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L'extrême droite européenne va-t-elle remettre l'UE sur les rails ?

Sean Gallup/Getty Images

L'extrême droite européenne va-t-elle remettre l'UE sur les rails ?

Le projet d’unification de l’Europe est presque achevé, mais sa transformation la plus radicale est encore à venir.

Les partis populistes de droite des deux plus grandes économies d'Europe gagnent du terrain dans l'intention de transformer fondamentalement, voire de détruire, l'Union européenne. Est-ce qu'ils y parviendront ? Que révèle la prophétie biblique au sujet de l'avenir de l'Union européenne ?

L'UE est née de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et a depuis étendu son champ d'action et sa portée. Pour certains, l'UE accumule trop de pouvoir. Pour d'autres, elle n'en a pas assez.


Ceux qui veulent voir l'UE devenir une superpuissance estiment qu'elle a besoin de plus de pouvoir dans les domaines qui ont de l'importance, et de moins de pouvoir dans ceux qui n'en ont pas.

L’avenir de l’UE dépend d’abord de l’Allemagne, puis de la France. Dans ces deux pays, les partis populistes qui réclamaient autrefois le démantèlement de l'UE gagnent en popularité. S'il reste à voir comment ces partis influenceront le cours des événements dans ces nations, le destin prophétisé de l'Europe est clair.

En France et en Allemagne, une vision populiste

L’ambassadeur de Hongrie auprès du Saint-Siège, Eduard Habsbourg, écrit ce qui suit dans son livre The Habsburg Way : « Bruxelles ne devrait pas se préoccuper de problèmes qui peuvent être résolus au niveau national. »

Nombreux sont ceux qui sont d'accord avec ce principe, mais ils s'opposent sur la question de savoir quelles questions peuvent être résolues au niveau national et dans quels domaines l'UE a besoin de davantage de pouvoirs.

Dans son document de synthèse du 29 septembre intitulé « Nations souveraines, Europe commune », le parti allemand d'extrême droite Alternative für Deutschland écrivait :

En 2029, quelque chose que nous n'avions guère osé espérer pourrait devenir réalité : une majorité patriotique de droite au Parlement européen est en passe d'être à notre portée. Pour la première fois, une telle majorité offrirait une occasion réaliste de changer l'orientation politique fondamentale de l'Europe.

Nous devons saisir cette opportunité historique. Non pas pour une poignée de changements cosmétiques, mais pour une refonte fondamentale de la coopération européenne. Les défaillances structurelles de l'Union européenne et de la monnaie commune sont trop profondes pour que quelques réformes isolées suffisent. Une majorité patriotique de droite doit donc provoquer des changements substantiels. Nous voulons renégocier les traités européens ! Les compétences européennes devraient être limitées aux domaines dans lesquels un intérêt commun est véritablement manifeste. Leur objectif premier devrait être la protection efficace des frontières extérieures de l'Europe, le marché unique commun, les efforts transfrontaliers de lutte contre la criminalité, ainsi que la coopération et la coordination en matière de politique de sécurité.

Des changements radicaux attendent l'UE, mais même l'AfD, qui plaidait autrefois pour la sortie de l'Allemagne de l'euro et de l'UE, y voit désormais l'occasion de remodeler l'Union à son gré. Nous avons observé un changement d'orientation similaire chez la Première ministre italienne Giorgia Meloni et chez la candidate à la présidence française Marine Le Pen.

« Au cours des dix dernières années, la France a vu se mettre en œuvre une vision européenne qui est l'exact opposé de celle que je défendrai », a déclaré Marine Le Pen aux journalistes lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue d'une réunion avec d'autres dirigeants européens d'extrême droite. « Ils voulaient une Europe puissante. Nous avons obtenu une Europe impuissante. Ils voulaient une souveraineté européenne. Tout ce que nous avons obtenu, c'est la dilution de la souveraineté nationale. »

Les élections présidentielles sont prévues pour avril de l'année prochaine, et Mme Le Pen est en tête des sondages. Nombreux sont ceux qui craignent de perdre leur souveraineté nationale au profit de l'UE, et Marine Le Pen le sait. Pourtant, beaucoup plus de personnes se rendent compte que seule une Europe unie peut survivre dans ce monde. Ainsi, même l'extrême droite reconnaît la nécessité d'une Europe plus forte.

