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Les obligations vertes : le nouvel «étalon or» des investissements fiables ?

Pashaignatov/iStock

Les obligations vertes : le nouvel «étalon or» des investissements fiables ?

Le mouvement pour le changement climatique fortifie le ‘rôle international de l’euro’.

Avec la forte augmentation de l’activisme pour le climat et la peur d’une apocalypse, les investissements verts ont gagné en popularité et avec eux, les soi-disant « obligations vertes ». La récente pandémie du COVID-19 a donné encore plus d’élan au mouvement. Les pays du monde entier se sont engagés à relancer leur économie tout en investissant dans un avenir respectueux du climat. Les obligations vertes sont conçues pour contribuer à cet objectif, tout en augmentant l’attrait pour l’euro.

Les obligations vertes sont des instruments de dette utilisés par les entreprises, les gouvernements et les institutions financières pour financer des technologies plus économes en énergies, réduire les émissions de carbone, et promouvoir les activités économiques durables. Alors que les autres obligations pourraient être utilisées dans le même but, les obligations vertes offrent quelques incitations supplémentaires aux investisseurs, telles que des exemptions fiscales et des crédits d’impôt.

Le marché pour les obligations vertes a connu une croissance rapide au fil des ans. En 2019, 205 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émis dans le monde entier, soit 20 fois plus qu’en 2014 (9 milliards de dollars), selon les calculs faits par la Banque centrale européenne. Un rapport de la Climate Bond Initiative [Initiative pour des obligations climatiques] a souligné que le plus grand marché international d’obligations vertes était l’Union européenne. L’Initiative pour des obligations climatiques prévoit que les émissions annuelles d’obligations vertes et d’emprunts, en 2020, seront de 350 à 400 milliards de dollars.

« Demandez à tout gestionnaire de fortunes privées quel est l’investissement le plus sûr, et il vous dira invariablement un investissement à long terme dans une obligation du Trésor américain », a souligné Berkeley Economic Review. « Considéré comme “l’étalon or” des investissements fiables, les bons du Trésor américain constituent une part cruciale de la plupart des portefeuilles équilibrés en tant que section dominante de la catégorie des valeurs mobilières. Récemment, tant au niveau national qu’international, un nouveau type d’obligations d’État de ce genre, fait l’objet de discussion au sein des assemblées législatives et des banques nationales : les obligations vertes. »

Jusqu’à maintenant, les obligations vertes ne constituent qu’une petite partie du marché mondial des obligations. Les émissions mondiales d’obligations vertes ne représentaient que 0,2% du total des émissions d’obligations en 2014, et ont augmenté pour atteindre 2,9% du total des émissions, en 2019.

Mais la plupart de ces obligations sont émises en euros.

L’un des principaux obstacles auxquels sont confrontées les obligations vertes est de définir les projets qui peuvent être considérés comme verts. L’UE tente d’accroître la crédibilité des obligations en créant des normes universelles en matière d’obligations vertes. Bruxelles, qui fixe une grande partie de la réglementation mondiale, pourrait également bientôt définir le marché des obligations vertes.

Une fois que les normes seront définies, les obligations vertes pourraient recevoir un regain de popularité supplémentaire. L’UE a souligné dans un communiqué de presse du 12 juin :

Les obligations vertes sont devenues de plus en plus populaires alors que les investisseurs cherchent des moyens pour financer la transition vers une économie écologiquement durable. À ce titre, elles contribueront à la réalisation des objectifs du Pacte vert européen. Les obligations vertes vont jouer un rôle encore plus important en libérant le potentiel du secteur privé pour lutter contre les changements climatiques et encourager une reprise économique durable après la pandémie.

Compte tenu de la poussée mondiale en faveur d’un avenir écologique favorable au climat, et des besoins accrus pour des investisseurs après la pandémie de COVID-19, on peut s’attendre à ce que les obligations vertes prennent de l’importance.

Le Plan d’investissement du Pacte vert européen vise à attirer au moins 1 mille milliards d’euros (1,1 trillion de dollars US) en valeur d’investissement public et privé durant la prochaine décennie.

Les obligations vertes et l’euro

À la fin de 2019, les obligations vertes constituaient 9% des obligations libellées en euros, 2,1% en dollars US, et environ 2,5% des obligations libellées en d’autres devises. L’UE est un grand partisan des obligations vertes. Pourtant, il ne s’agit pas uniquement de sauver l’environnement.

« Les obligations vertes libellées en euros sont... fortes parmi les résidents hors de la zone euro, avec des émetteurs hors zone euro représentant près de 30% du total des émissions d’obligations vertes libellées en 2019, ce qui suggère que l’euro est également attrayant pour les sociétés émettrices étrangères », a rapporté la Banque centrale européenne (BCE) dans sa revue annuelle sur le rôle international de l’euro.

