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Iran : Est-ce pour de vrai ?

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Iran : Est-ce pour de vrai ?

B onjour !

Le matin du 11 juin, le président Trump a promis de frapper l'Iran « TRÈS DUR CE SOIR ». Le soir du 11 juin, il a annulé les frappes et a annoncé qu'un accord serait signé dès ce week-end.

  • C'est au moins la huitième fois depuis le début du conflit, le 28 février, que Trump a publiquement fixé une date limite pour une action militaire contre l'Iran, avant d'y renoncer. Huit fois en 15 semaines. Toutes les deux semaines.

L'Iran se révèle très doué pour faire espérer l'équipe Trump.

  • Il sait que le président aspire à un accord retentissant et joue magistralement cela contre lui. Il pousse et provoque aussi loin qu'il le peut, puis il fait semblant d'offrir des concessions juste à temps pour maintenir les pourparlers en cours.

C'est le jeu que l'Iran mène depuis des décennies. Cela a conduit au désastreux accord sur le nucléaire iranien de Barack Obama. Aujourd'hui, remarquablement, il incite le président Trump, qui avait annulé l'accord d'Obama, à conclure un accord étrangement similaire.

Selon la proposition actuelle, les deux camps rouvrent le détroit d'Ormuz, les États-Unis lèvent les sanctions et débloquent des milliards de fonds iraniens gelés, l'Iran s'engage à un moratoire sur l'enrichissement, et un cessez-le-feu de 60 jours permet de gagner du temps pour la poursuite des discussions. Israël n'est pas partie à l'accord.

  • C'est l'accord nucléaire d'Obama qui renaît : des promesses maintenant, de l'argent comptant dès le départ, des concessions plus tard.

  • Le Telegraph : « Au mieux, semble-t-il, l'Iran a accepté de discuter d'un nouveau moratoire sur l'enrichissement, à l'image de celui d'Obama, et s'est de nouveau engagé à ne pas développer d'armes nucléaires. […] En contrepartie, Trump lèvera progressivement les sanctions, comme l'avait fait Obama, et restituera les 24 milliards de dollars d'avoirs gelés du régime. En bref, c'est un jour sans fin géopolitique. »

Cela ne devrait pas nous surprendre. Comme l'a écrit Melanie Phillips dans sa chronique du 12 juin, le responsable iranien qui a négocié l'accord d'Obama est tout à fait un expert en la matière. Melanie Phillips a écrit :

Dans son livre de 2025, Le pouvoir de la négociation, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, préconisait de répéter sans cesse les exigences de l’Iran jusqu’à ce que son adversaire « devienne engourdi » et se rende, au motif que « celui qui se fatigue et s’ennuie rapidement perdra ».

  • Le retard n’est pas un échec ; c’est la stratégie. Les États-Unis menacent, l'Iran négocie, les États-Unis cèdent, l'Iran gagne du temps – et le temps est tout ce dont un programme nucléaire a besoin.

Le matin du 11 juin, lors d'une interview sur la chaîne d'actualités américaine Fox où il promettait des frappes « plus importantes » et « plus puissantes », le président Trump a fait une déclaration révélatrice : il a toujours voulu prendre l'île de Kharg, principal centre d'exportation de pétrole de l'Iran, mais il a ajouté :

Je ne sais pas si les États-Unis en ont le courage, pour être honnête avec vous. Vous feriez fortune, mais je ne sais pas si les États-Unis en ont le courage. Je pense qu’ils aimeraient nous voir rentrer au pays.

Il a raison. Après des décennies d'aventurisme militaire coûteux et infructueux, les Américains sont las de la guerre.

  • Et l’envie de Trump de déployer la puissance militaire comme simple tactique de négociation ne donne pas de résultats qui feront changer d’avis qui que ce soit. Ses revirements, entre frappes et cérémonies de signature, ne font qu'aggraver la situation.

  • Les États-Unis donnent raison à Araghchi : celui qui se fatigue et s'ennuie rapidement perdra.

En observant ce spectacle se dérouler, je reviens sans cesse aux malédictions énoncées dans Lévitique 26 : 19-20 : l'orgueil de la force des États-Unis est brisé, et Washington gaspille ses forces en vain.

Le régime radical iranien, lui, vit un jour de plus pour remplir son rôle de « roi du midi » prophétisé.

Les États-Unis envisagent de retirer leurs navires de guerre et leurs avions d'Europe : Deux hauts responsables européens ont confirmé que les États-Unis prévoient de retirer leurs moyens militaires de chez leurs alliés européens, selon le New York Times le 12 juin. Les médias allemands avaient précédemment rapporté des détails similaires. Selon le New York Times, le nombre d'avions de combat F-16 et F-15E passera d'environ 150 à 100, celui des avions de reconnaissance maritime de 26 à 15, et celui des avions ravitailleurs de 8 à 0. Ces réductions, ainsi que les retraits et les redéploiements de troupes américaines, placent l'Europe dans une position stratégique difficile. « Le principal problème de l’OTAN est que, tant que Trump est président, il n’y a plus aucune certitude que les États-Unis viendraient en aide aux Européens en cas d’urgence », a déclaré Anton Hofreiter, député allemand du Parti vert. Attendez-vous à ce que l'Allemagne profite de cette méfiance croissante à l'égard des États-Unis afin de recentrer la stratégie militaire de l'Europe autour de sa propre stratégie.

L'Allemagne est l'une des principales destinations des réfugiés : L'Allemagne est le deuxième plus grand pays d'accueil des réfugiés, après la Colombie, selon le « Rapport mondial sur les réfugiés » de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés publié le 11 juin. L'année dernière, 2,7 millions de réfugiés au total résidaient en Allemagne, dont 2,1 millions étaient ukrainiens, syriens et afghans. Quatre cent mille réfugiés supplémentaires sont devenus citoyens depuis 2016. L'afflux de réfugiés, qui a commencé en 2015, a poussé l'Allemagne vers la radicalisation et vers un désir plus fort et plus urgent d'un leadership décisif qui met la priorité sur l'Allemagne.

La majorité des Israéliens ne veut pas que Netanyahou se présente à la réélection, selon un sondage : 61 pour cent des Israéliens âgés de 18 ans et plus ne veulent pas que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se présente comme candidat, contre 35 pour cent qui le souhaitent, selon un sondage réalisé du 31 mai au 5 juin par l’Israel Democracy Institute, organisation de centre-gauche. Cinquante-sept pour cent des Israéliens juifs et 83 pour cent des Israéliens arabes ont déclaré que Netanyahou ne devrait pas se présenter. Le Premier ministre Netanyahou se présente néanmoins. Le sondage n’a interrogé que 753 personnes, en deçà du seuil habituel de 1 000 que de nombreux analystes considèrent comme représentatif, mais il indique que le Premier ministre devra mener une bataille difficile pour rester à la tête d’Israël.