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China

Le pays du soleil levant

Il avait raison – Quatrième partie : L’Asie

La suite provenant de Les rois de l’Orient

L’ours russe et le dragon chinois observent depuis longtemps alors que la domination globale de l’aigle américain diminue. Maintenant ils cherchent à construire un puissant bloc global en Orient pour le remplacer. Herbert W. Armstrong a cru que pour qu’un puissant bloc asiatique puisse vraiment exercer une influence globale, il devra comprendre plus que seules la Russie et la Chine.

Les experts de la firme d’analyse de Stratfor sont d’accord : « La Chine et la Russie, alliés dans une alliance des plus resserrées, peuvent modifier l’équilibre régional en Eurasie mais ne peuvent pas affecter l’équilibre global ... » (16 avril 2001). Si vous ajoutez le Japon, cependant, avec ses prouesses à la fine pointe de la technologie, ses 128 million d’habitants et sa puissance navale, alors ce formidable bloc devient soudainement une force qui pourrait transformer l’équilibre global des forces.

Le Japon a infligé à la Chine quelques-unes des pires brutalités de l’histoire avant et durant la Deuxième Guerre mondiale. À la lumière du refus de Tokyo de faire des excuses de façon à apaiser Beijing, une étroite coopération entre les deux semblait extrêmement improbable. Cependant, malgré cette lourde tension, la Pure Vérité prédisait qu’un jour les deux puissances asiatiques se rallieraient. « Il est totalement inévitable qu’il y aura une alliance ultime entre le Japon et la Chine Rouge ! » disait la Pure Vérité de février 1963. La grande question c’est combien de temps la Chine restera ‘Rouge’ et survivra sans un lien avec le capitalisme japonais ».

« Malgré ses nombreuses différences nationales, religieuses et politiques, l’Asie sera ultimement soudée en un bloc commun puissant » écrivit la Pure Vérité en avril 1968. « Elle va ultimement envoyer sa force militaire au Moyen-Orient au retour de Jésus-Christ. Cette prophétie est enregistrée dans Apocalypse 16, versets 12 et 16. Le Japon jouera un rôle vital dans cette bataille ». Depuis des décennies, la Pure Vérité a prédit que le Japon jouerait un rôle important au sein du bloc oriental à venir que la Bible appelle les « rois de l’Orient » !

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les États-Unis ont adouci les hostilités rigides du monde au sujet de l’agression japonaise avec ces ententes : En premier vint l’Article 9 de la constitution que l’Amérique a rédigée pour le Japon, laquelle retenait les Japonais de se bâtir une armée plus grande que l’exigeaient ses besoins d’auto-défense géographiques immédiats. Ensuite vint le Traité de Coopération et de Sécurité Mutuelle entre les États-Unis et le Japon, lequel organisait la dépendance du Japon sur les États-Unis pour sa défense, disant que l’Amérique défendrait le Japon en stationnant des troupes américaines près des zones de conflits potentiels dans la région.

Un résultat quelque peu inattendu de cette entente fut qu’après la Deuxième Guerre mondiale, plutôt que de rebâtir d’abord ses forces militaires, le Japon fut capable d’investir toutes ses ressources à devenir une superpuissance économique.

Notez ce que M. Armstrong écrivit dans la Pure Vérité de mars 1971 : « Le Japon d’aujourd’hui n’a pas de pouvoir militaire. Certaines unités des forces américaines sont toujours déployées là-bas. Mais nous ne devons pas perdre de vue le fait que le Japon est devenu si puissant économiquement qu’il pourrait construire une force militaire de très grande envergure très rapidement ».

Comme vous l’avez deviné, c’est ce qui se produit sérieusement en ce moment.

TOKYO SUR LE SENTIER DE LA GUERRE

Aujourd’hui, le Japon se vante de posséder un des 10 plus grands arsenaux militaires du monde. Et avec quatre fois plus de navires de guerre importants que la Marine Royale britannique, Tokyo commande la deuxième plus grande force navale sur la planète. Pourtant, malgré toute sa force industrielle, économique et navale, le Japon a jusqu’à très récemment été perçu comme une puissance bénigne, limitée par les souvenirs des explosions nucléaires qui ont mis fin à ses exploits impériaux passés.

Les événements du 11 septembre 2001, on fait beaucoup pour ouvrir la porte à un militarisme japonais élargi. Seulement un mois après les attaques terroristes sur les États-Unis, le Premier ministre japonais d’alors, Junichiro Koizumi a adopté une loi antiterroriste qui a permis aux militaires japonais de fournir un support logistique à la guerre au terrorisme de l’Amérique.

