Merkel
Le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel

Unkel/Ullstein Bild/Getty Images

Quand les Allemands s'inquiètent, vers où se tournent-ils ?

11/06/2018  •  de latrompette.fr
L'Allemagne cherche des alliés alternatifs.
 

L'Europe n'était pas ravie lorsque le président des États-Unis Donald Trump s'est retiré de l'accord sur le nucléaire iranien. Une raison majeure est l'intérêt direct des Européens pour l'accord : leurs entreprises allaient faire beaucoup d'argent et ils ne voulaient pas que les sanctions contre l'Iran reviennent.

Mais la suppression de l'accord soulève également des questions plus profondes sur le rôle de l'Europe dans le monde. Pendant des décennies, l'Amérique a été le protecteur de l'Europe. Quand l'Europe a voulu quelque chose soit pris en charge, comme la Yougoslavie, l'Amérique a fait la plus grande partie du travail. Lorsque le Moyen-Orient a menacé d'exploser, l'Amérique est intervenue, avec des niveaux de succès variables, avant que la conflagration ne puisse sérieusement nuire à l'Europe.

La rupture de l'accord sur le nucléaire iranien fait suite à la rupture de l'accord sur le changement climatique et à la perspective d'une guerre commerciale entre l'Union européenne et les États-Unis. Cela soulève le spectre d'une rupture beaucoup plus profonde avec les États-Unis.

Pour la première fois en 70 ans, le rôle de l'Allemagne dans le monde est incertain. Son allégeance est à saisir. Vers où va-t-elle tourner ?

Les voyages à l'étranger de la chancelière allemande Angela Merkel ont révélé sa réponse à ce dilemme. Elle s'est tournée vers la Russie et la Chine.

Le président Trump a annoncé son retrait de l'accord sur le nucléaire iranien le 8 mai. Le 16 mai, Mme Merkel a rencontré les dirigeants européens à Sofia, en Bulgarie, pour un sommet préétabli. Deux jours plus tard, elle a rendu visite au président russe Vladimir Poutine à Sotchi. Le 24 mai, elle visita Xi Jinping à Beijing.

Une alliance orientale—ou Ostpolitik comme on l'appelle en Allemagne—a longtemps été le plan de sauvegarde de la nation. Comme le note Tim Marshall dans son livre Prisoners of Geography [Prisonniers de la géographie] : « Grâce à l'UE et à l'otan, l'Allemagne est ancrée en Europe occidentale, mais par temps orageux, les ancres peuvent glisser et Berlin est géographiquement située pour changer l’orientation de son attention à l’Est si nécessaire et forger des liens beaucoup plus étroits avec Moscou ».

Cela pourrait déjà être en train de se produire. Dans leur article Zeihan on Geopolitics, Peter Zeihan, Melissa Taylor et Michael N. Nayebi-Oskoui ont écrit :

Merkel a observé avec une horreur croissante, à mesure que les Américains cessent de traiter les Européens comme des alliés, ou même des partenaires, mais plutôt comme des concurrents. ...

À cette fin, Mme Merkel a noté deux jours après que les Américains se soient retirés de l'accord sur le nucléaire iranien : « Ce n'est plus le cas que les États-Unis vont tout simplement nous protéger. Soyons réalistes, l'Europe en est encore qu’à ses débuts en ce qui concerne la politique étrangère commune. » ...

Si l'on ne peut pas faire confiance aux Américains pour mettre l'Europe en premier, les Allemands n'ont pas d'autre choix que d'agir pour empêcher une coalition à grande échelle de contenir les intérêts allemands. Cela veut dire courtiser de nouveaux alliés—de l'autre côté de l'Europe. Et donc après avoir fait des commentaires que l'Europe avait besoin de se rassembler, Merkel ne s'est pas rendue à Bruxelles. Ou Paris.

Elle est allée à Moscou.

