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Elijah Hiett

Penser Profondément

Ce monde est hostile à la pensée sérieuse. Notre vie est encombrée de barrières qui dessèchent notre esprit avec l’habitude de penser paresseusement, superficiellement. Considérez la télévision insipide, et les films qui passent pour du divertissement, ouvertement hostiles à tout ce qui s’approche de la pensée profonde. Considérez la nature de la vie moderne stimulée à outrance, conduite par la technologie, et saturée d’informations. Elle est trop bruyante pour que nous nous entendions penser, toujours tellement omniprésente, et provoquant une dépendance, que le silence nous inquiète.

Même dans les cercles respectés de la société, les intellectuels sont accablés par des défauts fondamentaux de leur façon de penser. Considérez l’éducation et la communauté scientifique qui loyalement acceptent la théorie improuvable de l’évolution. L’éducation formelle peut en réalité être une entrave pour la pensée de qualité—cette éducation mettant l’accent sur les mauvaises questions, ayant une approche incorrecte de certains sujets, brimant des étudiants par des mentalités politiques et/ou intellectuelles spécifiques, favorisant une atmosphère sociale destructrice. Il est peu étonnant que beaucoup de grands hommes et de grandes femmes qui ont fait l’histoire étaient autodidactes.

La façon de penser est cruciale. Nos pensées dirigent notre humeur, nos attitudes, nos paroles, nos actions. Penser est au cœur de notre être. La pensée superficielle et non dirigée produit une vie superficielle et non dirigée. Nous sommes ce que nous pensons.

L’ennui, c’est que, généralement, on ne nous apprend pas comment penser. C’est une compétence que l’on attend de nous, sans instruction spécifique.

Quelle est la qualité de votre façon de penser? Est-ce que vous êtes habile en analyse de problèmes? Est-ce que vous êtes capable de vous concentrer sur les choses sur lesquelles vous voulez vous concentrer, ou êtes-vous facilement distrait? Etes-vous quelqu’un qui pense profondément?

Au fait de la nouveauté  

La pensée vigoureuse, c’est, fondamentalement, remplacer des pensées inférieures par des pensées de qualité.

Vous ne pouvez, dans le même temps, avoir une pensée superficielle et une pensée profonde—c’est l’une ou l’autre. Il faut donc d’abord vous débarrasser de l’une, la repousser et l’éliminer pour faire de l’espace pour l’autre. Pour penser profondément, il vous faut d’abord supprimer la pensée superficielle qui remplit si facilement votre esprit, et remplir ensuite ce vide mental avec une pensée de qualité.

Nous verrons à la fin de cet article ce qu’est au juste une «pensée de qualité». Mais d’abord, voyons quelques barrières à la pensée de qualité qu’il faut éliminer, et quelques bénédictions de la qualité de pensée qu’il faut cultiver pour développer de meilleures habitudes mentales.

Éliminez les distractions

La barrière la plus fréquente à la pensée profonde, ce sont les distractions.

La vie en déborde! hdtv, dvd, cd, pda, xm radio, wi-fi, Internet, ordinateurs portables, téléphones portables, satellite, câble, films, jeux vidéo—il y a toujours quelque chose pour nous stimuler. La télévision, la troisième de nos activités les plus consommatrices de temps après le travail et le sommeil, nous donne un monde fait de coupures rapides, de gros plans et de panoramiques, de tapage et d’inattendu. Les nouvelles du soir promettent de tout faire savoir du monde en une vingtaine de minutes. Si on ne peut attendre, le câble fournit les «grands titres» avec la projection d’informations sous forme de flash et d’images qui défilent simultanément. Il y a tellement de choses qui se passent dans le monde que nous ne voulons que l’essentiel, que la crème, que la surface.

Quel prix payons-nous pour une telle compulsion? Le prix que nous payons, c’est la ‘profondeur’.

Vous ne pouvez pas faire beaucoup de choses rapidement, et en profondeur; ou vous labourez ou vous creusez.

Comprenez bien: l’information n’est pas la même chose que la compréhension. Bien sûr le divertissement stupide qui engourdit l’esprit est une distraction. (Proverbes 12:11 est très vigoureux, et sans nuances, sur ce sujet: «[C]elui qui poursuit des choses vaines est dépourvu de sens.») Mais tout peut être une distraction. La simple information—même une bonne—devient une autre distraction si vous n’y pensez pas, ne l’évaluez pas, ne l’analysez pas—si elle ne stimule pas votre esprit dans des directions originales.

Les distractions encombrent tout simplement notre esprit de pensées inférieures. Eteignez donc cette télévision ‘collante’, passez-vous de ce film idiot, faites taire cette musique stupide, laissez tomber ce roman nul—créez un espace calme et libre pour quelque chose de substantiel.

Cultivez la concentration

Penser, c’est quoi au juste? C’est simplement une collection d’images vacillantes dans votre esprit, une suite d’associations.

Penser profondément, consiste alors à limiter ces associations afin de revenir, à plusieurs reprises, et délibérément, sur un sujet particulier. Cela exige l’élimination des pensées sans rapport avec le sujet: ces rêveries, semblables à la mauvaise herbe, qui encombrent votre esprit et vous écarte de ce sur quoi vous voulez réfléchir.