Pourquoi le Japon fut-il capable d’entrer dans la bataille si rapidement ? Un coup d’œil sous la surface montre qu’en réalité, le Japon n’avais pas été la puissance bénigne qui avait été présentée depuis sa défaite de 1945.

Depuis des décennies, le Japon avait évité l’application stricte de l’Article 9, qui déclare que « le peuple japonais renonce pour toujours à la guerre comme un droit souverain de la nation et la menace ou l’utilisation de la force comme le moyen de régler des disputes internationales. ... Les forces terrestres, maritimes et aériennes, aussi bien que tout autre potentiel de guerre, ne seront jamais maintenues ». La résurrection des forces militaires du Japon a en fait commencé aussitôt qu’en 1950, quand une réserve nationale de police fut établie comme le remplacement des troupes américaines envoyées à la guerre en Corée. Puis en 1954, le gouvernement japonais transforma cette force policière en la Force d’Autodéfense japonaise (JSDF)—avec l’appui total de Washington.

Alors que le temps s’écoulait et que les souvenirs de la Deuxième Guerre mondiale disparaissaient, la jsdf prit graduellement de l’expansion. En 1992, le Japon vota la Loi de Coopération du maintien de la paix des Nations Unies qui permit aux jsdf de prendre part dans certains aspects non militaires de missions de l’ONU. Les soldats japonais furent alors autorisés à se stationner à l’extérieur des frontières du Japon. Ensuite vinrent les attaques du 11 septembre 2001, qui amenèrent des changements que le New York Times a décrit comme « la transformation la plus significative de l’armée japonaise depuis la Deuxième Guerre mondiale » (23 juillet 2007).

La marche vers la militarisation du Japon s’accéléra de 2004 à 2010, un temps durant lequel il envoya des forces non-combattantes en Irak, Indonésie, Népal, Israël, Djibouti, Somalie et Haïti. Durant cette même période, le Japon commit plusieurs écarts de conduite par rapport à une force purement « auto-défense ». Il commença à envisager d’utiliser l’espace à des fins militaires. Son Agence de Défense fut améliorée pour devenir un ministère à part entière, lui donnant une voix grandement amplifiée dans le cabinet. Il acquit la capacité de faire voler des avions F-2 sur plus de 1,700 milles sans refaire le plein. Il lançait des bombes réelles de 500 livres dans le cadre d’exercices militaires.

Le 11 Mars 2011, le tremblement de terre Tohoku de magnitude 9.0 frappa le Japon, provoquant un tsunami et causant une grave crise nucléaire. Le jsdf s’est lancé dans l’action, coordonnant et établissant des opérations de sauvetage avec plus de 100,000 soldats—un nombre totalement sans précédent dans cette ère d’après-guerre. « Ce n’est pas exagéré de dire que ce tremblement de terre ait conduit à la plus importante opération militaire depuis la Deuxième Guerre mondiale, » a écrit le World Politics Review à l’époque. De façon peut-être encore plus importante, les efforts de sauvetage ont drastiquement amélioré la perception du public japonais de leurs forces armées nationales. En fait, le jsdf reçoit maintenant le plus haut niveau de support du public des dernières décennies.

Maintenant que plusieurs des tabous sont déjà brisées, il ne reste qu’un petit pas à faire pour que le Japon amende sa constitution pacifiste. Et c’est précisément ce que les dirigeants japonais actuels travaillent à faire.

« Je ferai de mon mieux pour l’avenir et pour amender la Constitution. C’est ma mission historique, » a dit le Premier ministre japonais Shinzo Abe, en août 2013. Deux mois plus tard, le Japon disait qu’il « réexaminait la base légale pour sa sécurité incluant d’exercer ses droits d’auto-défense collective, élargissant son budget de défense, révisant les lignes directrices de son Programme de Défense nationale, et renforçant sa capacité de défendre son territoire souverain ».

Tôt en 2014, Abe a dit, « Le Japon ne peut pas être enfermé dans une boîte créée il y a 40 ou 50 ans ». Cette boîte à laquelle il fait référence est celle qui restreint le Japon d’accomplir plusieurs actions militaires. À la lumière de la nucléarisation de la Corée du Nord, de l’hostilité croissante de la Chine, et du retrait des États-Unis de la scène internationale, Abe et un nombre croissant de dirigeants et de citoyens japonais veulent ouvrir cette boîte.

