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( Ne pas ) utiliser comme indiqué

09/01/2018  •  de latrompette.fr
Avant d’ingérer des médications chimiques puissantes, posez ces questions
 

«Je vous fais une prescription pour de la Buprénorphine, de la Fluoxétine, du Zopiclone, de l’Azithromycine, du Dulcolax et de la Simvastatine », dit le médecin. « Pour faire bonne mesure, nous ajouterons du Champix et de l’Orlistat. »

Les noms semblent terrifiants. Mais puisque le docteur les a recommandés, il est normal de penser que les médicaments seront aussi magiques pour le corps du fait que le merveilleux papillon pastel sur une des boîtes semble l’être.

« Vous devrez prendre 12 comprimés matin et après-midi, mettre six gouttes dans les oreilles, en début de soirée, et coller ensuite les dispositifs transdermiques pour la nuit. Suivez l’ordonnance, et vous vous sentirez à nouveau bien. »

Des recommandations médicales comme celles-ci sont émises avec une fréquence croissante, aux États-Unis. Et les patients sont généralement prompts à suivre les ordonnances. Les chercheurs de la Mayo Clinic rapportent que presque 7 Américains sur 10 prennent, aujourd’hui, au moins un médicament délivré sur ordonnance et plus de la moitié en prennent au moins deux.

Un pourcentage plus petit d’Américains a de nombreuses prescriptions. En 2014, les Américains ont eu un total de 4,33 milliards de prescriptions. Nous sommes 319 millions. Cela signifie que l’Américain moyen a plus de 13 prescriptions, chaque année.

Et chaque année qui passe, ces chiffres augmentent, rendant l’industrie pharmaceutique plus grande et plus puissante que jamais.

Courez-vous un risque — à prendre vos médicaments ?

Des produits pharmaceutiques chers procurent souvent aux utilisateurs le soulagement de quelques symptômes. Mais ils portent, également, une foule de risques pour la santé. Environ 16 pour cent de toutes les admissions à l’hôpital sont liés aux réactions adverses des médicaments délivrés sur ordonnance.

Les femmes courent particulièrement un risque élevé de complications liées aux produits pharmaceutiques. C’est en grande partie parce que, bien que les femmes prennent la majorité des médicaments délivrés sur ordonnance, beaucoup des médicaments sont toujours testés seulement sur des hommes.

Et voici le grand sujet : Le Journal sur la loi, la médecine et l’éthique déclare que les produits pharmaceutiques utilisés comme prescrits sont la quatrième cause principale de mort des Américains. Cela met la mort induite par les médications avant le diabète, les accidents de la route et le sida. Le taux de mortalité pour les médicaments délivrés sur ordonnance est 10 fois plus élevé que le nombre de gens tués par des médicaments illégaux.

L’avocat des patients, Lisa Bloomquist, dit que, dans trop d’affaires, « l’industrie pharmaceutique a efficacement pris un problème aigu… et l’a converti en un problème chronique ». Elle dit que ces problèmes chroniques « signifient des consommateurs fidèles, et l’industrie pharmaceutique fait des milliards ».

À la lumière de ces risques, les patients devraient poser quelques questions à leurs médecins avant de suivre allègrement leurs recommandations pour mettre ces mélanges chimiques très puissants dans leurs corps.

« Docteur, qu’est-ce que le NNT ? »

Tout d’abord, un patient devrait interroger le médecin sur une statistique appelée le nnt : « Le nombre nécessaire pour traiter ».

Le nnt est une donnée que les médecins et les sociétés pharmaceutiques n’aiment généralement pas évoquer. Il enregistre le nombre de personnes qui doivent prendre un certain médicament pour que l’une d’entre elles ait des résultats.

Considérez l’exemple des statines, une classe de médicaments habituellement prescrite pour faire baisser le taux de cholestérol. Mais le nnt pour une statine le plus largement prescrite est un stupéfiant 250. Cela signifie que sur 250 personnes qui la prennent, cette statine aide seulement une personne.

Le docteur Jerome R. Hoffman, professeur de médecine clinique à l’Université de Californie, à Los Angeles, a expliqué : « Qu’en serait-il si on met 250 personnes dans une pièce, et qu’on leur dit que chacun doit payer 1 000 dollars par an pour un médicament qu’ils devraient prendre chaque jour… et que 249 d’entre eux n’auraient aucun résultat ? Et qu’ils pourraient tout aussi bien avoir des résultats en faisant de l’exercice ? Combien en prendraient ? »

La statine a un nnt exceptionnellement élevé, mais la société pharmaceutique GlaxoSmithKline estime que 90 pour cent de toutes les prescriptions de médicaments fonctionnent pour seulement 30 à 50 pour cent des gens qui les prennent. Aussi, en général, vos chances sont à 50-50 d’avoir un soulagement—au mieux.

Et dans nombre de cas, les effets de vos médications sont pires que la simple neutralité. Cela mène à la deuxième question qu’un patient devrait poser.

« Quels ont les effets secondaires ? »

Avant d’accepter une nouvelle prescription, un patient devrait, également, interroger le médecin sur les effets secondaires du médicament et sur le pourcentage de gens qui en souffrent.

Pour rester fidèle à l’exemple des statines, les effets secondaires sont sérieux. Ils comprennent des douleurs articulaires, musculaires et gastro-intestinales. Elles sont connues pour avoir des effets chez environ 5 pour cent des gens qui les prennent. (Dans des cas sévères, elles peuvent, également, causer des ruptures musculaires et un diabète de type 2.)