Maintenant, ne réagissez pas de manière excessive. Je ne dis pas que le pacte Molotov-Ribbentrop v. 2.0 approche à grands pas. Ce que je dis, c'est que même avec sept décennies d’un environnement stratégique des plus favorables que le continent européen aurait jamais pu espérer, une fusion stratégique et politique significative des pays européens n'a toujours pas eu lieu. ...

Pour l'Allemagne ça veut dire mettre quelques fers au feu qui n'ont rien à voir avec l'Europe. Cela signifie des connexions économiques et énergétiques à la Russie. Cela signifie au moins de donner aux demandes Russes une audience. Cela signifie prendre en compte les intérêts stratégiques de la Russie en ce qui concerne les pays entre l'Allemagne et la Russie.

D’accord, peut-être que cela ressemble un peu à un pacte Molotov-Ribbentrop revisité.

N'oublions jamais que le concept fondateur de l'UE et de l'otan était de garder les Américains à l'intérieur, les Russes à l'extérieur et les Allemands sous contrôle. Chacun de ces trois piliers sont disparus.

L'un des points clés à l'ordre du jour est le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie et l'Allemagne. Le gazoduc permet à Poutine de couper les pays d'Europe de l'Est du gaz russe, tout en continuant à approvisionner l'Europe occidentale via l'Allemagne. Cela transforme cette arme à gaz en un outil de précision. L'Allemagne quant à elle obtient du gaz moins cher pour alimenter sa machine d'exportation et devient une plaque tournante énergétique pour le gaz russe.

L'Amérique déteste l'accord et fait pression sur l'Allemagne pour l'annuler. Le Wall Street Journal a rapporté le 17 mai que M. Trump voulait que l'Allemagne laisse tomber le gazoduc en échange de l'abandon par l'Amérique de la menace d'une guerre commerciale. Mais l'Allemagne semble prête à choisir la Russie aux dépens des États-Unis—même en risquant les sanctions américaines. Le samedi 19 mars, le Berlin Policy Journal a décrit la réunion :

Lors d'une conférence de presse conjointe après les pourparlers ce vendredi, Merkel et Poutine ont précisé que le pragmatisme était à l'ordre du jour. Les intérêts bilatéraux de leurs pays l'emportent sur les différences et, de plus en plus, ils se retrouvent unis contre la Maison Blanche de Trump.

Le prochain voyage de Mme Merkel était en Chine—son onzième voyage au cours de ses 12 années en poste. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a promis que la porte de la nation « s'ouvrira encore plus largement » à l'Allemagne.

Ces visites sont des signes d'un déplacement de l'Allemagne s’éloignant des États-Unis et allant vers une alliance avec les ennemis de l'Amérique. Comme je l'ai écrit l'année dernière, la relation de l'Allemagne avec la Russie est la véritable collusion dont vous devez vous inquiéter :

En mai 1962, la Pure Vérité—prédécesseur de la Trompette a écrit : « Une fois qu'une Europe dominée par l'Allemagne sera pleinement établie, l'Allemagne sera prête à négocier et à marchander avec la Russie—et dans le dos des alliés occidentaux si nécessaire. »

« Quand un accord russo-allemand est conclu, vous pouvez être sûr que le sort des États-Unis et de la Grande-Bretagne est à l'horizon », a averti le même article.

Cela semble-t-il improbable ? Des universitaires éminents dans le domaine des relations internationales ont fait le même avertissement ! Pour Morgenthau, un tel accord serait « un changement radical dans la répartition du pouvoir mondial ». Spykman a averti que l'absence d'un pouvoir unifié en Europe ou en Asie de l'Est « est une condition préalable absolue à l'indépendance du Nouveau Monde et à la préservation de la position de pouvoir des États-Unis. »

« Les États-Unis doivent reconnaître une fois de plus et de manière permanente que la constellation de pouvoir en Europe et en Asie est pour eux une préoccupation éternelle, à la fois en temps de

Ce qui est sous menace est l'intérêt le plus fondamental de tous pour l’Amérique : sa survie même.

