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Scandale au sein des services secrets allemands : est-ce le plus grave à ce jour ?
Il s'agit du « plus grand scandale d'espionnage du siècle » en Allemagne, selon Michaela Küfner, rédactrice en chef politique de Deutsche Welle, et ce, alors que l'Allemagne n'est pas étrangère aux scandales d'espionnage.
August Hanning, ancien chef du service de renseignement extérieur allemand (BND), a été arrêté le 6 octobre et placé en détention provisoire le lendemain. Il est accusé d'avoir recueilli illégalement des secrets d'État. Des enquêtes sont en cours pour déterminer avec qui il les aurait partagés. Selon les enquêteurs, il aurait reçu les documents de son ancien chef de cabinet, qui est lui aussi en détention provisoire.
Selon le Parquet fédéral, M. Hanning avait déjà accédé à environ 2 000 documents en 2022, « y compris des secrets d'État ». À l'époque, M. Hanning travaillait comme consultant privé et se rendait fréquemment en Russie et en Chine. Il aurait effectué au moins sept voyages en Russie entre 2015 et 2019.
Les enquêteurs tentent également de déterminer s'il a partagé des secrets d'État avec des puissances étrangères.
Complicité avec les ennemis de l'Occident
Selon Der Spiegel, M. Hanning aurait préparé une analyse pour le service de renseignement azerbaïdjanais, et les enquêteurs soupçonnent qu'il ait également partagé des informations sensibles avec un membre des services de renseignement chinois.
Le lien avec l'Azerbaïdjan est intrigant. Depuis que la Russie a envahi l'Ukraine, l'Azerbaïdjan est devenu un lieu de rencontre pour d'anciens responsables allemands et russes. Il a la réputation de corrompre des politiciens européens.
M. Hanning était à la tête du BND de 1998 à 2005, pendant le mandat de Gerhard Schröder en tant que chancelier. M. Schröder est connu pour sa position favorable à la Russie. M. Hanning a ensuite occupé le poste de secrétaire d'État à l'Intérieur (2005–2009), ce qui fait de lui l'une des personnalités allemandes les mieux informées et les mieux connectées.
M. Hanning lui-même entretenait de nombreux contacts à Moscou, notamment avec Nikolaï Patrouchev, l'ancien chef des services de renseignement russes, le FSB. Après avoir quitté la politique, M. Hanning a créé son propre cabinet de conseil et a également travaillé pour le cabinet de conseil britannique G3, où il a occupé le poste de directeur de la division Russie.
Le BND a fréquemment accès à des secrets d'État provenant d'autres services secrets occidentaux, notamment ceux des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France. Les services de renseignement anglais enquêtent actuellement pour déterminer si des secrets d'État, voire leurs propres agents, aurait été compromis. Cela signifie que des agents et des informateurs américains et anglais pourraient être en danger.
Les États-Unis et le Royaume-Uni auraient dû se méfier. En décembre 2022, un employé du BND a été pris en flagrant délit de vente de secrets à Moscou pendant la guerre en cours en Ukraine. En fait, le BND a un casier lourd lorsqu'il s'agit de partager de secrets avec les ennemis de l'Occident. Comme l'a écrit Edward Lucas pour le Centre d'analyse des politiques européennes :
Infiltrés par l’opposition, paralysés par des obstacles juridiques et soumis à des ingérences politiques, les services de renseignement allemands ont pendant des décennies été considérés comme inutiles, voire carrément néfastes. Je me souviens d'un agent secret britannique à Berlin pendant la guerre froide, dans les années 1980, qui plaisantait : « Si vous voulez que Gorbatchev soit rapidement informé de quelque chose, dites-le aux Allemands en toute confidentialité, et l'information parviendra à son bureau au Kremlin le lendemain matin. »
Dans cette affaire récente, le BND affirme une fois de plus n'avoir pas été conscient de ce qui se passait.
« Ce qui est troublant, c'est que la fuite d'informations hautement sensibles et, dans certains cas, des secrets d'État, soit passée inaperçue auprès du service allemand de renseignement extérieur », a écrit le journal allemand Nordkurier. « Ce n'est que par hasard, lors de l'enquête sur l'affaire de la famille Block, des entrepreneurs de Hambourg, que la fuite de données a été découverte. »
Ce qui est peut-être encore plus inquiétant, c'est que le BND ait été au courant de ce qui se passait et ait simplement autorisé le partage d'informations classifiées avec des ennemis occidentaux.
