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Getty Images

Le printemps arabe conduit-il à la chute d’Israël ?

Le prétendu printemps arabe a fait ses premières victimes israéliennes, le 18 août dernier. Un «groupe de terroristes» a coordonné des attaques sur deux bus et deux voitures, aussi bien que sur des troupes israéliennes, tuant huit personnes et en blessant 40. Alors qu’Israël essayait de s’occuper de bases terroristes dans la Bande de Gaza, des islamistes ont tiré plus de 100 roquettes, tuant 15 personnes et en blessant presque 70.

Ce n’est que le début. Les attaques ont fait de l’Égypte un plus grand soutien pour le Hamas. En attendant, en réponse au printemps arabe, l’Iran et ses mandataires terroristes poussent à la guerre avec Israël pour permettre à des hommes comme le président syrien Bashar Assad de souffler un peu.

Israël fait face à une guerre sur trois fronts. Sa position ne fera qu’empirer à mesure que l’Égypte glissera vers l’islam radical et l’Iran. Le printemps arabe est déjà un désastre pour Israël.

Un « chargeur automatique de jeu » en Égypte

L’attaque terroriste du 18 août n’aurait pas eu lieu avec Hosni Moubarak dirigeant l’Égypte. Des responsables israéliens disent qu’un groupe de Palestiniens lourdement armé a traversé le Sinaï en provenance de la Bande de Gaza, un mois auparavant, où il a été rejoint par d’autres militants. Ils ont alors traversé le désert pour entrer en Israël et attaquer.

H. Moubarak a pris des mesures autoritaires vis-à-vis des terroristes dans le Sinaï, et bien qu’il n’ait pas arrêté l’écoulement d’armes dans le Sinaï, il a vraiment fermé la frontière officielle et limité le flot sortant de terroristes.

Maintenant, c’est l’anarchie.

Des islamistes ont attaqué le gazoduc allant de l’Égypte à Israël cinq fois, entre février et juillet de cette année. Ils ont incendié des commissariats de police, et même le quartier général de la Sécurité d’État de l’Égypte, à Rafah. Le nombre de roquettes tirées dans la Bande de Gaza a doublé passant de 5 000 à 10 000 depuis la fin de l’année dernière.

Même avant les attaques du 18 août, Israël était très impopulaire auprès des Égyptiens. Maintenant, la tension est encore pire.

Alors que Israël poursuivait les attaquants, des policiers égyptiens ont été tués lors de tirs croisés. Cela a alimenté l’animosité de l’Égypte envers Israël. «Ce qui a été toléré dans la pré-révolution de l’Égypte ne le sera pas dans la post-révolution de l’Égypte», a écrit le Premier ministre égyptien Essam Sharaf.

Un groupe de politiciens égyptiens, y compris plusieurs candidats au poste de président de l’Égypte et l’ancien dirigeant de la Ligue des pays arabes, Amr Moussa, a publié une déclaration dans des journaux locaux avertissant que H. Moubarak était «un avantage stratégique pour Israël» mais, maintenant, l’Égypte est gouvernée «par une volonté populaire forte qui ne connaît pas la faiblesse ou la complicité, et entend appliquer un châtiment pour le sang des martyrs».

Au moment où cet article est écrit, l’Égypte n’a pas achevé l’autopsie des policiers tués, mais n’attendez pas que les dirigeants égyptiens appellent au châtiment s’il s’avère qu’ils ont été tués par les terroristes.

Les meurtres ont provoqué des protestations contre l’Ambassade israélienne en Égypte. Un homme a escaladé le bâtiment et a remplacé le drapeau israélien par un drapeau égyptien. Il a été applaudi à travers l’Égypte, et sur Facebook et Twitter.

Face aux menaces égyptiennes de rappeler l’ambassadeur d’Égypte, Israël a fait des excuses pour les morts. Le cabinet égyptien a refusé d’accepter les excuses, disant qu’elles n’étaient pas «conformes à l’ampleur de l’incident et à la colère des Égyptiens vis-à-vis des actions israéliennes».

Les Égyptiens sont depuis longtemps anti-israéliens et antisémites, mais comme JKC de Courcy, d’Intelligence Research, l’a fait remarquer, «le chargeur automatique de jeu», c’est que maintenant, «l’Égypte doit tenir compte de l’opinion populaire d’une façon que le régime de H. Moubarak ne le faisait pas». Il continue: «Même sous le Conseil militaire suprême de transition ce facteur a un impact sur la politique égyptienne, et ce sera encore plus le cas une fois que les élections auront été tenues» (24 août).

