
Le Liban fera-t-il la paix avec les Juifs ?
Israël est entré dans sa deuxième année de guerre et la situation est plus chaotique que jamais. Les Forces de défense israéliennes (FDI) sont de nouveau dans la bande de Gaza pour combattre le Hamas. Les États-Unis intensifient leurs frappes contre les Houthis du Yémen. L'Iran n'a jamais été aussi proche de la mise au point d'une bombe nucléaire. Israël est désormais voisin d'un pays dirigé par une branche djihadiste d'Al-Qaïda : la Syrie. Les divisions internes contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou menacent de déchirer le pays.
Puis il y a le Hezbollah. Le groupe terroriste libanais, considéré jusqu'à récemment par beaucoup comme l'organisation militaire non étatique la plus dangereuse au monde, est toujours présent à Beyrouth. Il exerce toujours une influence sur la société libanaise et souhaite toujours imposer au Liban une révolution islamique chiite de type iranien. Son but est toujours d'effacer Israël de la carte. Mais depuis qu'Israël a envahi le Liban à la fin de l'année dernière, le Hezbollah a été largement neutralisé en tant que menace immédiate. Cet affaiblissement a permis aux factions anti-Hezbollah de prendre le contrôle du gouvernement libanais pour la première fois depuis des années.
Le Liban est un pays compliqué. Il représente toujours une menace pour Israël, bien que cette menace ait diminué. Pourtant, cela pourrait aussi offrir une opportunité de paix. Mais est-ce trop beau pour être vrai ?
La idf est entrée sur le territoire libanais, a combattu le Hezbollah, a largué des bombes de destruction de bunkers sur Beyrouth et a tué Hassan Nasrallah. Le monde a appréhendé la manière dont le Hezbollah, qui est bien plus puissant que le Hamas, allait riposter. Au lieu de cela, les Israéliens sont entrés sur le territoire libanais pour négocier la paix.
Jusqu'à présent, il n'a été question que de discussions. Mais compte tenu du sujet, cette étape préliminaire est monumentale. Le 11 mars, les Nations Unies ont facilité une réunion entre Israël et le Liban dans la ville libanaise de Naqoura, au sud du pays. Le bureau du Premier ministre israélien a confirmé que les parties « avaient convenu de former trois groupes de travail conjoints », qui vont tenir, entre autres, « des discussions sur la ligne bleue et des points encore en litige ». La ligne lleue est la ligne de cessez-le-feu de l'année 2000 qui fait actuellement office de frontière de facto.
Ainsi, les responsables israéliens et libanais tentent de régler la question de la frontière et de négocier un accord de paix. Une source a déclaré à la chaîne de télévision israélienne N12 : « La politique du Premier ministre Benjamin Netanyahou a déjà changé le Moyen-Orient, et nous voulons continuer cette dynamique et parvenir à une normalisation avec le Liban. » Un autre responsable a déclaré au Times of Israel : « L'objectif est d'atteindre la normalisation. »
Dans une interview accordée à Tucker Carlson le 21 mars, l'envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff, a confirmé à quel point l'objectif est ambitieux : « Je pense que le Liban pourrait se normaliser avec Israël, au sens littéral, ce qui signifie un traité de paix entre les deux pays. C'est vraiment possible. »
Israël a mené des guerres contre des groupes terroristes au Liban depuis les années 1970. Son retrait vers la ligne bleue en 2000 est intervenu après son occupation militaire de 18 ans de certaines parties du pays. Ses récents assassinats, frappes aériennes et incursions terrestres contre le Hezbollah sont encore frais dans nos esprits. Pour de nombreux Libanais, tout ce qu'ils ont toujours su des Israéliens, c'est qu'ils sont l'ennemi.
Le Liban et Israël ont convenu d'une frontière maritime négociée par les États-Unis sous la direction de Joe Biden en 2022. Cela a été considéré comme un triomphe diplomatique. Un traité de paix et une normalisation complète seraient exceptionnels. Si cela se produit, il pourrait s'agir du plus grand changement géopolitique pour Israël depuis son accord de paix avec l'Égypte en 1978.
Victoire dans la guerre et la paix ?
