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AFP/Getty Images

Un problème pour Benoit XVI

Une question, non résolue, laissée à son successeur par le Pape Jean Paul ii n’est pas une petite affaire.

Avec plus d’un milliard de croyants, le catholicisme romain est énorme. L’islam en a environ 1,3 milliards. La collision entre ces deux religions sera la prochaine grande histoire du monde.

Le Pape Jean Paul II, conservateur déclaré, a vu la montée de l’islam comme un problème, et pas un petit problème. Un homme, qui considérait chaque musulman comme une âme éternellement perdue—et qui quotidiennement réfléchissait sur des questions de doctrine et de dogme, de la foi et du salut—n’aurait pu regardé l’islam, ardent, féroce, explosif et en progression dans le monde d’aujourd’hui, sans y voir un problème.

Le choix de l’arme de ce pape contre cet adversaire était le dialogue. Il ne s’en est pas pris violemment aux musulmans; il les a engagés au dialogue. Il a visité des mosquées et a parlé d’un besoin de fraternité et d’amitié entre chrétiens et musulmans.

Un certain nombre de cardinaux ont suivi la direction de Jean Paul II. À leur point de vue, l’église n’a pas d’autre choix que d’être en bon voisinage, avec l’accroissement du nombre de musulmans. À cette fin, un cardinal italien a même lancé un magazine consacré à l’avancement des relations entre chrétiens et musulmans.

Ne vous attendez pas à ce que le Pape Benoît Xvi suive cette approche douce, conciliante. Il croit qu’un dialogue, jugé inadmissible, met le christianisme et l’islam sur un pied d’égalité—et que de tels efforts ont affaibli le catholicisme européen, qui est maintenant asservi par «la dictature du relativisme». Dans un climat de pluralisme religieux et de relativisme, le nouveau pape n’est pas effrayé par le fait d’adopter une position impopulaire.

Considérez son point de vue, tel qu’exposé dans «Dominus Iesus». Dans ce journal, J. Ratzinger a dit que toutes les religions qui n’acceptent pas la doctrine de la succession apostolique (le transfert ininterrompu de l’autorité papale à travers les générations, depuis l’apôtre Pierre jusqu’à maintenant, à lui-même) ne sont pas «des églises au sens propre», et que, aussi loin que le salut de leurs disciples est concerné, «objectivement parlant, ils sont dans une situation gravement déficiente» en comparaison de ceux de l’Église catholique.

Considérez ce qu’il a déclaré en août 2004, en disant que la Turquie, qui cherche à adhérer à l’Union européenne, devrait chercher des alliés ailleurs. Pourquoi? Parce que sa religion musulmane est «en contraste permanent» avec le christianisme européen. «L’Europe a été fondée non sur une géographie, mais sur une religion commune», a-t-il dit.

Considérez ses inquiétudes, au sujet de la montée de l’islam, exprimées publiquement. Comme le New-York Times l’a écrit: J. Ratzinger «représente une faction sceptique» parmi les catholiques romains, «un de ceux qui voient davantage comme une compétition la relation entre le christianisme et l’islam» (13 avril, c’est moi qui accentue).

Chrétiens et musulmans se prennent à la gorge autour du globe, y compris au Caucase, dans les Balkans, en Méditerranée, au Moyen-Orient, dans plusieurs pays africains (Soudan, Nigéria, Tchad, Kenya, Tanzanie), en Indonésie et aux Philippines.

Mais pour Benoît Xvi, le premier champ de bataille est l’Europe, où le catholicisme semble se réduire, alors même que l’islam se renforce. Le pontife bavarois est sûr d’en faire une priorité, pour corriger ce problème. Ce n’est pas quelqu’un à tendre l’autre joue sous l’assaut islamique contre le bastion de sa religion aimée.

La contre-attaque du nouveau pape commencera à la ‘maison’. Son élection est le signe d’un désir fort de l’église de revitaliser les racines religieuses du continent. Comme Joseph Fessio, un ami et ancien étudiant en doctorat du Cardinal Ratzinger, l’a dit au Washington Post: en élisant cet homme, les cardinaux ont choisi de faire une nouvelle tentative afin de se raccrocher à l’identité chrétienne de l’Europe.

Benoît Xvi tirera parti du flot de bienveillance populaire sans précédent dont jouit son église. Il cherchera des moyens d’accroître le profil du Vatican dans la politique européenne et consolidera la base de son pouvoir. Il bridera le libéralisme qui aspire, telle une sangsue, la force de l’église.

En fait, le nouveau pape pourra utiliser la montée de l’islam comme l’un des plus grands catalyseurs pour que les chrétiens européens abandonnent, en foule, la laïcité et se rassemblent autour de la bannière du catholicisme romain.

Aujourd’hui, face à l’immigration folle des musulmans en Europe et aux cellules islamiques terroristes découvertes sur le continent, on voit augmenter—bouillir même, en divers lieux—l’antipathie du public chrétien européen à l’égard de l’islam.

Cette haine joue parfaitement entre les mains du Vatican.

Une fois que le pape aura consolidé l’appui dont il a besoin, il fixera toute son attention pour faire face à son ennemi le plus ardent. Mise au pied du mur, l’Église catholique frappera violemment.

Comme Monsignor Cesare Mazzolari l’a dit de Jean Paul II en octobre dernier, «l’église a défait le communisme, mais commence juste à comprendre que son défi suivant est l’islamisme, qui est pire. Le Saint-père n’a pu relever ce défi en raison de son âge avancé. Mais le prochain pape aura à y faire face.»

Benoît Xvi ne sera pas le premier pape à relever ce défi. Il prendra place à côté de Grégoire VII, Urbain II et les autres évêques de Rome qui ont combattu la religion musulmane. Ce vieux choc des civilisations est de nouveau presque sur nous.

Vous devez comprendre la signification prophétique de cette guerre de religions. Lisez l’article principal, du numéro d’été 2005, du rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry: «La guerre à venir entre le catholicisme et l’islam». Et préparez-vous mentalement! 

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