Les Japonais ont depuis longtemps eut cette capacité de le faire. Ce n’est maintenant plus qu’une question de volonté de Tokyo de décider de la déverrouiller et d’émerger en tant que puissance militaire à part entière.

Le fondateur de Stratfor, George Friedman a dit, « L’émergence du Japon en tant que grande puissance militaire dans l’avenir dépend plus de sa volonté que de sa capacité. Pour avoir une force militaire de classe mondiale dans de courtes prochaines années, le Japon n’a qu’à décider qu’elle en désire une ».

Abe apparemment, est d’accord avec cette analyse. « Quelqu’un doit décider » de quelle position défensive le Japon a besoin pour la sécurité de sa situation, a-t-il dit tôt en 2014. Le 1er juillet de cette année-là, Abe est allé au-delà des paroles. Ce jour-là, Tokyo a « réinterprété » une section-clé de sa constitution pacifique : l’interdiction de son auto-défense collective. Durant les sept années précédentes, Tokyo avait interprété cette section comme limitant strictement les forces japonaises à agir pour sa propre défense, et jamais pour la défense de ses alliés, et jamais dans aucun conflit loin du Japon.

La décision du 1er juillet signifie que le Japon peut maintenant utiliser sa grande armée de pointe de façons qui auraient été inimaginables il y a seulement quelques années : Si un navire américain est sous attaque, le Japon peut l’assister ; si un missile de la Corée du Nord se dirige vers un bateau australien, le Japon peut l’abattre ; si les Nations Unies sont impliquées dans une activité de « zone grise », les troupes japonaises peuvent participer.

La réinterprétation pave la voie à de plus grands changements à la Constitution du Japon. En conséquence, pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, le Japon pourrait bientôt avoir officiellement les capacités de première frappe contre des menaces potentielles.

LE JAPON DEVIENDRA-T-IL NUCLÉAIRE ?

L’armement nucléaire aussi, n’est qu’une question de décision japonaise. La Pure Vérité de juillet 1966 déclara : « Alors que la Chine possède la bombe, le Japon n’oserait-il pas construire la sienne ? Le Japon est le super-géant de l’Orient, s’élevant à des hauteurs étourdissantes de prospérité économique. Alors que nous avons rapporté dans des numéros précédents de cette revue, le monde n’a pas encore entendu les tendances alarmantes venant du Japon ! ... Le Japon pourrait joindre le ‘club nucléaire’ à tout moment ! »

La Pure Vérité et d’autres publications sous M. Armstrong ont écrit plusieurs autres déclarations comme celle-là durant l’année. En avril 1968 elle disait, « Les officiels de Washington admettent franchement qu’ils s’attendent à ce que le Japon développe une structure militaire puissante pour assister les États-Unis dans les politiques du pouvoir asiatique. Un observateur à Tokyo a déclaré que les États-Unis n’ont pas d’autre alternative que de pousser le Japon à devenir éventuellement une puissance thermonucléaire ».

Il est vrai que si le Japon—qui a déjà une industrie civile nucléaire hautement développée—décidait de prendre cette voie, elle pourrait devenir une puissance nucléaire indépendante en une seule année. Les voix émanant du Japon s’élèvent de plus en plus fortement en faveur d’une telle action. En juillet 2011, le gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara a dit, « le Japon doit absolument posséder des armes nucléaires, » citant la Chine et la Corée du Nord comme menace potentielles. Abe lui-même fit écho à ces mêmes sentiments nucléaires.

Le Japon prend avantage des tensions régionales pour renforcer sa position dans la région alors que la puissance américaine diminue. Étant donné ses prouesses technologiques, cette position pourrait très rapidement inclure son adhésion au « club nucléaire », exactement comme la Pure Vérité l’a prophétisé.

Le Japon devient rapidement une puissance à craindre. La Pure Vérité d’avril 1968 avertit : « Malgré la croyance populaire, le Japon n’est pas engagé de façon permanente à une position pro-occidentale. L’Amérique a imprudemment suivi la politique qui assume que ... l’Allemagne et le Japon peuvent être convertis aux vertus de la démocratie en moins d’une génération. … Les Japonais et les Allemands sont désireux, pour le moment, d’endurer leur prétendue forme de gouvernement démocratique—jusqu’à ce qu’une crise interne sérieuse se présente. ... Le Japon tolère sa forme actuelle de gouvernement aussi longtemps qu’elle est économiquement profitable. Si le moment arrivait—et il viendra—où les Japonais ne pourraient pas s’alimenter de l’aide américaine, nous assisterions à un changement d’attitude remarquable envers les États-Unis. L’amitié s’évaporerait rapidement ».