La guerre menée par Israël contre le Hezbollah l'année dernière a été en grande partie couronnée de succès et a largement facilité les pourparlers de paix actuels. En deux mois, les troupes israéliennes ont neutralisé la plupart des 150 000 missiles et roquettes à guidage précis que le Hezbollah avait amassés, démantelé son infrastructure militaire, tué la plupart des dirigeants de sa force d'élite Radwan, et bombardé son chef de longue date, Nasrallah, le même jour où Netanyahou déclarait aux Nations Unies : « nous ne permettrons pas à l'Iran de resserrer l'étau du terrorisme autour de notre cou. »
Dans un discours prononcé le 26 novembre 2024 à propos de la guerre, Netanyahou a déclaré qu'après un an de conflit avec Israël, « ce n'est pas le même Hezbollah. Nous les avons repoussés des décennies en arrière. »
La régression du Hezbollah a permis au gouvernement civil libanais de reprendre le contrôle. La présidence du Liban était vacante depuis 2022 en raison de l'ingérence du Hezbollah. Mais en janvier, le parlement libanais a élu le général Joseph Aoun à la présidence, malgré l'opposition du Hezbollah. De toutes les déclarations faites par Aoun lors de son premier discours devant la législature, celle qui a reçu l'ovation la plus longue a été son affirmation qu'il désarmerait le Hezbollah.
L'establishment politique libanais est manifestement fatigué du leadership du Hezbollah. Il s'est opposé à Israël, mais il est aussi apparemment fatigué de le combattre. Lorsque les forces israéliennes ont directement violé la souveraineté du Liban en l'envahissant l'année dernière, l'armée libanaise n'a pas seulement refusé de soutenir le Hezbollah, elle n'a même pas combattu les Israéliens.
Un signe révélateur que le Liban est prêt à négocier est que les médias israéliens peuvent faire état de pourparlers de normalisation sans susciter de protestations massives de la part du peuple libanais et sans que le gouvernement libanais n'apporte de démenti.
Un sondage effectué à la fin de l'année dernière par l'Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient a révélé qu'une majorité des Libanais interrogés étaient d'accord pour dire que « la réforme interne politique et économique est plus importante pour notre pays que toute autre question de politique étrangère, et qu'il faut donc rester à l'écart des guerres étrangères ». Une majorité des chrétiens et des musulmans sunnites interrogés ont également approuvé « les négociations politiques pour un accord palestino-israélien », ce qui implique que, dans certaines circonstances, ils souhaitent que leur gouvernement reconnaisse le droit d'Israël à exister.
La paix de Donald Trump
Cette initiative de paix n'a été lancée ni en Israël ni au Liban. Selon Axios, c'est l'administration du président américain Donald Trump qui a incité les deux parties à se rapprocher.
« Les groupes de travail seront dirigés par des diplomates des États-Unis, d'Israël et du Liban », a déclaré un responsable de la Maison Blanche à Axios. « Nous espérons que ces négociations commenceront dès le mois prochain » (11 mars).
En 2020, la première administration du président Trump a négocié des accords entre Israël et quatre états arabes — les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc, dans cet ordre — qui ont tous accepté de reconnaître le droit d'Israël à exister. Même si les accords d'Abraham ont été célébrés, un accord avec le Liban les surpasserait de loin. Les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Maroc ont entretenu des relations indirectes avec Israël pendant des décennies. Le Soudan était un ennemi, mais il n'a jamais représenté une menace existentielle. Le Liban, en revanche, se trouve juste de l'autre côté de la frontière et constitue une menace imminente depuis des décennies.
« Il veut que les accords de paix d'Abraham soient élargis », a déclaré Witkoff à Carlson, « et nous sommes en train de le faire. Nous pensons que nous allons annoncer l'adhésion de plusieurs nouveaux pays. »
Le monde va-t-il assister à un accord israélo-libanais dans le style des accords de Camp David ? Israël est-il sur le point de transformer un ennemi juré en allié ?
Signaux d'alerte
Le sondage du Washington Institute for Near East Policy (Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient) a également révélé que 79 pour cent des Libanais avaient une opinion positive du Hamas, y compris une majorité des Chrétiens interrogés. La quasi-totalité des personnes interrogées, soit 99 pour cent, ont déclaré que le monde arabe devrait « rompre immédiatement tout contact avec Israël pour protester contre son action militaire à Gaza ».
Le Hezbollah, bien que battu, reste une menace pour Israël et pour la politique intérieure du Liban. Il bénéficie toujours d'un soutien important de la part de la population musulmane chiite du Liban, sans parler du régime iranien qui est résilient.
Même si une masse critique de dirigeants libanais veut la paix aujourd'hui, Israël peut-il faire confiance au Liban pour vouloir encore la paix demain ?
Après que le président Trump a négocié les accords d'Abraham au cours de son premier mandat, le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, a écrit dans notre numéro de janvier 2021 de la Trompette : « Nous voulons tous la paix. Mais malheureusement, ces récents accords de paix présentent une faille mortelle.
