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Lincoln

(Public Domain)

‘Mourir par suicide’

Un avertissement plein de solennité d’un des plus grands dirigeants de l’Amérique.

En 1838, quand il avait tout juste 28 ans, Abraham Lincoln a fait un discours révolutionnaire à Springfield, dans l’Illinois, intitulé : « La perpétuation de nos institutions politiques » . Voilà un jeune homme, sorti moins d’une décennie de ses années d’adolescence, donnant un puissant avertissement à l’Amérique—disant avec vigueur à la nation naissante ce qu’elle devait faire pour survivre.

Il a commencé le discours, aussi connu comme le discours de Lyceum, en exprimant la louange et l’action de grâce pour les bénédictions extraordinaires que Dieu avait accordées à ce pays. « Nous nous trouvons dans la paisible possession de la plus belle partie de la terre en ce qui concerne l’étendue du territoire, la fertilité de sol et la salubrité du climat » , a dit Lincoln. Il a rappelé aux Américains qu’ils avaient également une dette de gratitude vis-à-vis de leurs ancêtres—les « patriotes de soixante-seize » qui ont contribué à établir et à construire une nation aussi puissante.

Étant donné ces avantages et bénédictions sans précédent, de concert avec le fait que les États-Unis étaient barricadés entre deux importantes masses d’eau, A. Lincoln avait du mal à concevoir qu’un grand danger pourrait venir de l’étranger pour menacer l’existence des États-Unis.

Le réel danger auquel l’Amérique faisait face, a averti A. Lincoln, c’était l’esprit d’anarchie qui, croyait-il, se répandait de l’intérieur. En fait, il y avait eu plusieurs incidents de violence collective dans le pays, ce qui avait mis A. Lincoln en colère et l’avait poussé à préparer ses remarques de Lyceum.

« Je sais que le peuple américain est très attachés à son gouvernement » , a-t-il dit. Il croyait fermement que la plupart des gens de son époque étaient disposés à se sacrifier, et même à souffrir, pour le bien du pays. Mais si la composante rebelle n’était pas jugulée, cette hostilité envers l’état de droit s’étendrait et elle diviserait finalement la nation et menacerait son existence même !

La loi, c’est la loi, a insisté Lincoln. Il peut y avoir quelques mauvaises lois, a-t-il expliqué. Dès qu’elles sont découvertes, elles devraient être immédiatement abrogées, selon les directives présentées dans la Constitution. Mais jusqu’à ce que les changements ne soient légalement publiés, les lois du pays—bonnes ou mauvaises—doivent être observées, a fortement maintenu A. Lincoln. Le gouvernement était responsable de l’application stricte de ces lois. Et tout Américain—citoyen comme dirigeant—était tenu d’obéir à la loi du pays.

« Que chaque individu se souvienne que violer la loi c’est piétiner le sang de son père et compromettre sa propre réputation, et la liberté de ses enfants » , a dit Lincoln. « Que la révérence pour les lois soit insufflée par chaque mère américaine au bébé zézayant qui papote sur ses genoux,—qu’elle soit enseignée dans les écoles, dans les séminaires et dans les collèges ; qu’elle soit écrite dans les abécédaires, les livres d’orthographe et dans les almanachs—qu’elle soit prêchée en chaire, proclamée dans les halls législatifs et respectée dans les palais de justice. Bref, qu’elle devienne la religion politique de la nation ; et que le vieillard et le jeune, le riche et le pauvre, le sérieux et le joyeux, de tous sexes, de toutes langues, couleurs et conditions, sacrifient sans cesse sur ses autels. »

Juste avant de faire ces puissantes remarques, A. Lincoln a pressé tous les Américains de regarder et de suivre l’exemple des Fondateurs—de ceux qui ont engagé leurs vies, leurs fortunes et leur honneur sacré à soutenir et défendre l’état de droit.

Regardez autour de vous, maintenant. , en Amérique, aujourd’hui, trouve-t-on ce genre de respect révérenciel pour l’état de droit ? Où sont les dirigeants courageux qui soutiennent fidèlement et défendent la loi du pays ? Où sont ceux qui défendraient l’intégrité et l’humilité des Fondateurs ? Les dirigeants de 2012 voient les Pères fondateurs comme des obstacles sur la voie de l’ordre du jour progressiste. Ils clignent à peine des yeux lorsqu’ils dénoncent publiquement le même document qu’ils ont juré de promouvoir et de défendre !

Une nation en guerre contre l’état de droit ne peut durer. C’est le message d’avertissement plein de gravité que le jeune Lincoln a voulu faire passer auprès des hommes à Lyceum.

« Si la destruction doit être notre sort, a dit Lincoln, nous devons être son auteur et celui qui la finit » . Autrement dit, si nous terminons en ruine, nous n’aurons qu’à nous blâmer nous-mêmes. « En tant que nation d’hommes libres, nous devons survivre à travers le temps, ou mourir par suicide » .  

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