAN SAUER/PICTURE ALLIANCE/GETTY IMAGES

Le gazoduc le plus controversé en Europe est de retour

Nord Stream 2 est plus qu'un projet d'énergie. C'est un signe d'alarme.

La construction du gazoduc Nord Stream 2 a repris le 5 décembre dans la mer Baltique, après un arrêt temporaire en raison des sanctions américaines. Une fois terminé, le gazoduc changera les relations de l'Allemagne avec la Russie, les États-Unis et le reste de l'Europe.

Nord Stream 2 devrait acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz naturel en Allemagne chaque année. En commençant au sud de Saint-Pétersbourg, en Russie, le gazoduc traverse les eaux finlandaises, suédoises et danoises avant de se terminer à Lubmin, sur la côte nord-est de l'Allemagne. Les travaux se concentreront d'abord sur la section de 10 miles à l'intérieur de la zone économique exclusive de l'Allemagne, après quoi, il reste un tronçon de 37 miles, dans les eaux danoises. 

En décembre 2019, les États-Unis ont sanctionné tous les navires impliqués dans le projet, arrêtant ainsi la construction. Cette action a contraint la société suisse de pose de tuyaux Allseas à se retirer du projet. En octobre dernier, un comité biparti du Congrès américain a sanctionné le maire de la ville allemande de Sassnitz, Frank Kracht. Sassnitz avait donné asile à un navire poseur de tuyaux russe. Kracht lui-même est le plus grand actionnaire de Mukran, la société qui contrôle le port de Sassnitz. Tout cela provoqua de l'indignation en Allemagne, et incita à chercher des moyens pour éviter les sanctions américaines. Il semble maintenant que l'Allemagne en ait trouvé un.

L’État du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le gazoduc entre en Allemagne, a récemment crée un fonds fiduciaire pour aider les industries portuaires de Sassnitz. Les entreprises qui travaillent sur le gazoduc peuvent demander un financement public pour compenser les sanctions américaines. Le fonds fiduciaire est inscrit comme organisation à but non-lucratif et donc ne peut pas être sanctionné. La chaîne d'information allemande NDR a qualifié cette stratégie d’un « truc juridique astucieux ». Le responsable de ce fonds est Erwin Sellering, l'ancien premier ministre de l’État du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Il est un ami proche de Gerhard Schröder, qui a permis la construction du premier gazoduc Nord Stream. Pour sa part, la Russie a déployé son propre navire de pose de tuyaux pour remplacer les navires suisses. 

La controverse au sujet de ce gazoduc est centrée sur la façon dont cela donne du pouvoir à la Russie. Bien qu'enregistrée en Suisse, la filiale de Nord Stream 2 appartient entièrement au géant pétrolier russe, Gazprom. En outre, le gazoduc ne traverse pas le territoire de l'Ukraine, privant le pays des droits de transit. Dans le pire des cas, la Russie pourrait couper les gazoducs à l'Ukraine ou à la Crimée, sans avoir d'impact sur l'Europe.

L'Allemagne prend un risque. Quiconque contrôle les sources d'approvisionnement énergétique d'une nation détient un avantage majeur en cas de différend. En même temps, l'Allemagne s'est positionnée pour contrôler l'accès de l'énergie à l'Europe. C'est aussi assez révélateur de savoir à qui l'Allemagne a décidé de ne pas acheter du gaz.

La coopération de l'Allemagne avec la Russie a un précédent historique inquiétant. Les deux projets Nord Stream constituent une étape cruciale dans cette coopération. C'est ce qu’affirme un article publié dans le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Il soutient que l'Allemagne revient à sa tendance à s'aligner sur la Russie, en raison d'une injustice perçue de l'Occident. Pour soutenir ce point, il cite l'article de juin du président russe Vladimir Poutine au sujet du Pacte Molotov-Ribbentrop. Dans cet article, Poutine dit que « l'humiliation nationale » de l'Allemagne à Versailles était une « injustice profonde ». Il a critiqué les pays occidentaux pour avoir tenter de « voler » l'Allemagne. Selon FAZ, Poutine a utilisé aussi ces mêmes mots pour décrire le comportement des États-Unis envers la Russie à la fin de la guerre froide. 