« La prophétie biblique nous permet de mieux comprendre ces accords. Elle prédit en fait que les Arabes modérés s'uniront, un peu comme nous le voyons actuellement. Mais il est prophétisé qu'ils ne coopéreront pas avec les États-Unis ou Israël !
« Une prophétie du Psaume 83 révèle une réalité cachée derrière ces accords de paix. Nous en sommes déjà aux premières étapes de son accomplissement. »
La réalité cachée
Le Psaume 83 prévoit une coalition de peuples du Moyen-Orient : « Ils se concertent tous d'un même cœur, ils font une alliance contre toi ; les tentes d'Édom et les Ismaélites, Moab et les Hagaréniens, Guebal, Ammon, Amalek, les Philistins avec les habitants de Tyr ; l'Assyrie aussi se joint à eux [...] » (Psaume 83 : 6-9 dans Louis Segond).
La prophétie indique que ces groupes s'allient pour « qu'on ne se souvienne plus du nom d'Israël ! » (verset 5 dans la Bible Louis Segond). Ces peuples forment une coalition à cet effet : « Ils trament avec astuce des complots » (verset 3 Darby française). La Concordance de Strong définit le mot « complots » comme suit : « groupe de personnes (en pleine délibération) ; par implication, l'intimité, la consultation, un secret ». Cela implique des conversations confidentielles inconnues du monde extérieur.
Ni l'histoire biblique ni l'histoire séculaire ne font état de l'existence d'une telle alliance. C'est pourquoi M. Flurry déclare que le Psaume 83 est une prophétie pour notre époque. Il explique dans sa brochure Le Roi du sud : « Il est nécessaire de connaître l’identité des descendants modernes de ces peuples afin de comprendre à quel point cette prophétie est opportune et pertinente. » Ces personnes comprennent l'Arabie saoudite (les Ismaélites), la Jordanie (Moab et Ammon), la Syrie (les Hagaréniens) et les Palestiniens arabes modernes (les Philistins). Assur était la capitale de l'Assyrie qui, dans la prophétie biblique, se réfère à l'Allemagne moderne. « L’Allemagne fait partie de cette alliance et est, en réalité, la puissance qui la sous-tend ! », écrit M. Flurry.
Ce passage mentionne également Guebal et Tyr. Tyr, située aujourd'hui au sud du Liban, a été détruite, mais une ville reconstruite portant ce nom se trouve à proximité. C'est un bastion du Hezbollah chiite. Guebal (Byblos) est une ville à majorité chrétienne située au nord. Cette prophétie implique donc que l'ensemble du Liban, et pas seulement les groupes du Hezbollah près de la frontière israélienne, fera partie du complot visant à effacer le nom d'Israël de la mémoire historique !
« Bien qu'il semble que ces nations s'éloignent du radicalisme et de la violence », a écrit M. Flurry dans son article de 2021, « nous devons regarder ce qui se passe en dessous de la surface. Après tout, cette prophétie révèle qu'elles utiliseront d'« astucieux complots », c'est-à-dire qu'elles agiront par des moyens subtils et habiles. Cette prophétie sûre montre que ces nations s'allieront pour tenter d'effacer à jamais le nom d'Israël ! C'est de la haine intense ! »
M. Flurry a écrit cela concernant les Émirats arabes unis et le Bahreïn, des États du Golfe qui n'ont jamais été en guerre contre Israël. Le Liban, en revanche, a une longue histoire de guerre avec Israël. Il s'agit d'une menace pour la sécurité directement à la frontière d'Israël.
Même si les deux pays parviennent à un accord, le Liban ne restera pas un ami d'Israël. Les Libanais contribueront à la pire attaque de l'histoire d'Israël ! En s'engageant dans cette voie, Israël et les États-Unis tombent dans un piège qu'ils ont eux-mêmes créé.
Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y a pas de raisons d'espérer. Le verset 18 montre que Dieu organise ces événements dans un but grandiose : « Qu'ils sachent que toi seul, dont le nom est l'Éternel, tu es le Très-Haut sur toute la terre ! » C'est le but ultime et l'accomplissement de toute prophétie de Dieu. Dieu laisse les circonstances se dérouler pour enseigner au monde entier qui Il est. Cela inclut les pays comme l'État d'Israël qui ont une longue histoire avec Lui.
Jusqu'à ce que cela se produise, Israël et toutes les nations ont de dures leçons à apprendre. Mais une fois qu'elles auront été apprises, Dieu promet la paix à Israël, au Liban et à toute l'humanité. Cette paix, à la différence des accords signés par les hommes aujourd'hui, durera pour toujours.