En 2019, 45,4% des émissions mondiales d’obligations vertes étaient libellées en euros. « Étant donné que l’euro est déjà la monnaie principale dans laquelle les émissions d’obligations vertes sont libellées, la consolidation du rôle de l’UE, en tant que plaque tournante mondiale de la finance verte, pourrait renforcer l’euro en tant que monnaie de choix pour les produits financiers durables et soutenant ainsi son rôle international », a souligné la BCE.

À côté du dollar, l’euro est la seconde monnaie de réserve la plus couramment utilisée. Cependant, l’écart entre les deux est large. Le dollar US comptait pour 61% comme monnaie d’échange officiel en 2019, et l’euro pour seulement 21%. La crise de la zone euro a nui largement à la fiabilité de l’euro et a stoppé son objectif visant à remplacer le dollar comme monnaie de réserve numéro un dans le monde.

Cependant, les choses pourraient changer rapidement en temps de crise.

L’effet coronavirus

À la fin d’avril, plus de 50 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émis, selon l’Initiative pour des obligations climatiques. La hausse prévue des obligations vertes a considérablement ralenti pendant la crise du coronavirus. Cela pourrait changer lorsque la pandémie sera réglée.

« La perturbation causée par la pandémie de COVID-19 a affecté pratiquement tous les marchés financiers autour du monde », a indiqué le site web Bond Buyer [Acheteur d’obligations]. « Mais un segment particulier—le marché des obligations vertes, ou de la dette réservée à des projets environnementaux spécifiques—a mieux résisté que le marché plus vaste des sociétés de qualité supérieure, en grande partie parce qu’il est moins axé sur les secteurs cycliques, tels que le pétrole et le gaz. »

Les actions cycliques suivent les hauts et les bas de l’économie. En temps de récession mondiale, elles sont considérées comme un investissement dangereux. Mais les gouvernements ont tendance à continuer de dépenser dans les bons et mauvais moments. « Au-delà de leur utilité comme pari défensif en période d’incertitudes, la pandémie mondiale pourrait maintenant être un catalyseur pour convaincre une plus large communauté d’investisseurs qu’il est bon d’utiliser des obligations vertes pour relever nos défis actuels en matière de changement climatique », a écrit Bond Buyer.

Les obligations vertes pourraient sortir du revers temporaire plus fortes qu’auparavant. Bond Buyer a expliqué :

Un nombre croissant de dirigeants souhaitent que la reprise économique issue de la crise soit alimentée par les investissements verts : l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont appelé à une « reprise verte » et un groupe de 68 grandes entreprises... exhortent les politiciens à déployer leurs mesures de relance budgétaires de manière à faire avancer une politique climatique plus ambitieuse.

Il reste à voir dans quelle mesure le marché des obligations se remettra de la crise, mais les obligations vertes ont une bonne chance de profiter des projets de relance mondiale. Le 28 juin, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Fonds monétaire international présentaient un « Plan de rétablissement durable » qui se concentre « sur une série de mesures qui peuvent être prises au cours des trois prochaines années pour revitaliser les économies et stimuler l’emploi, tout en rendant les systèmes énergétiques plus propres et plus résistants ». L’AIE estime que le monde a une « occasion unique qu’on ne rencontre qu’une fois dans une vie » d’investir dans un avenir économique favorable, tout en créant des millions de nouveaux emplois.

L’élément européen

Si la tendance à l’énergie verte se maintient, une nation en particulier en bénéficierait grandement : l’Allemagne. Plus les pays investissent dans la technologie de l’environnement, plus les entreprises allemandes en profitent, car elles se trouvent parmi les principaux producteurs de l’industrie. Si les obligations vertes libellées en euro augmentent, l’effet de levier de l’Allemagne dans le monde augmente également.

Les États-Unis ont profité pendant des décennies de la dépendance du monde envers le dollar. Mais si l’on considère de plus en plus l’euro comme une monnaie de réserve fiable, le monde, petit à petit, ne dépendra plus des États-Unis, mais de l’Allemagne. À chaque gain de l’euro, l’Allemagne gagne l’effet de levier politique par l’habileté à exercer plus de force économique. En théorie, une monnaie européenne pourrait remplacer le dollar américain.

En période de crise financière mondiale, comme nous l’avons vu lors de la pandémie du coronavirus, la demande pour le dollar est élevée. Mais cela donne également lieu à des demandes visant à accélérer l’utilisation de monnaies de réserve supplémentaires pour répondre à la demande. Cependant, aucune autre monnaie n’est aussi fiable que le dollar, tout comme aucune autre obligation ne l’est autant que celles du Trésor américain.

Mais que se passerait-il si une crise bancaire aux États-Unis faisait perdre de la valeur au dollar ? Vers qui le monde se tournera-t-il alors ?