Cependant, Mme Le Pen reste critique à l'égard de l'orientation de l'UE. Elle a ajouté : « Je ne me laisse pas abuser par ce que la Commission européenne veut faire. La Commission européenne veut se transformer en État ; nous ne le voulons pas. Et nous nous tiendrons donc en travers de son chemin. »

Mme Le Pen fait campagne en faveur d'une approche nationale. Lors du lancement de sa campagne présidentielle de 2027 à Orléans, le 25 octobre, elle a déclaré :

Notre défense ne sera ni déléguée ni partagée. Ce sera une défense nationale, avec une armée nationale.

Je le dis ici : si je crois au besoin urgent de préparer notre défense nationale à toute éventualité de guerre conventionnelle, et si j'aspire à doter à nouveau la France d'une armée puissante et moderne, nous conserverons le contrôle exclusif de nos armes nucléaires.

La question de la défense est essentielle. Il existe une forte pression en faveur d'une armée européenne, et le président français Emmanuel Macron se prépare même à partager les armes nucléaires françaises avec l'Allemagne et d'autres pays. Pour ceux qui craignent l'histoire de l'Allemagne, c'est une idée effrayante.

Mais même en Allemagne, l'opposition à une armée commune de l'UE est forte.

Bien que l’AfD estime qu’une coopération en matière de défense est nécessaire, elle rejette actuellement l’idée d’une armée européenne. Son document indique :

Une véritable autonomie stratégique exige que nous nous éloignions des dépendances technologiques unilatérales, en particulier vis-à-vis de puissances extérieures à l'Europe. Nous sommes donc favorables à une coopération plus étroite entre États souverains dans l'industrie de la défense : grâce à un développement conjoint dans des domaines stratégiques clés, tels que les systèmes de drones ou l'IA appliquée à la sécurité, et en privilégiant l'acquisition mutuelle d'équipements de défense européens, nous mettons en commun nos atouts pour constituer un arsenal commun des nations. Ici, la coopération sert l'autonomie technologique et l'échelle industrielle, tandis que le commandement des soldats doit rester fermement aux mains des États. […]

Les décisions concernant la guerre et la paix sont l'expression ultime de la souveraineté de l'État et ne doivent jamais être déléguées à des institutions supranationales. Nous rejetons fermement l'idée d'une armée européenne placée sous contrôle centralisé ou celle d'une mise en commun de la politique de défense. L'exigence constitutionnelle d'approbation parlementaire et l'autorité de commandement nationale sur les forces armées parlementaires sont inviolables. L'Allemagne ne participera à aucune structure militaire supranationale qui porterait atteinte aux chaînes de commandement nationales ou soumettrait des soldats allemands à des doctrines opérationnelles étrangères.

L'AfD rejette actuellement une armée européenne placée sous contrôle centralisé, mais la Bible révèle qu'en temps de crise, elle verra le jour.

L'AfD a également déclaré qu'elle estimait nécessaire que l'Allemagne dispose de plus de pouvoir. Par exemple, elle a plaidé pour que les plus grandes économies de la zone euro disposent d’un plus grand pouvoir de vote au sein de la Banque centrale européenne. Cela donnerait naturellement plus de pouvoir à l'Allemagne, première économie de l'UE.

En 2016, le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, a écrit : « Le transfert de pouvoir à Bruxelles est vraiment une supercherie monstrueuse. Le pouvoir est en réalité transféré à Berlin. L'ensemble du projet européen vise en fin de compte à ce que l'Allemagne dirige une armée, une économie et un gouvernement européens unis. »

On peut s'attendre à ce que l'Allemagne usurpe davantage de pouvoir d'une manière encore plus directe. En 2008, M. Flurry écrivait : « Les troubles sociaux et les émeutes finiront par obliger les Européens à se soumettre à un gouvernement européen fort et uni, dirigé en définitive non pas depuis Bruxelles, mais depuis Berlin. »

L'AfD ne comprend peut-être pas pleinement le projet européen, et toutes ses idées ne correspondent pas à l'avenir prophétisé de l'Europe. Ses revendications pourraient toutefois accroître le pouvoir de l'Allemagne au sein de l'UE. La Bible indique clairement à quoi ressemblera cette union.