Émerger de la clandestinité nazie
Les récentes révélations interviennent alors que les parlementaires allemands débattent de l'extension des pouvoirs du BND. Bien que le BND possède le plus grand quartier général de service secret au monde, ses capacités ont été limitées en raison de l'histoire de l'Allemagne. Mais compte tenu de la dégradation des relations avec les États-Unis et des menaces de la Russie à l'encontre de l'Europe, le BND demande davantage de pouvoirs, et le chancelier Friedrich Merz souhaite les lui accorder.
Der Spiegel a écrit ceci au sujet du récent scandale :
Pouvons-nous, en toute conscience, donner plus de pouvoir à une telle agence ? Ou bien les mécanismes de contrôle ne devraient-ils pas, au moins, être étendus de manière tout aussi significative ?
Certains médias allemands semblent plus inquiets face au renforcement des pouvoirs du BND que ne le sont les États-Unis et le Royaume-Uni. L'ancien officier du renseignement britannique du MI6, Matthew Dunn, a déclaré qu'il serait « très surpris » si le récent scandale venait à modifier les relations du Royaume-Uni avec le BND.
« Ce sont des organisations expérimentées, et elles comprendront qu'il s'agit d'un problème propre à M. Hanning et à son chef de bureau », a-t-il déclaré. « Il n'y aura pas de recherche des coupables ; on ne considérera pas cela comme une accusation accablante pour l'organisation dans son ensemble. »
Les États-Unis et le Royaume-Uni ne parviennent pas à reconnaître que ce scandale dépasse largement le cadre d'une affaire propre à une personne. En 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, a averti :
De nombreux Allemands d'élite estiment que leur nation a désormais tiré tous les bénéfices possibles des États-Unis, et ils sont maintenant prêts pour une nouvelle phase de la stratégie allemande. Certains veulent que l'Allemagne moderne utilise sa puissance industrielle et économique impressionnante pour multiplier son influence politique et militaire. Ils veulent établir l'Europe comme une nouvelle superpuissance, un Saint-Empire romain moderne !
C'est pourquoi le BND a l'habitude de transmettre des secrets à la Russie et à d'autres ennemis de l'Occident. C'est également la raison pour laquelle le BND cherche à s'affranchir des services secrets occidentaux.
L'avènement d'un Saint-Empire romain moderne est prophétisé. La dernière réincarnation de cet empire remonte à l'époque d'Adolf Hitler, qui était de connivence avec le Vatican, apporta les joyaux de la couronne de l'empire à Nuremberg et tenta de renverser l'ordre mondial en s'alliant avec la Russie et le Japon.
Bien que Hitler ait finalement échoué, il existe de nombreuses preuves que son administration nazie est passée dans la clandestinité, et le BND en fait partie.
Comme l'a écrit Richard Palmer, directeur de la rédaction de la Trompette, le BND :
- était remplie de criminels de guerre nazis
- était dirigé en grande partie par d'anciens nazis pendant les dix ou vingt premières années de son existence
- a aidé des nazis en fuite, notamment le tristement célèbre Adolf Eichmann, à se soustraire à la justice
- a recruté des criminels de guerre nazis comme Klaus Barbie, connu sous le nom de « Boucher de Lyon », même aux années 1960
- a enfreint le droit allemand et le droit international en transférant un grand nombre d'armes, notamment des chars d'assaut, des hélicoptères et des avions de combat, à des combattants croates et bosniaques au cours des années 1990
- a espionné des journalistes allemands entre 1992 et 2005
- a détruit, en 2007, des dossiers détaillant le passé nazi des fondateurs de l'organisation
- a été accusée en 2011 de défendre, voire collaborer avec, des néonazis
- espionne des journalistes étrangers depuis 1999
- a été pris en flagrant délit en aidant la National Security Agency des États-Unis pour espionner d’autres pays européens, ainsi que des organisations et des entreprises
Une telle organisation est-elle digne de confiance ? La réponse est évidemment non. Pourquoi alors d'autres services de renseignement occidentaux la traitent-ils comme un partenaire de confiance ?
Répondre à cette question est au cœur de la faiblesse fatale des États-Unis et du Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. Et il n'est pas possible de répondre à cette question sans une compréhension approfondie des prophéties bibliques.