La construction de Nord Stream 2 envoie un message aux États-Unis. Si l'Allemagne avait voulu recevoir la majeure partie de son gaz des États-Unis, elle aurait pu. Il y a plusieurs années, les États-Unis sont devenus un exportateur net d'énergie. L'Europe possède des ports sur l'Atlantique et la Méditerranée, où elle peut recevoir du gaz naturel liquéfié. Pourtant, l'Allemagne a hâte de faire confiance à la Russie.

Nord Stream 2 renforce le contrôle de l'Allemagne sur l'Europe. Étant la destination du gaz russe cela lui permet d'en contrôler le prix. Les avantages économiques devraient être substantiels. Une étude allemande publiée en septembre 2017 a montré que Nord Stream 2 fera baisser les prix du gaz, particulièrement en Allemagne et en Europe de l'Est. Dans les scénarios testés, les pays de l'UE pourraient économiser entre 13 et 32 pour cent sur le coût de leurs importations de gaz.

Si ces chiffres s'avèrent exacts, il est facile de comprendre pourquoi l'Allemagne voudrait conclure un accord avec la Russie. Mais il y a une raison plus profonde pour laquelle ces deux nations ont choisi de conclure un accord maintenant.

« L'histoire montre que l'Allemagne et la Russie ne sont pas réellement des partenaires », a écrit le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry dans son article de 2017, La guerre secrète de l’Allemagne et la Russie contre l’Amérique. « Lorsqu'ils concluent des accords de paix et des partenariats économiques, c'est un signal que l'un ou l'autre ou les deux se préparent à une sorte d'exploit impérialiste. » Il a fait référence au Pacte Molotov-Ribbentrop, signé au début de la Seconde Guerre mondiale, qui donna à la Russie une partie de la Pologne et quelques autres pays conquis par la Russie, en échange de rester en dehors de la guerre. « Ceci rend le projet Nord Stream 2 extrêmement préoccupant », écrit M. Flurry.

Pourquoi est-ce inquiétant ? Parce que la Bible identifie et prophétise sur l'Allemagne et la Russie. Elle montre que ces nations travailleront ensemble pendant une courte période de temps avec le but de faire tomber les États-Unis. 

Le nom Biblique de l'Allemagne est « Assyrie » (Ésaïe 10 : 5). La Bible relie également l'Assyrie au « Nord », l’appelant, avec d’autres puissances européennes, « le roi du Nord » (Daniel 11 : 40). 

Plusieurs prophéties, dont une dans le livre de Jérémie, avertissent que l'Allemagne deviendra une « chaudière bouillante » qui mijote de haine pour les États-Unis. « La parole de l'Éternel me fut adressée une seconde fois, en ces mots : Que vois-tu ? Je répondis : Je vois une chaudière bouillante, du côté du septentrion. Et l'Éternel me dit : C'est du septentrion que la calamité se répandra sur tous les habitants du pays » (Jérémie 1 : 13-14).

De plus en plus, l'Allemagne et la Russie partagent des sentiments similaires envers les États-Unis. Une prophétie dans Ésaïe 23 montre que l'Europe travaillera avec la Russie et d’autres nations asiatiques pour assiéger l'économie américaine (lisez notre article réimprimé, Le grand « marché des nations » pour une analyse plus approfondie). 

Le Nord Stream 2 et le partenariat qu'il représente sont un signe d'avertissement indiquant que la guerre « secrète » de l'Allemagne deviendra bientôt évidente. Pour voir comment le gazoduc le plus controversé de l'Europe s'inscrit dans cette prophétie, lisez notre article La guerre secrète de l’Allemagne et la Russie contre l’Amérique par Gerald Flurry.

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