Ce que révèle la prophétie biblique

Dès le début, le projet européen a promis que les nations conserveraient leur souveraineté. Dans une lettre aux collaborateurs datée du 16 novembre 1961, le regretté Herbert W. Armstrong a comparé cette promesse à la prophétie biblique, et a écrit :

À l'heure actuelle, la tendance dans le marché commun va vers « une Europe de nations unies mais souveraines ». Sur cette base, chaque nation conservant sa propre souveraineté, la Grande-Bretagne cherche à y être admise. Mais, plus tard, cela évoluera vers une véritable renaissance du « Saint Empire romain », avec un souverain central et dix autres qui placeront toute leur puissance militaire entre ses mains. Et la prophétie annonce que cette nouvelle puissance gigantesque détruira des villes américaines et conquerra cette grande nation !

En 1978, alors que le Royaume-Uni était fermement ancré dans la Communauté économique européenne, M. Armstrong a prophétisé que cette union se transformerait en un « Saint Empire romain ressuscité à venir bientôt, une sorte d'États-Unis d'Europe à venir, une union de dix nations issue du marché commun d'aujourd'hui ou lui succédant. La Grande-Bretagne ne fera pas partie de cet empire à venir bientôt. »

Le Royaume-Uni a quitté l'UE par crainte d'une perte de souveraineté, tout comme l'avait prophétisé M. Armstrong. Dans « L'esprit de Charlemagne est vivant en Europe », le rédacteur en chef de la Trompette Gerald Flurry a écrit en 2016 :

La Grande-Bretagne a été contrainte d'être piégée dans une situation sans issue. Si elle restait dans l'UE, elle devrait accepter de moins en moins de souveraineté, moins de démocratie, de plus en plus d'intégration et plus de pouvoir pour les dirigeants de l'UE. Si la Grande-Bretagne ne se conformait pas à l'idée d'un super-président de l'UE, elle serait soit expulsée de l'Union, soit elle choisirait de la quitter, ce qui est exactement ce que les électeurs britanniques ont fait en juin.

Alors que M. Armstrong avait prophétisé l'exclusion du Royaume-Uni de l'Union, il a affirmé à plusieurs reprises que l'Allemagne et la France en resteraient membres. Aujourd'hui, même les dirigeants populistes de ces nations se montrent plus favorables à l'idée d'une Europe unie et forte.

En outre, la prophétie biblique indique clairement dans quels cas les États membres renonceront individuellement à leur souveraineté.

Dans Apocalypse 17 : 12-13, on peut lire : « Les dix cornes que tu as vues sont dix rois, qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais qui reçoivent autorité comme rois pendant une heure avec la bête. Ils ont un même dessein, et ils donnent leur puissance et leur autorité à la bête. » Daniel 11 : 40 et d'autres prophéties indiquent que ce « roi du septentrion » ira en guerre à leurs côtés. Ésaïe 23 et Apocalypse 18 indiquent qu'il s'agira d'un bloc économique uni.

Sur cette base, M. Armstrong a prophétisé pendant des décennies la formation de « 10 nations en Europe » qui s'uniront « sous un seul gouvernement » avec « une force militaire unique » (lettre aux co-ouvriers, 24 juillet 1983).

Le super-État européen à venir ne sera pas dirigé par des bureaucrates, mais par 10 rois. Ces rois ne seront pas souverains, mais soumis à un dirigeant centralisé.

En août 1978, M. Armstrong écrivit : « Mais ils remettront tout leur pouvoir militaire et monétaire au dirigeant central qui dominera les dix, le futur chef européen. » M. Armstrong pensait que cela se produirait à la suite d'une crise financière aux États-Unis, conjuguée à la peur de la Russie et à l'aide de l'Église catholique.

Les dix rois prophétisés pourraient retrouver une certaine souveraineté dans les affaires intérieures ; mais lorsqu'il s'agira de questions économiques et militaires importantes, ils céderont leur pouvoir à un chef suprême.

Comme le montre l'article de M. Flurry intitulé « Les dix rois du nouveau Saint Empire romain se lèvent maintenant », le projet d'unification de l'Europe est presque achevé, mais sa transformation la plus radicale est encore à venir.