Une motivation pour la guerre

Cet incident est exploité par le Hamas et leurs cousins égyptiens, les Frères musulmans. «Il y a des preuves que le Hamas et les Frères musulmans travaillent ensemble pour focaliser à nouveau l’énergie du printemps arabe sur Israël et la question palestinienne, et éloigner des questions purement intérieures qui étaient l’inspiration initiale», écrit JKC de Courcy.

George Friedman, de Stratfor, avertit que ce sentiment pro-palestinien «est une force d’unification singulière qui pourrait suffire pour casser la puissance de l’armée, ou tout au moins forcer l’armée à changer sa politique israélienne» (22 août).

La stratégie du Hamas, c’est attaquer Israël par des organisations de façade—des groupes terroristes qu’il soutient ou contrôle, mais sur lesquels il nie avoir quelque pouvoir. Cela signifie que si Israël bombarde la Bande de Gaza, le Hamas peut nier avoir provoqué le conflit, et jouer les victimes. Malheureusement, l’histoire montre qu’une grande partie du monde le croit.

«Je trouve difficile de croire que le Hamas, avec un service secret excellent à l’intérieur de la Bande de Gaza et au sein des groupes islamistes dans le Sinaï, n’aurait pas au moins connu les grandes intentions de ces groupes et n’aurait pas été en mesure de les arrêter», a écrit Friedman. «Tout comme le Fatah a créé Septembre noir, dans les années 1970, un groupe qui a apparu séparé de Fatah, mais qui en faisait secrètement partie, la stratégie consistant à créer de nouvelles organisations qui prennent le blâme en cas de conflit est une vieille tactique tant pour les Palestiniens que pour le monde entier» (ibid.).

Le Hamas a beaucoup à gagner en provoquant la guerre. Il serait presque impossible pour le gouvernement de l’Égypte de rester en paix avec Israël tandis que l’opinion populaire soutiendrait à une très grande majorité l’«innocent» Hamas alors qu’il serait bombardé dans la Bande de Gaza. Il permettrait sûrement plutôt que de l’aide de tout type s’écoule dans la Bande de Gaza pour aider le Hamas à affronter les Israéliens.

Une telle guerre mettrait le Fatah dans la situation difficile, en Cisjordanie, de rester à ne rien faire. Là, l’opinion populaire réclamerait à cor et à cri une intifada, qui pourrait pousser le Fatah au côté du Hamas. Entretemps, Israël serait condamné par le monde pour avoir essayé de se défendre.

Cependant, il n’y a pas que le Hamas à être motivé pour attaquer Israël.

Israël encerclé

Partout où il y a un conflit au Moyen-Orient, il semble que l’Iran soit presque toujours impliqué.

Le Washington Times a écrit le 24 août: «Le dirigeant suprême de l’Iran, l’Ayatollah Khamenei, a ordonné aux Gardiens de la révolution d’entraîner Israël dans une autre guerre au Moyen-Orient par l’intermédiaire de leurs mandataires—le Jihad islamique, le Hamas et le Hezbollah—dans un effort pour sauvegarder le régime brutal de Bashar Assad en Syrie, rapportent des sources».

Les ennuis de Bashar Assad donnent au Hezbollah une forte motivation pour attaquer Israël. La popularité du groupe terroriste a souffert alors qu’il soutenait Bashar Assad. Mais s’il faut ôter l’intérêt sur le dirigeant de la Syrie en attaquant Israël, il pourra se dépeindre, de nouveau, comme le héros du monde arabe. Et il pourra dépeindre les ennemis de Bashar Assad comme des agents d’Israël. Même si Bashar Assad tombe, le Hezbollah paraîtrait beaucoup plus fort que s’il était lancé dans une guerre contre les Juifs. «Cela aiderait le Hezbollah à se créer une base morale indépendante de la Syrie», explique Friedman.

Israël a donc des ennemis au nord et au sud avec de fortes motivations pour commencer une guerre. Le Fatah, à l’est, subirait de fortes pressions pour les rejoindre.

Israël fait face à la forte perspective d’une guerre sur trois fronts. Ses dirigeants semblent conscients du danger. Ils ont déjà annoncé qu’ils rappelleront leurs réservistes en septembre. Mais même s’il survit à la tempête, il est dans une rude position. L’Égypte glisse toujours inexorablement vers le Hamas et l’Iran. Elle a perdu le contrôle du Sinaï. Israël a permis à mille troupes égyptiennes supplémentaires d’entrer dans le Sinaï pour essayer de le ramener sous contrôle—mais quand l’Égypte s’alignera avec l’Iran, ces troupes deviendront des ennemies.

La prophétie avertit que Jérusalem-est tombera bientôt entre les mains des forces islamistes radicales. Le printemps arabe dresse la scène pour cela, rendant les radicaux assez puissants pour se heurter à Israël.

Combien de temps Israël pourra-t-il survivre quand on le menacera sur trois fronts?