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Mark Wilson/Getty Images

Le magicien se retire

Le président sortant de la Federal Reserve Bank a eu des éloges dans de nombreux cercles. Mais il laisse une économie au bord du précipice.

Le Sénateur républicain John McCain a dit que si Alan Greenspan venait à mourir, il «l’étaierait et lui mettrait une paire de lunettes noires.»

Quand en janvier M. Greenspan a pris sa retraite de président de la Réserve fédérale, le Président George W. Bush a nommé en remplacement, Ben Bernanke; ce dernier aura de grandes chaussures à remplir, c’est le moins que l’on puisse dire.

Au cours de son mandat de 18 ans, M. Greenspan a eu beaucoup de succès. En termes de gestion de crise, de la plus basse inflation à la stabilité économique, il semble digne du plus haut respect.

M. Greenspan a pris son poste juste deux mois avant le lundi noir, le 19 octobre 1987—les marchés boursiers du jour s’étaient effondrés, et le Dow Jones avait perdu plus de 20 pour cent de sa valeur. C’était la plus grande faillite depuis la grande dépression. Ce même jour fatidique, deux événements principaux sont arrivés. D’abord, M. Greenspan définissait la politique de la Federal Reserve Bank (Fed) à l’égard «de la crise de la bulle», et, deuxièmement, il gagnait la confiance des marchés en faisant cela.

Ce jour-là, M. Greenspan a révélé sa future politique économique consistant à laisser éclater les bulles d’elles-mêmes, et ensuite à agir rapidement pour éliminer le désordre plus tard. En substance, il annonçait le nouveau rôle de la Fed comme «prêteur en dernier recours» du système financier, disant que la Fed se tenait prête à fournir autant de liquidité (d’argent) que nécessaire aux marchés pour rétablir la confiance et protéger l’économie et le système bancaire. D’un seul coup, il a mis le contribuable américain «à l’hameçon» pour lutter contre toutes les baisses du marché.

Les marchés ont réagi positivement à l’intervention de M. Greenspan: les actions se sont bientôt remises, l’économie s’est reprise, et M. Greenspan gagna la confiance de Wall Street.

A. Greenspan a présidé à de nombreuses crises. En 1990, l’Amérique est partie en guerre en Irak, et les banques américaines commencèrent à faire faillite par milliers. En 1997-98 est venue la fusion de la monnaie asiatique, qui avait sa genèse dans la faillite du peso mexicain en 1994, suivi plus tard par la défaillance russe et l’hyper-inflation de la monnaie argentine, en 2002. En 1997, M. Greenspan organisa le renflouement du fonds de placement du Long Term Capital Management (Gestion à long terme du capital) de façon à empêcher que la stabilité du marché entier ne soit compromise. Après cela, c’est produit la faillite des noms de domaine «point com», et les attaques terroristes de 2001, suivies par Enron et plusieurs autres scandales d’entreprises.

Plus récemment, nous avons été témoins de l’Ouragan Katrina qui a détruit la Nouvelle Orléans—le complexe du principal port de l’Amérique—et de la guerre en cours en Irak.

Au crédit de M. Greenspan, dans toutes ces crises, il a encore réalisé deux des expansions économiques les plus longues dans l’histoire américaine.

Cependant, l’économie américaine n’est pas aussi saine que les supporters de A. Greenspan le croient. «La politique d’argent facile» de M. Greenspan consistant à réduire les taux d’intérêts, et par ce moyen fabriquer du crédit massif disponible pour les marchés chaque fois qu’il y a un ralentissement économique, a été une cause principale de l’érosion de la force financière de l’Amérique (le Financial Times du 26 août 2005).

Cette politique de l’argent facile peut aider à court terme mais, comme le commentateur en économie Peter Eavis le dit, cela fait beaucoup plus de mal à long terme, en «empêchant la nécessaire restructuration de l’économie, en faisant baisser l’épargne, en interdisant les dépenses futures et en mettant en danger à long terme la santé du système bancaire» (TheStreet.com, du 12 février 2004).