Ainsi, si vous ajoutez le pourcentage d’effets secondaires au nnt, vous voyez que sur 250 personnes prenant les statines les plus largement prescrites, seule une personne a des résultats, tandis que plus d’une douzaine a des effets secondaires. Chaque patient, pris individuellement, a 12,5 fois plus de risque d’avoir des dommages que d’avoir des résultats avec le médicament.

« La société pharmaceutique vous rémunère-t-elle ? »

Il n’est pas possible de regarder la télévision ou de feuilleter un magazine sans être bombardé d’images de femmes stressées obtenant finalement une bonne nuit de sommeil, d’adolescents déprimés faisant une transformation vers la joie et d’hommes aux cheveux argentés retrouvant une virilité perdue depuis longtemps.

Ces budgets publicitaires qui ciblent directement les consommateurs sont énormes. Cependant, ils ne sont qu’une fraction de la dépense en mercatique de l’industrie pharmaceutique. Où va donc le reste de cet argent de mercatique ?

Aux médecins ! À la différence de la situation avec la plupart des produits, les consommateurs ne peuvent acheter des produits pharmaceutiques à moins qu’ils n’aient l’approbation d’un médecin. Les sociétés pharmaceutiques savent que les médecins sont ceux qui ont, en réalité, le pouvoir de faire passer leurs médicaments des étagères aux armoires à pharmacie des patients. Ainsi, les sociétés concentrent la plus grande partie de leur mercatique directement sur les professionnels de la santé.

En 2012, les sociétés pharmaceutiques ont dépensé 3,5 milliards de dollars en mercatique dirigée vers le consommateur. Cette même année, elles ont dépensé presque sept fois ce chiffre—environ 24 milliards de dollars—démarchant directement les professionnels de la santé.

La mercatique auprès des professionnels de la santé se produit de deux façons principales.

D’abord, les sociétés envoient des attachés commerciaux pour visiter couramment les hôpitaux, apportant des cadeaux et offrant des buffets gratuits aux travailleurs de la santé. L’ancien attaché commercial de laboratoire pharmaceutique, Jamie Reidy, a dit à Last Week Tonight que les déjeuners sont plus que des cadeaux simplement occasionnels : « Il y a des offices qui ont une publicité, à l’avant du bureau qui décrit leur fonction, disant “déjeuner gratuit tous les jours”—non pas parce que les médecins payent pour cela, mais parce que les représentants en médicament interviennent tous les jours ».

La National Physician Alliance a dit que 83 pour cent des médecins ont reconnu avoir accepté des repas et/ou des cadeaux venant de l’industrie pharmaceutique. Une étude a montré que les États-Unis ont environ 100 000 représentants en médicament, ce qui signifie environ un pour huit médecins—et la dépense moyenne en mercatique pour chaque médecin est de plus de 12 000 dollars.

Les présents des compagnies pharmaceutiques aux médecins peuvent, également, inclure des parties de pêche, des appointements pour formations, des médicaments-types—et des services comme la création de sites Web gratuits. Dans un cas, une compagnie pharmaceutique a dépensé 9 750 dollars lors d’un dîner pour trois médecins—dans le but de les persuader de prescrire ses médicaments.

Ce conflit d’intérêts est tellement répandu que le gouvernement a récemment lancé un site Web qui permet au public de voir combien d’argent que chaque médecin reçoit de divers laboratoires.

La deuxième façon dont les sociétés pharmaceutiques démarchent les professionnels de la santé, c’est en louant les services de médecins pour parler à d’autres médecins de leurs médicaments.

En 2013, le ministère public fédéral a accusé la compagnie pharmaceutique Novartis de dépenser presque 65 millions de dollars pour payer des médecins pour tenir plus de 38 000 de ces « conférences ».

Le Wall Street Journal a écrit : « Ces conférenciers ont été payés une moyenne de 750 à 1 500 dollars par conférence, avec quelques conférenciers gagnant bien 3 000 dollars par conférence a dit le ministère public. Dans un cas, un médecin de Floride a été payé 3 750 dollars pour parler aux mêmes quatre médecins d’un médicament de Novartis, cinq fois sur une période de neuf mois, ont dit les procureurs » (26 avril 2013).

Novartis a essayé de se défendre, en disant que les conférences dispensées par les praticiens sont « une pratique acceptée et usuelle dans l’industrie ».

Mais c’est précisément le problème. La nature usuelle de la pratique signifie que l’objectivité de beaucoup de professionnels de la santé est corrodée.

Quand une compagnie pharmaceutique paie un médecin pour agir comme porte-parole pour ses médicaments, ce médecin se sentira souvent l’obligé de cette société. Cela le poussera à faire des recommandations basées non pas sur son meilleur jugement, mais sur les vœux de la compagnie pharmaceutique.

Ainsi, la troisième question que vous devriez poser à votre médecin, s’il vous recommande une certaine prescription, c’est s’il reçoit ou non de l’argent, des cadeaux, des honoraires pour des conférences ou d’autres avantages du laboratoire qui fabrique le médicament. Vous pouvez, également, demander si son opinion sur le médicament a été influencée par des médecins payés pour parler en faveur de son fabricant.

« Comment puis-je agir ? »

Une dernière question que vous devriez poser est adressée moins à votre médecin qu’à vous-même.

Quels changements à long terme puis-je faire dans mon alimentation, mes exercices physiques et autres habitudes de style de vie qui pourraient améliorer ma santé sans produits pharmaceutiques ? Ces sortes de changements peuvent souvent être difficiles. Mais prenez note, les effets secondaires de cette solution peuvent inclure, mais ne sont pas limités : une plus haute qualité de vie, une plus grande clarté de pensée, une plus grande épargne, une vie plus abondante, plus de temps pour la famille et les amis, une plus grande productivité au travail...

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