En formant diverses alliances commerciales, en travaillant sur une monnaie numérique, la coopération sur les obligations vertes et divers autres projets, la Chine et l’UE se préparent à un effondrement potentiel du dollar. Les obligations vertes ne sont qu’une petite partie d’une tendance générale qui sape l’utilisation mondiale du dollar. Une fois que le dollar aura perdu sa valeur, la Chine et l’Europe seront prêtes. Pour plus d’information sur cette tendance, je vous prie de lire « L’euro numérique est-il la mort du dollar ?  »

Une crise bancaire prophétisée

Sur la base de diverses prophéties bibliques et des tendances mondiales de l’époque, feu Herbert W. Armstrong a écrit, en 1984, qu’une importante crise bancaire en Amérique « pourrait soudainement amener les nations européennes à s’unir en tant que nouvelle puissance mondiale, plus puissante que l’Union Soviétique ou les États-Unis ». (Lettre aux co-ouvriers, 22 juillet 1984).

Les États-Unis ont des trillions de dollars de dettes. L’effondrement de l’économie est inévitable. Une fois que cela se produira, une autre devise prendra la place du dollar.

À petite échelle, les obligations vertes augmentent l’attrait pour l’euro. Avec le temps, les investisseurs pourraient le considérer comme une monnaie de réserve alternative.

Mais l’euro ne peut pas vraiment rivaliser avec le dollar tant que les problèmes de son propre système financier ne sont pas réglés. Les défauts fondamentaux de la zone euro pourraient même détruire l’euro. Mais il est clair que les investisseurs sont satisfaits d’utiliser d’autres devises qui ne sont pas le dollar dans les transactions internationales. Les gens ont d’autres options.

La Bible prophétise spécifiquement que les États-Unis perdront leur statut de superpuissance. Pour comprendre ces prophéties, il faut d’abord comprendre que l’histoire des États-Unis remonte à l’histoire de l’ancien Israël. (Pour plus d’information, lisez Les Anglo-Saxons selon la prophétie, de Herbert W. Armstrong.) Dieu a promis que l’Amérique serait bénie pour son obéissance mais maudite pour sa désobéissance.

Une de ces malédictions, dont Dieu nous avertit, est celle des ennemis de l’Amérique qui s’uniraient contre elle. Une prophétie dans Deutéronome 28 : 52 dit : « Elle [une nation ennemie] t’assiégera dans toutes tes portes, jusqu’à ce que tes murailles tombent, ces hautes et fortes murailles sur lesquelles tu auras placé ta confiance dans toute l’étendue de ton pays ; elle t’assiégera dans toutes tes portes, dans tout le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne ». Sous la direction de M. Armstrong, la revue The Plain Truth [La pure vérité] expliquait, en mai 1962, que « les États-Unis seront laissés de côté alors que deux gigantesques blocs commerciaux, l’Europe et l’Amérique Latine, s’allieront et commenceront à contrôler le commerce mondial ».

Le 9 juin, le gouvernement du Brésil a lancé le premier programme en Amérique latine pour financer les projets d’infrastructure par des obligations vertes. Le ministère brésilien des Infrastructures a déclaré que l’Initiative pour des obligations climatiques devrait certifier trois voies ferrées comme des projets durables. Cependant, le président brésilien Jair Bolsonaro a souvent été critiqué pour avoir accordé la priorité au développement plutôt qu’à l’environnement. Il est considéré comme un des dirigeants les moins susceptibles de respecter les objectifs climatiques mondiaux. Mais il s’intéresse au commerce et à la collaboration avec l’Europe. Dans « L’Amérique est assiégée économiquement  », le rédacteur en chef de La trompette, Gerald Flurry, expliquait ce que cette alliance commerciale entre l’Europe et l’Amérique latine signifie pour l’avenir.

La Chine est également considérée comme l’un des plus grands contributeurs à la pollution environnementale. Il y a peu d’indications que cela changera. Mais lorsqu’il s’agit de fixer les critères pour les obligations vertes, l’UE travaille en étroite collaboration avec la Chine. Les États-Unis, malgré la mise en œuvre de nombreuses politiques respectueuses de l’environnement, sont exclus des discussions parce qu’ils se sont retirés de l’Accord de Paris sur le climat.

Sous le voile de la protection de l’environnement, ces pays travaillent contre les États-Unis sur le plan économique. Nous pouvons nous attendre à ce que les États-Unis connaissent un effondrement financier—comme la Bible le prédit. Lorsque cela arrivera, une nouvelle monnaie prendra sa place. L’Europe et ses alliés assumeront la dominance économique de l’Amérique. Surveillez les choses alors que ces prophéties continuent d’aller vers leur accomplissement. Bientôt, l’Amérique sera vraiment « marginalisée ».

Pour en savoir plus sur l’avenir de l’économie américaine, lisez notre article Quand le dollar s’effondrera-t-il?

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