La politique de M. Greenspan a eu aussi d’autres effets secondaires.

Une des conséquences, pas si évidentes, mais extrêmement négatives, de la politique économique de M. Greenspan a été l’érosion continuelle de la valeur du dollar. Son principe directeur qui est de gérer une inflation basse, pas une inflation zéro, est un facteur qui a mené à la perte colossale du pouvoir d’achat du dollar. Selon Barron’s, «les dégâts occasionnés au pouvoir d’achat du dollar …  sont venus non de l’attaque d’une inflation historiquement élevée durant les années 1970 mais du goutte à goutte continu consistant à permettre un peu d’inflation chaque année» (24 octobre 2005).

Ce qui a exacerbé le problème du dollar faible, c’est l’augmentation massive de 334 pour cent de la provision d’argent qui s’est produite au cours des 18 années de M. Greenspan. Comme la provision de dollars a augmenté au-delà de la demande, sa valeur est tombée.

Il y a trois autres problèmes principaux, avec l’économie, que Ben Bernanke aura à affronter.

D’abord, la dette fédérale du gouvernement est montée en flèche. En octobre dernier il a atteint un record de 8 trillions de dollars, plus du triple des 2,3 trillions de dollars que les États-Unis devaient en août 1987. Depuis juin 2002 seulement, la dette nationale a augmenté d’un tiers.

Effroyablement, le pourcentage des valeurs américaines du Trésor, appartenant maintenant aux étrangers, a aussi augmenté de 17 à 50 pour cent depuis 1987.

Deuxièmement, les Américains n’économisent plus d’argent. Quand M. Greenspan est entré en fonction, le taux de l’épargne personnelle était comparativement sain à 7,5 pour cent. De juin à septembre, le taux de l’épargne personnelle était en réalité négatif.

Pendant quatre mois, les Américains ont dépensé plus qu’ils n’ont gagné en empruntant sur des cartes de crédit ou en capitaux propres, vendant des investissements (des actions, des obligations et d’autres actifs), ou en utilisant les économies des mois précédents. Un manque d’économies n’est pas de bon augure pour la croissance économique future, puisque les économies alimentent l’investissement et une croissance nationale subséquente.

Troisièmement, la politique de l’argent facile a aidé à créer des bulles multiples et une économie de plus en plus dépendante de valeurs d’actif naissantes pour financer les dépenses. Au cours des années 1990, les gens ont compté sur l’engouement pour les valeurs technologiques pour financer leur retraite. Aujourd’hui, c’est le refinancement et le boom des capitaux du crédit personnel qui gonfle la bulle.

Actuellement les marchés croient que l’économie est aussi saine que le dit M. Greenspan. A. Greenspan a la confiance des marchés. Mais la question est: B. Bernanke aura-t-il autant de succès?

Ben Bernanke va probablement suivre les traces de M. Greenspan, portant peut-être la politique de A. Greenspan encore plus loin. Il a aussi récemment nié l’existence d’une bulle du logement, et est aussi en faveur de méthodes peu conventionnelles de manipulation monétaire.

Individuellement, tous les problèmes mentionnés ci-dessus peuvent être gérables. Pris ensemble, ils posent une menace mortelle à la santé de la nation.

Comme Peter Schiff, de Euro Pacific Capital le dit: «Jamais un changement de la surveillance monétaire n’a pris place alors que l’économie américaine est en position aussi précaire» (27 octobre 2005).

La prophétie biblique montre que les catastrophes naturelles, les attaques terroristes et la violence dans les villes affaibliront davantage les États-Unis. À la façon dont ils agissent, les valeurs d’actif s’effondreront et les montagnes de dettes qu’ils soutiennent enterreront la nation.

La politique de la Federal Reserve mise en œuvre dans les deux dernières décennies a seulement hâté l’Harmaguédon économique qui fait face à une nation impénitente. 

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