L’apôtre Paul était partisan d’une telle discipline mentale. Il parle d’amener «toute pensée captive à l’obéissance de Christ» (2 Corinthiens 10:5). Cela exige une conscience de tous les instants, et une contrainte sur les images, impressions et idées qui circulent dans l’esprit, et ensuite la suppression de tout ce qui est importun. En essence, c’est exactement ce qu’est la concentration.

Bonne idée, n’est-ce pas? Mais comment l’appliquez-vous? Peut-être que tous nous aimerions posséder de plus grands pouvoirs de concentration.

Il se peut que vous n’aimiez pas l’entendre dire, mais la concentration est une compétence acquise par la pratique (de même que la pensée pauvre et insignifiante est une habitude renforcée par des années de pratique). Si vous n’êtes pas habitué à concentrer votre attention, vous ne pouvez pas soudainement acquérir ce tour de main. Cela requiert une attitude délibérée.

Mais il y a une astuce pour apprendre cela. Sachez cette vérité simple sur le fonctionnement de votre esprit: Nous nous concentrons naturellement sur ce que nous aimons.

Dans un merveilleux petit livre écrit en 1928, appelé L’Art de penser, Ernest Dimnet a écrit: «L’intérêt réel est essentiel pour la concentration, et crée cette dernière en un instant. Le même garçon qui est dans les nuages quand il doit écrire un essai littéraire, peut se concentrer durant une demi-journée sur des mathématiques ou sur un nouvel équipement radio» (c’est moi qui souligne). Concentrez-vous donc seulement sur ces choses que vous aimez—ou apprenez à aimer ces choses sur lesquelles vous devez vous concentrer. Au moins, pourrez-vous consciemment pratiquer la concentration sur davantage de choses satisfaisantes, et travailler à appliquer progressivement cette habileté ailleurs.

Paul a également compris ce principe. A ceux qui cherchent à atteindre le royaume de Dieu, il dit: «Attachez-vous» à le rechercher (Colossiens 3:1-2).

Mastiquez une bonne alimentation mentale

Vous avez donc expulsé les futilités de votre «logement» mental; l’espace peut maintenant être loué à des «locataires» plus raffinés.

Dimnet préconise de meubler votre esprit de grandeur.

«Il est impossible de passer une heure dans une pièce avec un homme qui approche la grandeur sans ressentir la contagiosité de la pensée distinguée» a-t-il écrit. «De tels hommes ne peuvent pas toujours être trouvés, ou nos chances de les rencontrer peuvent être limitées. Mais quelqu’un qui a une connaissance moyenne de l’histoire des nations, de la littérature, de la philanthropie ou de l’art, sans parler de l’histoire de grands hommes religieux ou de saints, peut peupler son imagination de groupes d’hommes supérieurs dans tous les domaines … Nos heures précieuses ne peuvent être consacrées à une occupation plus utile que l’étude de la vie ou des idées de grands hommes» (ibid.).

Dimnet lance ce défi: «Si, à moment quelconque, vous êtes incapable de nommer un grand homme qui a, ou récemment a eu, une influence sur votre conduite, on vous appliquera ce verdict: peu de considération pour la qualité de sa pensée et de son existence.»

Avec qui passez-vous du temps? Son influence sur vous est plus grand que vous n’aimeriez croire.

L’Ecriture sainte est remplie d’avertissements tels que: «Celui qui fréquente les sages devient sage, mais celui qui se plaît avec les insensés s’en trouve mal» (Proverbes 13:20). Trouvez ces hommes et ces femmes sages, et ensuite conversez vraiment, confrontez vos esprits, pensez profondément ensemble.

Quand vous lisez, que lisez-vous? Quelle est la qualité de l’alimentation que vous donnez à votre esprit?

Et, tout aussi important, quand vous lisez combien de temps pensez-vous? Etudier quelque chose au point qu’il ait «une influence sur votre conduite» signifie imbiber et saturer les replis de votre matière grise. Soyez honnête: combien de vos lectures sont oubliées au moment où vous fermez le livre?

Oui, lisez davantage. Mais quand vous lisez—lisez moins, pensez davantage.

Méfiez-vous de la conformité

Comment des défauts fatals dans la pensée peuvent-ils se répandre dans des communautés entières de gens intelligents? Comment, par exemple, les mensonges qui prévalaient dans le national-socialisme ont-ils pu se répandre en Europe au point de produire l’Holocauste? Comment l’enseignement supérieur peut-il être quasi unanimement condescendant à l’égard des vérités révélées de la parole de Dieu?

Une barrière dangereuse pour la pensée profonde, c’est notre mentalité naturelle de «membre»—nous voulons faire partie du groupe. Cette tendance facilite généralement les progrès dans les rapports interpersonnels, mais prendre trop à cœur ce que pensent les autres rend votre esprit inhospitalier pour une pensée originale, et peut aboutir à vous faire vous accrocher à des idées fausses et dangereuses.

