Recevez des analyses, des commentaires et des nouvelles importantes directement par e-mail.

Les grossièretés politiques sont-elles typiquement américaines ?

Emma McKoy/la trompette

Les grossièretés politiques sont-elles typiquement américaines ?

Un sénateur américain a passé une partie d'une audience au Congrès cette semaine à fustiger le Dr Anthony Fauci, et Fauci méritait tout cet examen minutieux. Mais à mi-parcours, le sénateur a laissé échapper des propos grossiers, officiellement enregistrés, lors d'une audition officielle.

Il ne s'agissait pas d'un simple lapsus isolé. Le président Trump, par exemple, a lancé des tirades truffées de grossièretés décrivant ce qu'il prévoit de faire à l'Iran et à Fauci.

« Le langage grossier en politique connaît un moment de gloire », écrivait Axios. Lorsque même Axios se sent obligé d'écrire à ce sujet, quelque chose a changé.

Les politiciens abandonnent de plus en plus le langage convenu et jurent publiquement, le langage grossier devenant un outil politique plus courant. […] Ce changement suggère que les politiciens utilisent intentionnellement les grossièretés pour projeter une image d'authenticité, signaler la confrontation et prendre leurs distances avec les normes traditionnelles de Washington.

Ils avaient les preuves pour l'étayer : 

  • Selon les données de l'Université de Cardiff, les présidents et les candidats à la présidence sont connus pour avoir utilisé des jurons au moins 692 fois depuis 1919.  

  • 605 de ces occurrences se situent au cours des 10 dernières années.  

  • Donald Trump et Joe Biden représentent 78 pour cent de tous les propos grossiers enregistrés de la part de présidents.  

Les jurons sont désormais un outil de marque. Si l'on jure lors d'une audition, le clip devient viral. Plus l'explosion est grossière, plus elle se propage. Des études montrent que les électeurs trouvent les jurons plus informels, ce qui donne aux candidats une apparence plus « authentique », « ordinaire » et « proche », c'est-à-dire plus semblable à eux.

Il y a deux cent cinquante ans ce lundi, le 3 août 1776, le premier commandant en chef des États-Unis a donné un ordre général à son armée. Lisez-le et demandez-vous s'il est plus vertueux de parler comme le président actuel ou comme le premier président.

Le général regrette d'être informé que la pratique stupide et méchante de proférer des jurons profanes […] devient à la mode. Il espère que les officiers, par l'exemple autant que par l'influence, s'efforceront d'y mettre un frein […] car nous pouvons peu espérer de la bénédiction des cieux sur nos armes si nous les insultons par notre impiété et notre folie. […] C'est un vice si vil et si bas, sans aucune tentation, que tout homme de bon sens et de caractère le déteste et le méprise. 
—Général George Washington 

George Washington établissait un lien direct entre les jurons et les propos obscènes et la question de savoir si son armée bénéficierait de la bénédiction de Dieu.  

Si nous insultons les cieux de notre propre bouche, pourquoi Dieu bénirait-Il nos efforts ? 

Cela dépasse la simple question des bonnes manières. Plus importants encore que ce sentiment exprimé par l'un des Pères fondateurs des États-Unis, les commandements de la Bible relient notre communication à notre position personnelle et nationale devant Dieu.

Écoutez la parole de l'Éternel, enfants d'Israël ! Car l'Éternel a un procès avec les habitants du pays, parce qu'il n'y a point de vérité, point de miséricorde, point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n'y a que parjures et mensonges, assassinats, vols et adultères ; on use de violence, on commet meurtre sur meurtre.
 —Osée 4 : 1-2

Remarquez le premier péché sur cette liste : les parjures.  Il n'est pas mentionné comme un ajout après coup : c'est le premier symptôme nommé d'une nation sans vérité, sans miséricorde et sans connaissance de Dieu. 

La bénédiction que le premier président des États-Unis craignait de perdre n'a jamais été acquise d'avance. C'est quelque chose que les gens choisissent maintenant de perdre en péchant.