LA PLACE DU JAPON DANS L’ALLIANCE

Les analystes mentionnent occasionnellement le mot biblique Harmaguédon trouvé dans Apocalypse 16 : 16, mais il est rare d’entendre parler des rois de l’Orient mentionnés quelques versets plus haut dans le chapitre. Et, bien que beaucoup de détails précis sur la façon dont cette superpuissance orientale se formera dans le temps de la fin soient encore inconnus, la prophétie est indéniablement claire sur le fait que cela s’accomplira. Et elle inclura presque certainement le Japon à un degré ou un autre, comme M. Armstrong le disait.

Avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Japon chercha à étendre son empire par sa puissance militaire. C’était la seule nation industrialisée d’Asie, elle était alors capable de planifier son propre développement et de dominer la région à elle seule. Mais après sept décennies de décolonisation, de développement et de croissance en Extrême-Orient, les Japonais font maintenant face à une Chine et une Russie beaucoup plus puissantes, et à une sphère asiatique collective beaucoup plus industrialisée. Maintenant, le Japon devra accomplir son but en utilisant des moyens très différents de ceux qu’il a utilisés dans les années 1940. La domination que le Japon cherche à atteindre dans l’hémisphère orientale doit être accomplie à travers des alliances et des traités.

Une alliance Beijing-Tokyo semble improbable présentement étant donné les soupçons qu’ils entretiennent mutuellement et l’animosité qu’ils ont l’un envers l’autre. Mais alors que l’influence américaine s’affaiblie, la Chine, la Russie et leurs voisins asiatiques se repositionnent dramatiquement.

Une étape majeure vers une alliance en Asie du Sud-Est a été atteinte en 2010, quand une zone de libre-échange entre la Chine et l’association des nations de l’Asie du Sud-Est (asean)—qui comprend le Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam—a vu le jour. Cette union économique donne à la Chine une voix puissante au sein d’un bloc asiatique de près de 2 milliards de consommateurs, comprenant des pays avec un produit intérieur brut combiné de $ 6 milliards. L’association est la plus grande zone de libre-échange du monde en termes de population. Le Japon est lié de près à l’asean en tant que partenaire en dialogue, et que membre du regroupement de l’asean Plus Trois qui inclut la Chine, le Japon et la Corée du Sud.

Tout ce qu’il faudrait, c’est un conflit régional majeur qui jetterait les Japonais dans l’action pour offrir leur puissance navale en particulier pour garantir la sécurité de ses voisins. Le Japon possède cet outil puissant de négociations qu’il peut utiliser en échange d’une coopération économique avec le reste de l’Asie.

Dans l’éventualité d’une crise régionale, Tokyo pourrait être en mesure de persuader des nations comme la Corée du Sud, Taïwan ou l’Inde de former une alliance pour contrer l’axe Chine-Russie en formation. Il est aussi possible que la Russie et le Japon se lieront ensemble temporairement dans un effort pour contrer la Chine. (En fait, Abe a initié un tournant historique à l’égard de la Russie, et travaille à adoucir les inimitiés vieilles de quelques décennies entre Tokyo et Moscou.

Mais la forte implication de la prophétie biblique est que même si le Japon forme quelque sorte de contre-alliance, ce ne serait pas long avant qu’il remette son destin dans une alliance avec la Chine. Aussi hésitant que soit le Japon à jouer le second violon pour la Chine, plusieurs à Tokyo savent que de travailler à un avenir Pan-asiatique est le seul moyen que le Japon a pour en venir à exercer une influence globale proportionnée à la grandeur de son économie et au poids de ses industries. De même, Beijing sait que pour réellement altérer l’équilibre du pouvoir, il a besoin des prouesses technologiques et de la puissance navale du Japon.

La Chine et le Japon uniront éventuellement leurs puissances, avec l’intention de repousser les États-Unis hors du Pacifique occidental. Alors, tout comme l’a été la stratégie de l’UE, la coopération politique et économique asiatique ouvrira la voie à une alliance militaire. La Russie, la Chine et le Japon se rapprochent rapidement, tout comme M. Armstrong l’a déclaré. Maintenant tout ce qu’il faut c’est une catastrophe soudaine pour souder cette union.