Il faut qu’un vrai penseur ait une certaine indépendance de pensée. Il ou elle ne doit pas avoir peur de sortir de la foule. Exode 23:2 contient le commandement sage, et généralement, ignoré qui dit: «Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal.»

D’un autre côté, cependant, quand vous avez trouvé une vérité solide, conformez-y alors, coûte que coûte, votre pensée—c’est une fondation sur laquelle construire. «Examinez toutes choses, a écrit Paul, retenez ce qui est bon» (1 Thessalonissiens 5:21). Toute grande pensée est fondée sur les pensées de grands penseurs—en tête desquels vient Dieu.

Une fois vos vues basées sur la grande pensée, contribuez au processus.

Oui, il y a un élément d’originalité dans la pensée profonde. Quand vous pensez profondément, vous voyagez dans un territoire intellectuel où personne d’autre ne voyagera tout à fait de la même façon—et vous acquérez une propriété intellectuelle unique à offrir à ceux qui sont autour de vous. Vous êtes un individu distinct. Dieu aime la diversité, et il y a une raison pour que chacun d’entre nous soit si exceptionnel—même dans une naissance de sextuplés il n’existe pas deux enfants identiques. A la personne qui comprend l’incroyable potentialité humaine, c’est un fait inspirant à considérer.

La pensée profonde est ce qui vous élève, vous, en tant qu’individu unique—et la personnalité unique, les talents et le caractère que Dieu développe en vous.

Cultivez la solitude

Cela nous mène à un autre ingrédient essentiel pour le penseur: la solitude.

«La solitude produit une allégresse de la conscience, la conscience de notre tréfonds, quel qu’il soit. Cela n’échoue jamais», écrit Dimnet. «Prenez du café fort un matin, pour vous tenir éveillé, ne vous allonger pas sur un lit, mais sur un divan pendant deux ou trois heures et essayez de simplifier encore et encore vos problèmes …»

Combien de temps consacrez-vous à la méditation privée au calme, chaque jour? La plupart des gens riraient de la question. Mais si nous éliminons les distractions, nous rachèterons le temps (Ephésiens 5:16), qui pourra alors être consacré à la pensée solitaire. «Comment pouvons-nous garantir la solitude quand notre chemin est pavé d’une variété de choses indésirables?», demande Dimnet. «Il n’y a pas de réponse à cette question si nous n’éprouvons pas vraiment une grande envie de solitude» (ibid.).

Oui, il faut que nous ayons une grande envie de solitude.

Le roi David avait cette envie (Psaumes 63:1; 119:148). Jésus-Christ également (Marc 1:35; Matthieu 14:23).

Une vie d’adoration du vrai Dieu devrait impliquer la prière personnelle quotidienne—du temps passé dans l’isolement, à converser intimement avec Dieu, ce qui requiert un certain degré d’introspection. La prière quotidienne est d’un grand avantage à la pensée profonde—non seulement à cause du contact inestimable avec le Créateur qu’elle apporte, mais aussi parce qu’elle communique l’habitude de penser de manière volontaire et dirigée vers un but, tout cela dans la solitude.

L’éducateur et théologien Herbert W. Armstrong a recommandé environ une heure de prière par jour. Des sources séculaires disent même que 20 minutes par jour de réflexion au calme tendent à l’amélioration de la santé mentale d’une personne.

La Bible est remplie de directives pour penser à ce que vous faites, pour vous évaluer régulièrement. Par exemple, Aggée 1:5 dit: «Ainsi parle maintenant l’Eternel des armées: Considérez vos voies.» Analysez votre vie. Pensez à ce qui fonctionne et à ce qui ne fonctionne pas. Impliquez Dieu dans ce processus, et vous pourrez vous éviter beaucoup de problèmes—et approfondissez-y votre pensée.

Les pensées de Dieu  

Dieu est le Modèle même et la Source de pensées de qualité, de méditation profonde, substantielle, calme; de tout ce qui est opposé à notre superficialité. «Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées» (Esaïe 55:8-9).

Mais la merveilleuse vérité, c’est que le grand gouffre n’a pas lieu de perdurer. Oui, les pensées de Dieu sont bien plus élevées que les nôtres—mais nous pouvons nous efforcer de monter à Son niveau. Et avec l’aide de Son Saint-Esprit nous pouvons réussir—et dans une bonne mesure!

«Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu» (1 Corinthiens 2:9-10).

C’est pour quoi nous luttons: pour les pensées de Dieu. Quand nous parlons de devenir des gens qui pensent profondément, nous parlons de gens ayant des pensées s’identifiant à celles de Dieu, et s’en approchant. Il n’y a pas de manière plus profonde de penser que celle-là.

Considérez ceci: Dieu peut avoir de l’impact sur votre esprit, dans la mesure où vous avez des capacités pour la pensée profonde. Si vous êtes un penseur superficiel, vous ne pourrez qu’avoir une compréhension superficielle des choses profondes de Dieu.

Soyez davantage quelqu’un qui pense profondément, et votre pensée sera plus rigoureuse; plus vous exercerez et défierez votre esprit, plus profonde sera votre compréhension. 

Fr Sev