Cette alliance russo-allemande à venir durera tant que cela sera dans l'intérêt des deux parties. Historiquement, cela n'a pas été long.

« Regardez l'histoire », prévient le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry. « Chaque fois que la concurrence entre la Russie et l'Allemagne se réchauffe, ils concluent un accord l’un avec l’autre, juste avant de partir en guerre ! » (La Russie et la Chine selon la prophétie).

Ces guerres se sont étendues pour engloutir le monde, et ces alliés-de-commodités se sont retournés les uns contre les autres de manière dévastatrice.

Il y a déjà des signes forts qui montrent que les deux parties ont discuté et traité. L'Allemagne est apparue plus récemment comme le principal opposant de l'Europe à la Russie—même si elle a rallié d'autres pays pour maintenir des sanctions, elle a continué à travailler sur certains contrats de gazoduc potentiellement lucratifs avec la Russie.

Mais la pression augmente maintenant sur ces deux puissances pour quelle puissent travailler ensemble beaucoup plus étroitement—un développement qui changera rapidement le monde.

Zeihan voit la nature potentiellement révolutionnaire de cette relation. La partie 1 de l'article cité ci-dessus indiquait :

Les Américains laissent un vide du pouvoir et nous savons ce qui se passe dans les vides du pouvoir.

J'ai parlé et écrit à propos de cette « fin » qui approche pendant la majeure partie de la dernière décennie. L'une des choses amusantes—et, d’ailleurs, une des choses qui m'aide à rester sain d'esprit—est que tout cela est très abstrait. Je peux allégrement noter que des guerres vont se produire, que les chaînes d'approvisionnement s'effondreront, que les lumières s'éteindront, que la famine est inévitable, mais tant que les temps d’accomplissements sont vagues et que les endroits sont loin d’ici, il est facile de parler et écrire avec un certain degré de détachement. Cela ne m'affecte pas, personnellement, et certainement pas maintenant.

Je pense, ou crains, que je suis sur le point de perdre cette isolation. La fin est très ... proche.

La Bible prophétise aussi d’une relation économique germano-chinoise. Ésaïe 23 décrit Tyr—une référence à la puissance économique moderne qui se construit en Europe—formant un « marché des nations » avec Kittim—un ancien nom pour la Chine. D'autres écritures parlent de la Russie qui s’allie avec la Chine—signifiant que la Russie fera aussi partie de ce « marché ».

Dans sa brochure Ésaïe : sa vision du temps de la fin, M. Flurry a écrit :

La Bible contient beaucoup de prophéties de cette puissance européenne attaquant l'Amérique—et beaucoup d'autres prophéties de l'Amérique étant assiégée.

C'est là que la Chine et les géants d'Asie entrent en scène. Lorsque le Saint Empire romain attaquera l'Amérique du Nord, il n'y aura pas d'aide ou de sympathie de la part de l'Asie. En fait, considérant que la Chine est devenue propriétaire de la plupart des portes maritimes stratégiques du monde (qui, ironiquement, ont été détenues par la Grande-Bretagne et l'Amérique), nous croyons qu'il pourrait y avoir une brève alliance entre le Saint Empire romain mené par l’Allemagne et certaines puissances asiatiques (la Russie, la Chine, le Japon—les rois de l'Orient). Si l'Europe, le Saint Empire romain ressuscité, trouve le moyen de tirer profit—même pour un moment—des ressources clés et des avoirs stratégiques de la Chine, de la Russie et du Japon, elle aurait plus qu'assez de pouvoir pour assiéger les nations anglo-saxonnes et les asservir.

C’est la « fin » dont Zeihan a mis en garde. Mais la Bible offre plus que des détails sur la façon dont cette fin arrivera. Elle offre également l'espoir de ce qui se passera après. Pour en savoir plus sur ce que dit la Bible à ce sujet, lisez notre brochure gratuite Ésaïe : sa vision du temps de la fin.  

Esaie